V. 44. — Noble enfant, de bonne heure né
Villon veut dire : « Noble enfant, née sous de si heureux présages.» Il n'en est pas moins vrai qu'il v a dans ce vers une détestable équivoque à laquelle Villon n'a certainement pas pensé. La jeune Marie, en effet, était, comme on pourrait le dire, l'enfant du miracle, étant venue au monde après dix-sept ans de mariage, Marie de Clèves s'étant mariée le 6 novembre 1440. Elle aurait pu répondre à Villon^ la jeune fillette (si elle en avait eu le pouvoir) ce que Robert le Diable avait répondu à r« apostole » (le pape) :
Li Dus est mes père,
Et la ducoisse est ma mère.
Elle fut disseseet ans breaingne (stérile)
Ains que de moi eûst ensenge (fût enceinte).
Fr. 25516, fol. 178b (xiiie s.). — Trébutien a donné une édition de ce roman (Paris, 1837, in-40), d'après ce manuscrit. Littré l'a analysée dans YHist. litt. de la France, t. XXII, p. 880-887. Karl Breùl a publié dix textes relatifs à Robert le Diable en appendice à son édition de Sir Goiuther, eine englische Roma)i:{e aus dem XV Jahrh., Oppein, 1886, in-8°.
— de bonne heure ne.
O Vierge, des femmes l'eureuse, O Vierge, de bonne heure née.
(Fr. 12476, fol. II)''.) — De même Christine de Pisan s'adressant à Jeanne d'Arc :
Tu, Jehanne, de bonne heure née, Benoist soit cil qui te créa !
François Vilbn. — III. 16
IHANÇCMS VII.l.ON
Apostrophe aux Ptirisiftts (i.|2y), liaiis l\u is fl ses historicm... p. .121 ; ik- nicmc, IV. 12. 176, loi. iiS^ etc.
\. <,o-<,^- hiiiiiidiiii j'iiles...
<Jiii le j'iesniteiii huhltibit.
« Coiisiilcrc comuK' ton cnncnii celui qui te loiiCTa en t;i pré seiKe. » |'i'',iuiie in'i Villon .1 lu ce » tlit » : il iloit en être sans doute de niCnie pour tous les conuiientateurs, car ils sont nuiets sur ce point. Celte pensée est toutelois ;'» rappvoclui île ci'sveis lie Ti isliiti :
Qiii blaïuiist hon)nie pai lievant, lu li'airier le va décevant, Il point pis, a ni'intencion, Que la queue liu scoipion.
Hisl. lin. (le la l'unue {\\\\<' s.\ t. Wlll, p. 242.