‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 235 sur 309 · LA LUMIÈRE ZODIACALE · texte numérisé non relu

LA LUMIÈRE ZODIACALE

Souvent, pendant et après le coucher du soleil, on voit dans le ciel, à l’occident, toute une région rougeâtre2, puis il survient du nord, du sud et d’en haut, comme un immense nuage ou bien des rideaux qui se ferment, une région verdâtre qui remplace la rougeâtre; il survient ensuite, de la môme manière, une région, ou coloration sous la voûte céleste, de couleur jaunâtre qui remplace la verdâtre; enfin le jaunâtre est suivi par une couleur rougeâtre. Pendant que cette scène grandiose de transformation se passe, on voit une bande de couleurs différentes sur le ciel, à l’orient; cette bande se transfère sur le ciel à Uoccident et donne une teinte

1. Voy. H. Gruson, ha Reiche des Liclites, Soutien- Zodiakallicht... 1893 ; Dr E. Franceschi, Le Crépuscule ci Alexandrie , dans le Bulletin de la Société khédiviale de Géographie, IVe série, t. X, et son supplément. — Cf. mes études, Bull, de l’inst. éggpt ., 1893-1 896 [; cf. p. 191- 196, 221-224, 225-227, 248-272, 321-348, du présent volume]. — Ce mémoire a été publié dans le Bulletin de l'Institut égyptien, IIIe série, 1898, t. IX, p. 55-56.

2. Le ciel au moment du lever et du coucher du soleil ; voy. la planche qui accompagne mon étude, Bull, de l’inst. éggpt., 1896, planche, üg. Vil.

l’éclipse du soleil et la lumière zodiacale 3S7

rosée à la voûte céleste, après que les phénomènes décrits ci-dessus se sont déroulés. A de certaines époques de l’année, on »voit sur la voûte céleste, à l’occident, un immense cône de couleur blanchâtre, qui semble être en face do l’endroit qu’occupe, sous l’horizon, le soleil disparu ; cette lumière est nommée la lumière zodiacale.

La cause de cette lumière a donné lieu à diverses hypothèses. La meilleure, peut-être, serait celle qui voudrait l’expliquer par la réfraction de la lumière du soleil par l’atmosphère. En ce cas, il semblerait bien, en effet, qu’aux époques de la néoménie et de la pleine lune, l’attraction de ce corps céleste sur l’atmosphère serait telle quelle déplacerait l’atmosphère, de sorte que la lumière zodiacale n’aurait pas lieu.

Je crois avoir observé la lumière zodiacale aux temps de la néoménie et de la pleine lune. J’attendis avec impatience l’éclipse de soleil qui eut lieu le 22 janvier, car alors la terre, la lune et le soleil devant être plus exactement en ligne droite, il en résulte que l’attraction de la lune et du soleil sur l’atmosphère de la terre est plus forte qu’au moment d’une néoménie ordinaire, et, par suite, il ne devrait pas y avoir de lumière zodiacale. Je crois pourtant avoir reconnu nettement la lumière zodiacale au soir du 21 janvier, et avoir suivi cette lumière même plus longtemps que d’habitude1 ; le soir et pendant la nuit du 22 janvier, il y avait des nuages.

Il semble donc qu’il faut expliquer la cause, la raison d’être de la lumière zodiacale, par la réfraction de la lumière du soleil par l’atmosphère. Toutefois, en admettant l’exactitude de mes observations, il semblerait aussi qu’on 'doit diminuer l’importance qu’on aurait attachée à l’influence de

• 1. Cette nuit-là, j’ai étudié le ciel jusqu’après deux heures du matin. Je ne parle pas de la lumière zodiacale dans cette note ; j’espère revenir sur cette question.

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la lune sur ce phénomène, en ce que, par l’attraction sur l’atmosphère, la lune empêche la lumière zodiacale au moment de la néoménie. En tout cas, je me réserve de compléter, c’est-à-dire, soit de confirmer, soit de modifier ces conclusions par des observations ultérieures.

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