V. 26. — En ung inoulhi, comme fut saint Victor
Saint Victor « fu mis en la meule d'un moulin, en laquelle meule le blé souloit estre moulu et escachié ». Il périt misérablement, « tous les membres despecez et quassez, et le cervel froissé et debrisé ». S'ensuit la vie Saint Victor, fr. 25548, fol. 258 (ms. du xv^ s.).
V. 29-30. — Ou soit hanny de la clarté Phehus, Des biens Juno et du soûlas Venus.
Dans l'ancien français, le rapport de dépendance entre deux substantifs se marquait par la préposition de, ou sans cette préposition. « La clarté Phebus » = la clarté de Phébus ; « Des biens Juno » = des biens de Junon, déesse des richesses ; « et du soûlas Venus » = et des voluptés de Vénus, déesse de l'amour. On dit encore aujourd'hui, r Hôtel- Dieu, la jête-Dleu, pour la maison de Dieu, la fête de Dieu. — Cf. ci-dessus. Test. v. 6, 42, 1805, etc. ; et Brunot, Hist. de la langue fr., t. I, p. 453-4.
V. 34-35. — Prince, porté soit des serfs Eolus En laforest ou domine Glaucus.
Les serfs Eolus, étaient les serviteurs d'Eole, dieu des vents.
— En la forest = en la mer. « En vieux langage françois, écrit Pasquier, le mot forest convenoit aussi bien aux eaux qu'aux forests. » Les Recherches de la France (Paris, 1665, in-fol.), p. 112. De même Gilles Ménage, Dict. éiymol. delà Langue française (Pâvis, 1750, in-fol.), t. I, s. Y. forest ; et, antérieurement à eux, Cotgrave (1610) : « It seems that privileged fishings, or large waters (wherein none but lords thereof could fish) where also tearmed Forests. » Le rapprochement d'Éolus et de Glaucus pourrait bien n'être, chez Villon, qu'une réminiscence d'E. Deschamps :
De Neptunus et de Glaucus me plain, Qui contre moy font la mer felonnesse.
Et d'Eolus, dieu des vens, le villain...
T. I, p. 8, V. 1-3 (bal. VIII).
A Glaucus, le dieu de la mer...
A Yôlus, le dieu des vens.
T. VIII, p. 268, V. 671, 675. — Cf. également t. VIII, p. 272, V. 798; t. IV, p. 342, V. 2. — « Clauthus (sic) vaut autant a dire que tourment de mer, car c'est cellui par qui la ditte mer escume. Eolus est le dieu des vens et est frère du dit Claucus (sic) ; car il tient les vens en cage par qui la mer et l'air et la terre sont aucunefoiz tourmentez. » Les Règles de seconde rhétorique (édit. E. Langlois), p. 70.