‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 210 sur 269 · X. — Epistre · texte numérisé non relu

X. — Epistre

Villon ne devait pas jouir longtemps de sa liberté, car on le voit, l'été suivant (1461), enferré à Meung sur-Loire, dans les prisons de l'évêque Thibault d'Auxigny, à qui il voua une haine inexpiable. C'est là qu'il composa la présente ballade.

v. 1-2. — Aii:( pitié, aie:^ pitié de vioy,

A tout le moins, si vous plaist, mes amis!

« Miseremini mei, miseremini mei, saltem vos, amici m.ei, quia manus Doniini tetigit me. » Job, XIX, 21. « Ayés pitié de moy, ayés pitié de mo}?, au moins vous, mes amis ! car la main de nostre Seigneur

m'a touchié. » Livre d'heures du XFe siècle, fr. 13 167, fol. 95 v". — « Ayez mercy de moy ! ayez mercy de moy, a tout le moins, vous, mesamys... » Livre d'heures du XV^ siècle, fr. 15 169, fol. 114. — Le passage se trouve dans la huitième leçon du PsatimeXLl, 2 : Quemadmodum desiderat cervus...). Ihid., fol. iio vo. — Il y a là, chez Villon, une réminiscence évidente du dernier passage cité. Le a tout le moins le laisse à penser. Toutefois, la traduction de Villon est si précise qu'on peut hésiter s'il l'a faite sur le texte de la Bible, ou s'il s'est rappelé la version du livre d'heures. En tout cas, on y relève un témoignage direct de l'étude sérieuse qu'il avait faite de l'Ecriture Sainte lorsqu'il était étudiant, et des idées religieuses — intermittentes — qu'il devait sans doute à l'influence exercée sur lui pendant un temps par le bon chapelain maître Guillaume de Villon.

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