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37, ce que
M. Pierret {Le Décret trilingue de Canope, p. 25) traduit par : « Ce décret, il faut qu’il soit écrit (rédigé) par les délibérants des temples et les chefs de temples et les scribes du temple (de Canope), gravé sur une stèle de pierre ou de métal, en écriture sacrée, en écriture des livres, en écriture des Grecs1. »
Le conseil, tout en rédigeant le texte original du décret en grec, avait, ainsi que M. Revillout me le fait observer, promulgué une traduction en langue sacrée; se bornant là, on laissa à ceux qui voulaient établir ce décret dans les temples, le soin de le traduire en langue vulgaire, d’où il résulte que nous voyons des variantes très intéressantes entre les deux versions démotiques. Étudions une phrase. A la ligne 22 et suiv. du texte grec, on lit (Miller, Journal des Savants , avril 1883, p. 218) ; . . . ôpottoç SI xxt t[oüç exyovooç]
xaTX^a>p!ÇexQxt stç txç aùxàç cpuXàç sv aîç ot TraTÉpsç (SouXeutcov ispstov ttov aipoupivcov xax’ evixutov ex
twv Trpo[uTcap^ooawv] texxxowv cpuXwv, etc. La partie qui va nous
1. Cette clause manque dans l’ancienne version démotique. Les textes grec et hiéroglyphique étaient déjà gravés (voir 2 vers., p. 51); en rédigeant le texte démotique, on accomplissait ce qui était ordonné par le décret, et il devenait inutile de le répéter.
xùxcov àiro toù vüv
Etatv àvxî Se twv stxoat
LE- DÉCRET DE CANOPE
occuper est traduite en langue sacrée (Pierret, Le Décret de Canope, p. 11) par : Bs ° a
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(ligne 15) « Depuis ce jour jusqu’à toujours, à l’état d’être inscrits dans les classes qu’étaient leurs pères au sein d’elles, il se fera qu’au lieu de prêtres 20 », etc. Les textes démotiques traduisent (voir Revil lout, Chrest., p. 143 sqq., et Groff, Les deux vers, démot., p. 18) : Ancienne ligne 29 :
Nouvelle ligne 8 :
i 2-1 d J /fl iy £l y-)) 3l •+ /*f pi & pi C/3 O 4L
Examinons les variantes entre les textes démotiques : pl CO O 4L «depuis le jour que plus haut» ( B* ° ^ ,
I <CZZ> | AAA<Wv
Itto toù vüv ). La nouvelle version démotique dit : p:)lcO02 « depuis le jour plus haut ».
( eara ) « qu’on les écrive ». Citons comme exemple de cette forme é>é» earf t'e « pour qu’il dise » (eTpetptco)
(Poème, p. 8); « qu’on prenne » ( Canope , A, 1. 30);
VE;; « on le fasse » ( Canope , N, h 10). L’ancienne version porte la variante (1. 37) • Cette forme se
trouve, surtout dans les inscriptions de la Nubie, développée par un ti factitif.
((oJoi k'p
« Devant Thot de Penebs, le dieu grand du temple (?) pour » faire (eTpe) un jour 18e à Néron » (Notes de l’École. — Texte. Lepsius, Denkmaler) .
Cô 2))) i. 1 il d fS )) (( Il m’ac-
» corda, en sorte qu’il fit faire (erpeqep) le droit du monde » (de la Nubie) sur le temple » (*2* = jna , pris à la troi-
LE DÉCRET DE CANOPE
sième personne du prêt, kal; Revue égi/pt., t. IV, pi. 22).
