V. 1535. — Engloises et Calaisîennes
Angloises est la leçon donnée par CIR : Engloisses A : Anglesches F. — Cette dernière forme (forme étymologique angliscani) se retrouve dans Christine de Pisan :
Si est tout le mains qu'affaire ait Que destruire l'Englescherie...
(dans Quicherat, Procès et condamnation de Jeanne d'Arc, t. V, p. 16, strophe 45 (d'après le ms. de Berne). — « Typheinne l'Englesche », lit-on dans le Rôle de la taille de 12^0, dans Guéraud, Paris sous Philippe le Bel, p. 109^, etpassiin, « Anglois et Anglesches », dans la Chronique scandaleuse, sous l'année 1461 ; t. I, p. 15, etc.
v. 1537. — Picardes de Valenciennes.
Valenciennes était le chef-lieu du Hainaut français. Villon le situe en pays picard, dont Amiens était la capitale. Sur l'extension du nom « picard » aux populations dites aujourd'hui « wallonnes », cf. la note de Longnon, k* édit., p. 334, Vocabulaire-index.
Le refrain de la ballade de Villon : // n'est bon bec que de Paris était passé en proverbe. Dans une autre ballade du temps, la supériorité des Parisiennes est exaltée, particulièrement pour le « bec » :
Pour soustenir l'onneur parisien Et le bon bruit de l'isle de Lutesse Portant le nom de l'excellent troyen
Qui en beaulté préféra toute Grèce,
Car la les seurs de la belle Lucresse
Ont tousjours prins nourriture et naissance ;
Maintenir veulx, pour vérité expresse,
Paris sans per, invincible sentence.
On a bien veu par le temps ancien
Venise avoir et Fleurence la presse
De beaulx clers viz ou pays ytalien
Et en Coestelle, cela bien je confesse ;
Mais maintenant tant sont chargées de grosse,
D'uille et de fart que ce n'est qu'apparence ;
Le grant abus a ce dire me presse :
Paris sans per, invincible sentence.
Taire me veulx du pays ytalien,
De leurs beaulx corps et de celles de Bresse,
Dont est yssu maint viz celestien
Qui les beaultez de moult autres abesse ;
Mais pour parler du bec et de la fesse
Parisiennes ont le bruyt des enffance :
Par quoy jamais ce refraingcy ne cesse,
Paris sans per, invincible sentence.
Prince, dites ou notaire de chien
Qui des tout passes (topazes) a escrit tant de bien
Disant Lyon avoir l'onneur de France,
Qu'il est ydiot et qu'il n'y entend rien.
Car des villes du clymat chrestien
Paris sans per, invincible sentence.
Fr. 1356, fol. 39. Cette pièce, dans le ms., est une réponse à la ballade précédente où les Lyonnaises sont préférées aux Parisiennes . Cette querelle sur la supériorité des dames de telle ou telle ville se continua jusqu'au siècle suivant. Cf. Picot, La querelle des dames de Paris, de Rouen, de Milan et de Lyon an commencement du XVh siècle, dans les Mémoires de la Société de T Histoire de Paris et de V Ile-de-France, t. XLIV (19 17), p. 107-162. — 11 existe une Louenge de Paris, pièce très médiocre dont Vincipit est : Paris sans per, réceptacle des Dieux, dans le fr. 11464, fol. 82 vo(xve s.); fr. 2375, fol. 139 \°,etc. — Sur la beauté
des Anglaises on connaît le dicton rapporté dans Le Débat des hirauls d'armes de France et d'Angleterre (éà^it. P. Meyer, p. 129; le sixain est donné tout entier dans les Contes d'Eutrapel ; édit. Assézat, t. II, p. 36), dicton auquel il fut vertement répondu, au xv^ siècle, dans une ballade, encore inédite (ms. de Stockholm LUI), fac-similé, fol. 8 vo, et dont le refrain est : Qnil n'est dame, a mon grè, que de France.
CXXXV. — Dans ce huitain d'un pittoresque si suggestif, Villon applaudit (ironiquement) aux jugements des parisiennes qui en remontreraient à Macrobe lui-même.