Reçue ègyptologique, 1885 (n° IV), p
LES NOMS DE JACOB ET DE JOSEPH
Non : les listes de Karnak sont ethnographiques et non pas géographiques, et je vous proposerai de les désigner comme les «listes ethnographiques de Karnak». Il est vrai que nous trouvons dans ces listes les noms portés par un certain nombre de villes, mais, comme il n’est rien de si commun, dans l’antiquité aussi bien que de nos jours, que de voir des peuples, tribus et confédérations, portant le nom de leur lieu d’habitation, soit ville, soit pays, soit localité, je crois qu’il est inutile d’en citer des exemples. Comme l’a déjà remarqué M. de Rougé', « c’est la liste des nations ou tribus » qui composaient l’armée confédérée battue par Thoutmès » à Mageddo ». Il dit aussi1 2 : « Il ne faudrait pas conclure » néanmoins du titre que toutes ces populations fissent réel- » lement partie de la nation des Rutennu, mais seulement » qu’elles s’étaient ralliées autour de cette tribu plus puis- » santé pour résister aux Égyptiens. » Peu de noms dans les listes de Karnak ont été identifiés d’une manière satisfaisante avec le nom porté par une localité. En effet, parmi les anciennes confédérations de Chanaan, il y en avait sans doute qui vivaient sans demeure fixe, et naturellement ces tribus n’auraient pas laissé de souvenir de leur existence dans les noms géographiques du pays qu’elles habitaient, mais c’est précisément dans une réunion des peuples, comme celle qui nous occupe, que nous devons en trouver des traces. Les nos 53 et 54 sont à noter avec soin : nous avons deux
fois le même nom
I aper, c’est un autre exemple
! apuri-u, où M. Cha-
du fameux mot
bas3 a proposé de voir les Hébreux, écrit, il est vrai, à Karnak sans les voyelles et déterminé par Pourtant la transcription normale nous donnerait (sans le n final) mes?,