Act. Apostolorum, viii
2. Act. Apostolorum, viii, 27, particulièrement verset 39 ; cf. Renan, Les Apôtres , p. 158.
3. Homit. Pseudo-cleni., ii, 22, 24, d’après Renan, Les Apôtres, p. 267.
La formule où il est question de la bénédiction du sorcier Philippe et de Yaho-Sabaoth devait être prononcée sur une coupe de vin, puis, probablement, le vin devait être donné à boire à quelqu’un pour lui inspirer de l’amour. On pense involontairement à la formule où l’on demande que le vin devienne le sang d’Osiris1, formule qui parait être intimement associée à l’Eucharistie des chrétiens2. On se demande si la bénédiction du vin par Philippe ne serait pas une allusion à une formule de l’Eucharistie qui aurait été exécutée par Philippe en présence des magiciens et qui aurait différé de celle des magiciens en quelque manière. On peut même supposer que Philippe aurait dit que le vin devient le sang de Jésus, après quoi les magiciens auraient supposé que le vin devient le sang d’Osiris; les sorciers auraient cru qu’il célébrait le sacrifice au nom de Yaho-Sabaoth. Il est intéressant de constater, une fois de plus, comment la religion nouvelle se trouve enchevêtrée dans la magie; les sorciers semblent même l’avoir particulièrement associée aux formules destinées à inspirer de l’amour.
Quant aux origines du christianisme en Égypte, nous avons reconnu qu’il y. a fait sentir sa présence de bien bonne heure et qu’il se rattache au vieux fond primitif hébreu. Il semble donc que la religion nouvelle fut connue dans la vallée du Nil bien avant la propagande dite de saint Marc, et des indices nous ont porté à croire qu’en l’an 38 la religion nouvelle fut prêchée à Alexandrie par Philippe l’évangéliste.