‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 4 sur 309 · Extrait de la Revue ègt/piologique, t. IV, p · texte numérisé non relu

Extrait de la Revue ègt/piologique, t. IV, p

2. Avons-nous un écho de cet événement dans un passage très corrompu de Manéthon, remanié par Josèphe? Voici le passage : « Alors

LES NOMS DE JACOB ET DE JOSEPH

» amena Sa Majesté leurs enfants en captifs vivants à la » forteresse Sultan à Thèbes (à sa première expédition vic- » torieuse, conformément à l’ordre de son père Ammon qui » l’a guidé [le roi] dans les bons chemins). » Chacune des tribus dans cette liste a son nom entouré d’une enceinte

» les rois de la Thébaïde et du reste de l’Égypte entreprirent une expé-

» dition contre les Pasteurs . sous un roi nommé Misphragmu-

» thôsis. Ces Pasteurs furent vaincus et, repoussés du reste de l’Égypte,

» ils furent renfermés en un lieu . Ce lieu était nommé Avaris.

» Manéthon dit que les Pasteurs le fermèrent et fortifièrent . . mais

» que Thuthmôsis, fils de Misphragmuthôsis, assiégea leurs murailles » avec une armée de 480,000 hommes, et- tâcha de les expulser par la » force; puis que, désespérant de l’issue du siège, il traita avec eux » sous la condition que, quittant l’Égypte, ils se retireraient sans dom-

» mage où bon leur semblerait; . ils partirent de l’Égypte avec

» leurs familles et leurs biens . et se dirigèrent par le désert vers

» la Syrie . Manéthon dit que cette nation, nommée Pasteurs, était

» regardée comme des captifs dans leurs Livres sacrés; ce qui est exact, » car l’occupation primitive de nos antiques aïeux était de faire paître » des troupeaux, et, comme ils menaient une vie pastorale, on les » nommait, à cause de cela, Pasteurs. De même, ce n’est point à tort » qu’ils sont appelés captifs dans les livres des Égyptiens. » Ce passage, comme se référant à un seul et même événement historique, est complètement impossible; il me paraît être composé de trois faits historiques amalgamés, et fondus ensemble : 1° les Pasteurs ('YK2QE Hyksos) renfermés dans la ville d’ Avaris, et expulsés de l’Égypte par Ahmès; 2" les tribus nomades des Pasteurs hébreux (tryh) renfermés t dans la ville de Mageddo par Thoutmès III (le Thuthmôsis de Manéthon- Josèphe) et amenés captifs à Thèbes; 3° l’Exode biblique qui eut lieu longtemps après l’exode (?) des rois-pasteurs. Il n’y avait assurément aucun roi nommé Thoutmès au temps de Moïse : Manéthon et Josèphe ont fondu ces trois événements dans un seul à cause de la confusion faite

par eux entre les Pasteurs

Mentiu-sciti (cf.

jLioone, pasccre ), envahisseurs de l’Égypte, et les Pasteurs (ü’Ph), aïeux des Hébreux, captifs en Égypte. Les événements de Mageddo nous expliquent l’apparition du nom de Thoutmès (Thuthmôsis) dans le récit. Le nom de Misphragmuthôsis me paraît être tout simplement

le cartouche-nom de Thoutmès

rejetant le nom

EN ÉGYPTIEN

crénelée, laquelle est placée sur un personnage. Les deux autres exemplaires ne sont que des copies et contiennent un certain nombre de fautes du graveur, comme nous aurons occasion de le remarquer plus loin. Le second possède une courte légende, placée au-dessus d’un groupe de personnages que le roi est représenté prêt à immoler. Cette légende est, comme la première, importante pour la question qui va nous

La voici

occuper.

AA/VsAA

rv/x/i

« Prise (en captifs vivants)

» des chefs du Rutennu, de tous les peuples inconnus, de

)) toutes les terres des Fenkhuu » (Phéniciens?). Le mot

' ^ lli

tes-tu, que je vous ai proposé de traduire par « peuple, tribu », a deux sens : 1° « terre, pays », par exemple : « la » terre (^ | j de Khar (Syrie) depuis Djar jusqu’à Aup1 » ;

2° le peuple qui habite un pays, c’est-à-dire « peuple, nation, confédération ». Dans le poème de Pentaour, traduit par M. E. de Rougé1, nous avons un exemple des plus clairs :

n n f\ r— w— i a/wwa f\y\/^

I x * * m ^ rassern^a Pour l es nations

toutes.

Quant au titre des listes de Karnak que nous venons

/ fv/vo \

d’étudier, la traduction de : « Réunion des villes ( )

/ OHM v ^ m '

» qu’enferma Sa Majesté dans la ville ( J de Ma-

» geddo la vile », etc., ne veut dire absolument rien du tout.

divin à la fin; il se décompose ainsi : Mis — 1 = mes, phrag =

= haq (avec l’article □ — n intercalé ici dans la lecture), mu = =

ma, thôsis = = tliot. Ce qui nous donnerait Mis-phrag-mu-thôsis.

Le nom Thuthmôsis se décompose en Thuth = (3^ = thot, môs = ^ j 1 — mes, is = la terminaison grecque t?, ce qui fait jj) lj| le nom

de Thoutmès III.

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