Y >4 y/4'£.ty *1 1 izf:/ zM c
« J’ai fait ordonner de leur faire faire (eTpe, <z=>^ ( ()
RI ^ (c)
)) préparer pour Patot le reste pour qu'il fasse (m-eq, )
» être cela à Téos » {Rev. êggpt., II, pl. 7). j e ti ar est
conservé dans le copte eTpe, e-e-pe. — Tpe, -&pe est employé pour exprimer un causatif : orog à. ^nou"^- -»pe ujujHit m&en Y êntgon ê£io‘A.s5ett nKd.gi — • xx! èÇxvixsiXev ô ©sôç szt ex TTp yrtç tixv SjuXov,
pu ba nanx.Tp at-ibx niT nostii « Et Yâho Élohim fit pousser du » sol tout arbre, » etc. ( Genèse , n, 9. — - Note. Yâho, lisez : YcVoi). Le texte copte porte : qmoTf, le texte grec : 6 ©eà? et l’hébreu a\nbx nvr. Les livres gnostiques transcrivent m.T par i ô,o) \ Dans la mcnc on trouve deux formes imo et
icot, apparemment transcriptions de nin\ Par exemple, il est dit : Te-rim*. ge epoo-y gi n^cowxie ctie^Tr ïi Yeoir* mS
ÜTô.qcg^VcoT îtfS'i ettw^ eYujdcx.e ujuum^q eÊ. o<Y gü nujHn SincooTn dwTtü e&oA güüL nujHn Hncoiig gp*.Y gïi nn0.p0c2k.1coc ïïô.'^&.jul « Mais » vous les trouverez sur les deux livres de Yëov, lesquels » Enoch écrivit quand je parlai avec lui de l’arbre de » science et de l’arbre de vie dans le paradis d’Adam » ; n/c/ ck^. É — « Les deux livres de Yeo-r », ou comme il est dit
n/c/ ck^. ô. : . TeTÏïn^ge epooir gXi nncxS' cnd.v ïraiotojuie ït
Ycot « Vous les trouverez dans les deux grands livres de » Ycot. » Est-ce une allusion au livre d’Enoch? Ou ne faut-il pas bien plutôt voir dans les deux livres de Yeor le niT nanba nsa et le nttnn ">sd, que les gnostiques avaient attribués à Énoch? Cf. la phrase : TeTïm^ge epooT gi
n-xootojuie cnd.ir n Ycot et niT’ Dünb» n&DS ntiX'1 p bv {Num., xxi, 14); my\n nau bv nains x\n xbn ( Jos ., x, 13); bv nains ran nrc\n nsa {II Sam., i, 18). — Le nom divin mn1’, ou ses abréviations îT’ (ou ï-p, qui se trouve dans les noms propres), se
1. Voir, à ce sujet, l’étude de M. Revillout dans son travail sur La Vie et les Sentences de Secundus , p. 66 sqq.
LE DÉCRET DE CANOPE
rencontre dans les papyrus démotiques à transcriptions grecques, sous les formes fiîA"" iaw (Leyde, revers , XII, 7); (\j„ isoo (Leyde, IX, 2); fy J) ^3 wwou (Leyde, XIX, 14). Ainsi que M. Revillout me le fait observer, est le mot UU âne, en copte ito, eito, qu’on avait fait entrer dans la composition du mot par lequel on transcrivit le nom divin, et c’est peut-être cette assimilation qui donna lieu à la fable que les chrétiens adoraient l’âne. Le papyrus de
Leyde (XX, 9) donne en hiératique : 4F, 7<b» f~r Jffi. tauü)1 2 * * . Il me semble parfaitement admissible que nous avons ici une transcription du tétragamme, et que cette transcription a été tirée d’un document hiératique beaucoup plus ancien, par lequel il aurait été emprunté aux langues sémitiques. Un nom propre comme citation doit conserver assez fidèlement sa forme, et nous avons ici un nom propre comme citation phonétique et graphique5. Pour ma part, je suis très tenté d’être d’accord avec les sorciers qui écrivaient le
papyrus magique, et de vocaliser nur, c’est
à-dire Yâlio (lisez YaL). Notons encore que, selon Brugsch (Dict. f/éog., p. 138 sqq.), un quartier de Memphis fut nommé
âaaaaa r\ t\' f\ P
□ lira ^ « de la terre de Ih », — où [g
de rr (?). Il y avait aussi une localité pa
m est un équivalent estinienne, nommée
[ [ (\\ est peut-être la voyelle accompagnant le ( ( = fi.
