‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 116 sur 309 · Bulletin de l'Institut égyptien, 1890, p · texte numérisé non relu

Bulletin de l'Institut égyptien, 1890, p

surpris de trouver la mention de l’hydrophobie, comme maladie du chien, dans les textes des anciens Égyptiens; pourtant on peut rencontrer des allusions qui, en quelque sorte, sous-entendraient, supposeraient la connaissance de cette maladie, soit, par exemple, dans les textes magiques, ayant pour but la protection de l’homme contre la morsure des bêtes dangereuses, ou bien dans des romans, etc.

Je voudrais attirer votre attention sur un certain nombre de textes très connus. Dans un passage du Papyrus magique Harris, il serait dit -: « Je reste à la campagne, Horus nïe fait la parcourir. Je suis appuyé sur l’effet de l’écrit excellent, qui m’a été mis en mains aujourd’hui..., qui musèle la bouche des lions, des hyènes et des chiens. » Un autre passage, quoique le chien ne soit pas mentionné, contient peutêtre une indication qui ne sera pas sans valeur. Il est dit : « Viens à moi, O seigneur des dieux ! Écarte de moi les lions venant de la terre, les crocodiles venant du fleuve, la bouche de tous les reptiles mordants sortis de leur trou1. »

Parmi les jours fastes et néfastes de l’année égyptienne,' il est dit, au deuxième mois de la première saison, jour 23e : « progéniture quelconque, en ce jour, la tuera (le) crocodile ». Au 27e jour de ce même mois il est dit : « ... s’il y a une progéniture (quelconque), en ce jour, la tuera (le) serpent2 3 4 ». Notons la progression; d’abord le crocodile, puis le serpent. Enfin, à propos de la morsure d’un serpent, rappelons que, selon la légende, lorsqu’Isis et Horus furent en Syrie, Horus fut piqué par un serpent. Isis lui aurait dit : « Ne pleure pas, mon fils,... lèche les ouvertures de la blessure;... ce que tu lécheras tu l’avaleras1, point de germe en

1. Cha,bas, Mélanges ù g g pto logiques, 3“ série, t. II, p. 257 et 270.

2. Papgrus Sallier IV, pl. 6, 1. 6, 1, 10; pl. 7, 1. 1. Voy. Maspero, Romans et poésies , p. 41 et suiv.

3. Lekeh, cf. Âe-s.^ — Àovxe£, lingcrc, delingerc , lambere (Peyron, Lexique, p. 84 et suiv.).

4. Anxcnx , cf. ainam, «avaler, dévorer» (Pierret, Voc, hièrogl., p. 71),

lui au monde1 », ce qui, dit M. Revillout, a n'a aucun inconvénient pour le venin du serpent. Une pratique semblable serait, au contraire, très dangereuse pour la morsure d’un chien enragé, morsure pour laquelle nous avons dans le Papyrus magique une recette toute différente2 3 4. » Dans un conte — la rédaction qu’on en possède serait, croit-on, de la XXe dynastie1 — il est question d’un prince pour lequel les Hathors prédirent à sa naissance : « le tuera le crocodile, ou bien le serpent, ou bien le chien ». Notons la même progression que nous venons de voir, d’abord le crocodile, puis le serpent; ici on n’a plus le chien. Un jour, l’enfant veut avoir un chien et on lui en donne un. Le jeune homme se marie, il raconte à sa femme son destin. Elle lui propose de tuer le chien, ce qu’il refuse de faire. Alors, dans le roman, un crocodile entre en scène, mais il y avait un géant qui le gardait. Le jeune homme s’endort, un serpent vient pour le mordre; le serpent est tué, puis la femme dit : « Vois, ton dieu a donné un de tes destins en ta main. » Un jour, le jeune homme sort accompagné de son chien ; il rencontre le crocodile. — A ce point de la narration, le papyrus devient très mutilé et la fin manque, mais, ainsi que M. Maspero le fait observer, « la fin du récit n’est pas difficile à restituer. Le prince triomphe du crocodile; mais le chien, dans l’ardeur de la lutte, blesse mortellement son maître et accomplit, sans le vouloir, la prédiction des Hathors1 ».

Ainsi, selon le roman, la mort du prince doit être causée, soit par le crocodile, par le serpent, ou par le chien; le serpent est tué, restent le crocodile et le chien. On voit, dès le

1. Revillout, Un frac/ ment de la lèyende osiriaque , dans la Reçue èggpto logique, t. II, p. 12 et suiv., pl. 19; Le Roman de Setna, introd., p. 18 et suiv.

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