‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 211 sur 309 · Brugsch, Die Ægyptologic, p · texte numérisé non relu

Brugsch, Die Ægyptologic, p

5. Pierret, Diet. tVAreh. ègypt., p. 163 et suiv., et 501 ; cf. p. 270.

Enfin on trouve des cas où Ton peut relever des exemples de l’emploi des couleurs suivant diverses règles. Ainsi, on voit le soleil représenté près de l’horizon avec le disque de couleur rouge, et sur lui est figuré Horus enfant, symbole du soleil levant, de couleur jaune ; ce sont les couleurs de la vie. Le disque est entouré d’un serpent qui se mord la queue, symbole de l’éternité (chez les gnostiques) ; le serpent est coloré d’après nature, le dos noir, puis jaune, le ventre blanc, et des taches rouges d’écailles. Enfin le disque est en partie embrassé par une divinité, dont on voit les bras qui sont de couleur verte : c’est une divinité de l’autre monde, que le soleil venait de quitter en devenant le soleil de ce monde-ci, celui des vivants1. Une sorte de développement des croyances que nous venons d’exposer donnait naissance à une manière d’employer les couleurs se rattachant aux croyances religieuses.

Les anciens Égyptiens se figuraient l’autre monde à l’instar de celui-ci. Pour établir convenablement chez les mânes le double ou l’âme du trépassé, on déposait dans le tombeau des objets d’utilité et de luxe. Afin que les doubles ou âmes de ces objets s’en allassent dans l’autre monde et que l’âme du trépassé pût s’en servir, quelquefois on brisait ces objets, pour les tuer ; autrefois même on les brûlait2. Enfin, il paraît que, dans certains cas, on les assimilait au soleil de l’autre monde3; par exemple, pour les

1. Voy. n° 587 au Musée de Ghizeh, cf. les observations au Catalogue , p. 147 et suiv.

2. Voy. Môm. de la Miss ., t. V, p. 449 et suiv., 462; cf. p. 475, cf. Bull, de l’Inst. ègypt., 1894, p. 178 et suiv. [ ; cf. p. 218 sqq. du présent volume].

3. Il semblerait qu’il y eût un rapport entre l’écriture bleue et celle de l’autre monde, et peut-être croyait-on que l’écriture de l’autre monde était bleue (?) ; cf. Le Livre des Morts, chap. lxiv, lig. 30 et suiv., et édit. Pierret, p. 200 ; Brugsch, Die Æggptologie , p. 429 (l’observation, Pierret, Vocal., p. 024, au mot Kcna).\\ est probable que la « singulière idée de figurer, dans certains cas, la chevelure en bleu » (Chabas, Ant.

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beaux textes hiéroglyphiques, qu’il aurait été regrettable de mutiler ou de dégrader, pour transmettre à l’autre monde l’âme de la pensée de ces textes confiés à la pierre, on peignait les caractères hiéroglyphiques de couleur verte ou bleue. Quant aux statuettes funéraires, pour les assimiler au soleil de l’autre monde et afin que le double ou l’âme s’en allât, et là servît, travaillât, pour le double ou l’âme de la personne dont le nom était écrit sur l’image, on faisait ces statues, on les couvrait, de la couleur verte ou bleue 1 .

Nous croyons qu’il serait inutile de citer encore d’autres exemples des cas où les couleurs ont été employées suivant les règles que nous venons d’indiquer ; c’est une question qui permettrait un grand développement, mais les cas indiqués suffisent, nous le croyons, pour servir de base à de plus amples et ultérieures études.

Dans un travail comme celui que nous avons l’honneur de communiquer à l’Institut, qui est basé sur une suite d’observations et d’exemples, on se trouve entraîné, pour ne rien omettre, à citer ses sources, ce qui peut donner lieu à certaines confusions apparentes qu’il nous paraît néces-

hist., p. 25), l’emploi de la couleur bleue ( Mél . d’Arch., t. III, p. 157; Maspero, Contes populaires de l’Égupte ancienne , p. 114; cf. p. 79, note 1, rouge assimilé à la vie), le taureau bleu {Le Livre des Morts , ch. ex, 2 et suiv.), l’image bleue (ch. clxv, 12; cf. Mèl. d’Arch., t. II, p. 163, et Mém. de la Miss., t. X, p. 149, Osiris, lig. 15), dérivent ou se rattachent, ou ont leur raison d’être dans la croyance que le soleil était de couleur verte ou (bleue) dans l’autre monde.

