V. 1432. — - En cervelle de chat qui hayt peschier
Allusion à l'aversion bien connue du chat pour l'eau. Le Chat qui pesche était une enseigne au temps de Villon (cf. la note au huitain XLVII du Test.). La rue qui porte encore aujourd'hui ce nom et qui existe entre la rue de la Huchette, 14, et le quai Saint-Michel, 11, s'appelait au xve siècle (1476) rue Berthe dicte des Bouticles (Berty et Tisserand, Topographie hist. du vieux Paris, t. IV, p. 501). « La rue du Chat qui pesche s' appelait, en 142 1, la rue de la Triperie ; elle aboutit à la rivière et à la rue de la Huchette.» (Sauvai, t. I, p. 125). Au xvi^ siècle, on retrouve la dénomination : la rue Berthe ou du Chat qui pesche (Arch. nat. S. 3376 (6« liasse) (15 15); finalement, ce dernier nom seul est resté. La rue du Chat qui pèche n'est plus aujourd'hui qu'une ruelle infecte. La rue de ce nom n'était pas exclusive à Paris. On la retrouve dans plusieurs villes, notamment à Orléans et à Châteaudun (Bihl. de V École des Chartes, t. IX, p. 240). — Dans le ms. lat. 1393, missel de la fin du xve siècle, avec miniatures, figure au fol. 21, dans le listel du bas, la représentation d'un chat qui pêche. Il se tient prudemment sur la rive, en terre ferme ; car si le chat, comme on sait, est particulièrement friand de poissons, ii a horreur de se mouiller les pattes : Catus aniat pisces, sed non vidt t ingère plantas.
C'est là un adage auquel fera encore allusion lady Macbeth dans son entretien avec son mari et où elle lui reproche son indécision ; Like the poor cat i' th' adage (Shakespeare, Macbeth, act. I, se. vu).
v. 1437. — Detrenchiee menu a bons ciseaulx. Sa chair soit detranchee menue.
(Pièces attribuées à Villon; édit. Jannct, p. 145.)
v. 1438. — En eaue ou rat^ plongent groings et museaulx.
— Groing qui est, à proprement parler, le « museau » du cochon, s'appliquait aussi au visage de l'homme (Lais 236, note). Le mot museau diminutif de niouse (Test. 1074) qui signifiait « bouche » dans l'ancien français avait, par suite, une application beaucoup plus étendue qu'aujourd'hui, comme dans ce passage de Conimynes : « J'avoye un cheval extrêmement las et viel. Il beut ung seau plein de vin. Par aucun cas d'aventure il y mit le museau, je le laissai achever : jamais je ne l'avoye trouvé si bon ni si fraiz. » Mémoires, t. I, p. 49 (liv. I, chap.iv). — Il faut lire : En eaue ou rat^, Roines, crappaulx... Serpens, lesars... plongent groings et museaulx. Nouvel exemple de la liberté syntaxique qui prévalait alors.