‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 46 sur 269 · V. 1439. — Raines, crappaidx et hestes dimgereuses · texte numérisé non relu

V. 1439. — Raines, crappaidx et hestes dimgereuses

Le préjugé contre les grenouilles et les crapauds, bétes essentiellement utiles et inoffensives, existe encore dans plusieurs de nos campagnes. George Agricola dans son Liber de aniiuautibus snhterraneis parle des ranavenenata. De re vietallica, lih. X// (Bâle, 1561, in-fol.), p. 499. — Au temps de Villon, les crapauds entraient souvent dans les préparations magiques des sorciers. Cf. Du Cange s. v. huffo. Voici un exemple tiré du Doctrinal des simples gens qui montre combien vivaces étaient alors (et longtemps après) les préjugés contre les crapauds que leur laideur faisait considérer comme des créatures maudites. « L'on lit d'une vielle que quant elle estoit eu l'église, elle rioit et murmuroit et empechoit ses compaignes de faire leurs croisons, combien que de tous autres péchés elle se gardoit tresbien. Quant elle fut morte, l'on trouva tous les membres de son corps très netz, fuer que par la bouche yssoit une tresgrant serpent avec grant multitude de crapaux qui luy mangeoient la langue. » Fr. 1846, fol. 58 ro. Cf. également VHist. litt. de la France, t. XXIII, p. 193.

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