1. Voy. Pierret, Dict. d’Arch. ègypt ., p. 224 et suiv.; Maspero, Le Livre des Morts , dans la Revue de l'Histoire des Religions , 1887 (extrait), p. 25; Mém. de la Miss., t.V, p. 455. On signale « une petite figure de momie, revêtue de porcelaine blanche avec des hiéroglyphes violets », Lepsius, Les Métaux (trad. Berend), p. 27.

saire de dissiper. Dans ce but, nous croyons qu’un résumé des principes et des faits que nous avons voulu mettre en évidence est indispensable malgré les répétitions inévitables qui en seront la conséquence. Nous établissons ce résumé comme il suit. Dans la première partie1, nous avons examiné les diverses colorations célestes, soit au matin, soit au soir, et nous avons reconnu que ces phénomènes sont dus à l’atmosphère, c’est-à-dire que la lumière blanche du soleil, en passant à travers l’atmosphère, est décomposée et les rayons de couleurs différentes sont dispersés par la réfraction2 3, d’où les belles couleurs dont on voit le reflet au ciel, soit au matin, soit au soir. Nous avons rappelé que l’on ne voit le disque du soleil à l’horizon que grâce à la réfraction atmosphérique; quant au premier (et au dernier) rayon, nous avons fait observer que, selon que l’atmostphère est plus ou moins pure, les rayons, n’ayant pas la force de la traverser, sont ou bien arrêtés ou absorbés par elle, de sorte que le premier (ou le dernier) rayon du soleil à l’horizon, rayon qu’on ne voit que grâce à la réfraction atmosphérique, est le rayon le plus faible, mais, ayant la puissance de pénétration nécessaire pour traverser l’atmosphère jusqu’à l’observateur, par suite le disque apparaissant (ou disparaissant) semble être de la couleur de ce rayon h Nous avons

1. Voy. Bull, de l’Inst. ôgypt., 1895, p. 225 et suiv.[; cf. p. 248-272 du présent volume].

2. Réfléchis par les corpuscules dans l’atmosphère. Le changement dans la couleur des rayons des étoiles près l’horizon, et même plus haut, est intéressant à observer; j’espère revenir prochainement, plus en détail, sur cette question.

3. Il semblerait bien qu’il soit possible qu’il y ait une légère différence de temps, soit au lever apparent, soit au coucher apparent du soleil, selon le rayon de couleur différente qu’on voit. Ainsi, quand le rayon est bleu ou vert, le lever sera un peu plus tôt et le coucher un peu plus tard que quand le rayon est rouge; alors, au contraire, le lever sera plus tard et le coucher plus tôt. Quant au rayon jaune, le lever serait un peu plus tard que quand c’est le rayon bleu ou vert, et plus

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fait ressortir ensuite que les anciens Égyptiens avaient observé les différentes couleurs, blanc, rouge, rougeâtre, orange, jaune, vert et bleu, du soleil à l’horizon. Dans la seconde partie, nous avons fait une étude sur les règles d’après lesquelles on aurait employé les couleurs dans diverses représentations faites par les anciens Egyptiens, et nous avons reconnu que les couleurs ont été employées : 1° au point de vue décoratif ; 2° d’après nature. Nous avons rappelé quelques faits se rapportant à ce sujet, puis nous avons étudié la coloration du signe kha, l’idéogramme du soleil levant, et nous avons reconnu qu’on trouve sur ce signe une coloration qui correspondrait au phénomène naturel qui a lieu quand l’atmosphère est pure, au moment de l’apparition du soleil.

Quant à la troisième règle de l’emploi des couleurs, c’està-dire d’après ou conformément aux croyances religieuses, nous avons constaté que cette règle n’est que le résultat naturel du culte du soleil, base de la religion des anciens Élgyptiens. L’emploi des couleurs suivant cette règle peut se résumer, rouge ou jaune, la vie et ce mondeci, vert ou bleu, la mort et l’autre monde ; et nous avons cité nombre d’exemples de l’emploi des couleurs suivant cette règle.

Par les mentions dans les textes écrits, par la haute antiquité à laquelle appartiennent les exemples où l’on voit sur le signe kha , l’idéogramme du soleil levant, une coloration correspondante au phénomène naturel qui a lieu au lever du soleil ; par le rôle qu’ont joué les couleurs dans les représentations se rattachant aux croyances religieuses ayant pour base le culte du soleil ; puis par la croyance aux diverses couleurs du disque, ayant pour cause le phénomène naturel de la couleur ou des couleurs du soleil à l’horizon,

tôt que le rouge, puis, au coucher, plus tôt que le bleu ou vert, un peu plus tard que quand c’est la couleur rouge.

nous avons été amenés à reconnaître que les anciens Égyptiens avaient observé la couleur, ou les couleurs, du soleil à l’horizon, soit à son coucher, soit à son lever, de sorte que, par ces mentions, représentations et usages, nous avons été induits à reconnaître que le phénomène naturel ou astronomique le plus ancien dont on possède des attestations sur des monuments originaux est le phénomène du rayon vert ou bleu.

CERTAINES LÉGENDES ET TRADITIONS

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