VII. — Balade [dite du concours de Blois
Elle fut composée par Villon durant son séjour à la cour de Charles d'Orléans (1458). Il sut, dans ce tour de force puérile — il s'agissait d'écrire dans un même vers une proposition contradictoire — émettre des idées personnelles et faire œuvre de poète. Ce genre de poésie avait été fort goûté au xii^ et au xiii« siècle, et Jean de Meuu eu avait donné un exemple curieux dans son Roman de la Rose. La mode s'en était continuée, et l'on voit Jean Régnier, dont Villon avait pu lire peut-être les œuvres chez le duc Charles, en donner un nouveau témoignage dans le commencement de cette « chançon » qu'il attribue à Alain Chartier :
Triste plaisir et doloreuse joye, Aspre douleur, reconfort ennuyeux.
Ris en plouraiil, souvenir oublieux M'acompaignent, combien que seul je soye.
Fortunes et adversité^, fol. 100 v°. Ce « Ris en plourant » évoque le « je ris en pleurs » de Villon, et ces deux citations rappellent un passage de Jean de Meun reproduit plus loin. — Quant à la ballade de Villon, elle n'est donnée que par deux manuscrits des poésies de Charles d'Orléans qui sont conservés à la Bibl. nationale : fr. ii04(0); et fr. 25458 (V).