‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 49 sur 269 · V. 1447. — Enchancre et fii et en ces ors cuveaulx · texte numérisé non relu

V. 1447. — Enchancre et fii et en ces ors cuveaulx

Le mot chancre qui, dans le langage médical contemporain, signifie un ulcère vénérien contagieux sans être toujours syphilitique, avait, au moyen âge, un sens plus large, celui d'ulcères ou de tumeurs à caractère envahissant, en particulier, les ulcères de la langue et des fosses nasales. C'était le cancer. Le mot chancre a toujours ce sens dans la Cirurgie de maître Henri de Mondeville dont la traduction française parut en 13 14 (et a été publiée drfns la Soc. des anc. Textes fr. par le Df A. Bos. Cf. t. II, p. 265, et le renvoi aux numéros des paragraphes). Rien d'étonnant à la signification quelque peu vague que revêtait le mot chancre au moyen âge, puisqu'aujourd'hui encore la question du cancer reste l'une des plus obscures de la pathologie humaine. Dans la légende de Vespasien atteint, comme on sait, d'une lèpre afi:reuse, on lit dans le fr. 981 (xv8 s.) : « Avint le temps que Dieu donna a l'empereur Vaspasien une maladie qui se appelloit chancre, qui lui mangea le nez du visaige et les lèvres jusques aus dens ; et les sursilz et la barbe luy pelèrent, dont l'empereur et toutes ses gens eurent grant dueil. Puis après va croistre la maladie de Vaspasien par telle manière qu'il fut tout lépreux, et fut si plain de telle lèpre, qu'il nepouvoit aler ne seoir, ne soy tenir debout, mais falloit qu'il se tenist ou lit tout couchié, et nuit et jour. » (fol. 40'i).

Le caractère de la maladie, exactement décrit ici, se retrouve dans la version catalane contemporaine, avec une précision non moins grande : « E trames Dcus una malaltia qui havia nom cranch en la cara de Vespesia l'emperador que tôt lo nas et les galtesli menjaven tro a les dens, e caygeren li les maxeles et la barba tôt en axi com hom la li hagues palade tota, que anc no y romas pels. » Cf. Bulletin de la Soc. des

anc. Textes f y., où ce dernier morceau et une partie du premier sont donnés (année 1875, p. 55). — Comme l'a remarqué Lecoy de la Marche, la lèpre, au moyen âge, était un terme générique, qui recouvrait de nombreuses maladies dont les manifestations différaient plus ou moins les unes des autres. La chaire fi-aiiçaise an XIII^ siècle {18&6), p. 487 et suiv. , et n.

— Fi:( = fie. — C'est le nom que l'on donne plus communément aux végétations tantôt sèches, tantôt suintantes, et dont le siège est particulièrement les organes génitaux ou péri-génitaux. (Cf. Renault, La Syphilis an XF^ s. (Paris, 1866), p. 16 et passini.) « Emorroides ou fi du fondement. » Plateariiis, fr. 623, p. 8^. Cf. également Du Cange s. V. jictis.

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