‹ Œuvres. Édition préparéeChapitre 15 sur 43 · XXVI NOTICE SUR CHOLIERES · texte numérisé non relu

XXVI NOTICE SUR CHOLIERES

ouvrages rabelaisiens, en donnant cette devise à l'imprimeur de ses Matinées : Vigilate et gaudete.

Dans le court et insuffisant article que la Biographie universelle de Michaud a consacré au seigneur de Cholières (2'' édition, publiée par Thoisnier-Desplaces), un critique obscur, nommé Bourgeat, avait déjà porté ce jugement rigoureux sur les Contes et discours bigarrez de Cholières : « Ce sont des contes dans lesquels on trouve de l'érudition, quelques faits littéraires et une censure grossière des mœurs du temps. Les réflexions de l'auteur sont triviales, souvent indécentes, et le style est au-dessous du médiocre. » Pauvre Cholières, qui, depuis près de trois siècles, n'a pas encore trouvé un juge bienveillant et impartial! Et pourtant il était mort avec la conviction d'avoir fait une œuvre utile et agréable. « De toutes les façons qu'on voudra le prendre, disait-il à la fin de la préface des Après-Disnées, je demeureray toujours droit sur mes deux pieds, puisque j'ay tesmoignage en moy-mesmes que la semence que je fais part d'une sincérité, pureté et cordiale intégrité. En un mot, l'amour et affection que je porte à mon pays me garantira de tout le reproche qu'on me pourroit donner pour une si hardie entreprise qu'est celle à laquelle me lient mes Après-Disnées. L'intention est bonne, l'ouvrier ne vise qu'à bien, les moyens ne sont que bons : il n'est pas à croire que les effets ne participent à la bonté. Goûtez à mesmes si nos fruits ne sont pas bons. »

P.-L. Jacob, bibliophile.

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