‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 167 sur 269 · V. 1984. — Si non aux traistres chiens mastins · texte numérisé non relu

V. 1984. — Si non aux traistres chiens mastins

Terme d'injure. « Et a l'occasion se engendrent et nourrissent autres mastins chiens, grans et menuz, seuUement vivans de la proie et substance du peuple, comme gabeleurs, cartageurs, impositeurs, sergens, collecteurs de tailles, fermiers de pomenaigez et autres subsides qui incessamment se forcennent dévorer et mordre.» Des doii:(eperil:!(^ d'Enfer, fr. 449, fol. 86.

Tantost une chienne mastine L'omme empoisonne de regars.

Fr. 12476, fol. 83b. — « Traitour mastin ! » fr. 12552, fol. ^^. — « Femmes et enfans, et gens sans puissance, qui ne leur povoient pis faire, les niaudissoient en passant par emprès, disant : « Chiens traistres, vous estes mieulx que a vous n'appartient... » Journal d'un bourgeois de Paris, p. 91, § 193, etc.

V. 1985-86. — Qui m'ont fait rongier dures crostes Et niaschier, maint soir et matin.

C'est très vraisemblablement ainsi qu'on doit lire ces vers qui ont été défigurés par tous les éditeurs. La ballade manque dans F, et est donnée par ACIPR. — • Au premier vers AIPR donnent : Qui m'on fait chier dures crostes; C donne : Qui m'ont fait ronger dures crostes. Il est à supposer que les copistes de AIPR ont été influencés par le souvenir de la farce de Pathclin alors dans toute sa vogue, surtout dans les milieux universitaires, et où on lit ces vers (636-638) :

He maistre Jehan plus dur que pierre J'ay chié deux petites crottes Noires, rondes comme pelottes...

qui rappellent un ancien proverbe cité par Oudin : « Il nous fait chier petites crottes », pour dire : « Il ne nous donne guère à manger. » Curiositc^ françoiscs, imprimées à la suite du Dictionnaire de Sainte- Palaye, t. X, p. 250. (Patbelin a été composé avant 1470, et les mss. du Testament sont postérieurs à cette date.) Au vers suivant (1986) IPR donnent : Menger mains soirs et mains matins; AC, Mâcher... Marot a trouvé plus commode de corriger ainsi ces deux vers :

Qui m'ont f;ut mcnger dures crostes Et boire eaue mains soirs et matins,

leçon qu'ont suivie la plupart des éditeurs modernes, en dépit des mss. qui ne disent rien de pareil. Ces éditeurs n'ont pas remarqué que : Rongier dures crostes et iiiaschier était une façon de parler familière à Villon, comme à son époque. Au début de la ballade suivante, on constate exactement la même coupe :

Icy se clost le Testament Et finist...

(v. 1996-97), où le complément, dans le premier cas, le sujet, dans le second, sont intercalés dans les verbes de la proposition . « Cil seul est sage qui en tous ses faits redoubte Dieu et aime... » Martin Le Franc, UEstrif de Fortune et Vertu, fr. 191 26, fol. 145 v". — « Ceste puissante Maison qui a tant substenu de gens de bien et nourry. » Commynes (édit. Dupont), t. II, liv. V, chap. ix, p. 6<),etc.

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