Cf. Maspero, Contes populaires, § LXXXVII et suiv
QUELQUES NOTES
pas exclusivement l’homme qui avait un double, ou âme, les objets en avaient également. On se figurait l’autre monde à l’instar de celui-ci, avec le double des objets déposés ou figurés dans le tombeau 1 . Les hiéroglyphes qui s’y trouvaient gravés avaient également leur double. On trouve des cas où l’on avait omis de graver la tête des serpents 2 ; on voit sur certains sarcophages, au Musée de Ghizeh3, des serpents sans tête et aussi la tête des serpents séparée du corps ; le double d’un serpent sans tête, ou le double sans tête d’un serpent serait peu dangereux pour le double, ou âme, de l’homme (peutêtre croyait-on tuer le double du serpent en coupant la tête de sa représentation). « Les serpents servant d’amulettes » pour les personnes ou les momies étaient parfois aussi )) coupés par le milieu. . . Au tombeau de Séti Ier, la repré- » sentation du dieu de la guerre et du mal. Set, a été évitée » partout dans le nom du roi4. »
Pour que le double, ou âme, du défunt pût jouir, dans l’autre monde, du double des objets déposés dans son tombeau, on brisait quelquefois l’objet. « En brisant la » pierre sur laquelle les mémoires de Sinouhit étaient trans- » crits, on la tuait, et son double passait dans l’autre monde, » où le double du mort s’en délectait quand il était en » humeur de lire5. » Quant aux beaux textes soigneusement écrits et gravés, il eût été regrettable de les mutiler en les cassant. Il y avait, peut-être, croyons-nous, un autre moyen de transmettre à l’autre monde le double, ou l’âme de la pensée confiée à la pierre.
On se rappelle que j’ai attiré l’attention sur la couleur verte (ou bleue) du soleil dans l’horizon, d’où les anciens