1. Pour les transcriptions de y*, voir Revillout, Poème, p. 63, 88.
2. « Les papyrus gnostiques démotiques de Leyde renferment même
» des hiéroglyphes quand il s’agit de symboles religieux, au milieu
» des phrases pleinement coptes » (Revillout, Le Roman de Sctna, p. 7, note 1). Remarquez le déterminatif que donne le papyrus de Leyde.
« La traduction des Septante a été faite sur des manuscrits hébréux, » écrits en caractères phéniciens, non en caractères carrés... Origène » nous apprend que le nom de Jéhovah avait été conservé tel quel dans » la traduction, en anciennes lettres » (M. l’abbé Vigouroux, Manuel biblique , § 108).
LE DÉCRET DE CANOPE
De plus, le papyrus Anastasi I (22/1) fait mention d’une localité (peut-être la même) [[ (? jXj : on ne voit que les
débris du dernier caractère, est-il un ra (voir Chabas, Voyage , p. 188)? Dans ce cas, nous aurions LJi qui ressemble singulièrement à mit.
Mais revenons au décret de Canope. — Ainsi que nous l’avons vu, l’ancienne version écrit et la nouvelle
\\o\4l“)- Cette dernière forme correspond, d’une part, au
ko
^ mtu dans 1 ancienne langue et à rrre du copte; elle sert à rendre une liaison entre un verbe et un autre qui le précède. C’est la forme copulative1 : ( (2 1
A AAAAAA
Al
« Ils dirent à lui.
)) et il écouta leurs paroles toutes » ( Pap . d’Orbiney, 1. 10);
AWW\ "W r-^-. I I I I I
ra
dû
fc&3
. « j’enchanterai mon cœur et je
» le placerai au sommet de la fleur de l’arbre as, et si l’as » est coupé et qu’il tombe à terre, tu viendras pour le » chercher » (v. E. de Rougé, Chrest., § 179; Papyrus d’Orbiney, 8/4 sqq.). En démotique de même qu’en copte, les exemples sont si nombreux qu’il me semble presque inutile d’en citer. Notons pourtant : « Qu’il aille à ceux-là » qui ne l’ont pas invité, et qu’il parle (•N>/o> iœeq«)
mtuf stm dient dazu ein Verbum mit dem
» vorhergehenden zu coordiniren » (Erman, Gram., § 216). En démotique, voir Revillout, Poème , p. 182. — Cf. les autres exemples, Pap. d’Orbiney, 1, 6 et suiv.; 2, 3; 3, 2; 8, 2, 4 et suiv.; 12, 4; 14, 6 et suiv.; 14, 9; 17, 4; 18, 1.
LE DÉCRET DE CANOPE
)) avec ceux de la fête » (Poème, p. 23). « Qu’on écrive » y>[0 le décret sur une stèle . et qu’on l’établisse
» y±r\'i dans les temples » ( Chrest . dém., p. 57).
L’ancienne version dit « le 20 de prêtres », et
la nouvelle «le prêtre 20». Dans l’ancienne langue,
de même qu’en démotique et en copte, souvent le nom de nombre est déterminé par l’article et suivi d’un n qui sert de liaison entre lui et le substantif. Par exemple : ^ ^ jeélltQ, «le 200 de jarre» (Maspero,
AA/WV\ ® -=£J I U I
Rom. et Poés., p. 63); # /" ( Anast . V,
[/ /TH yw\AM VW\AAA 1 \\ I I I
13/5), « le 200 de sacs de blé » ; ^ J 1 | } (( 10
» 37 de dieux » ( Pap . mag. Harris, pi. VI, 6). Le chiffre 2 se place après le substantif. Ainsi il est dit :
^ 1 1 ® , (( le scribe deux (les deux scribes) de la ville » (Abbott, 6/11); J Lp-pb « l’endroit deux (les deux en-
droits) » ( Abbott , 5/6)'. De même en copte, il est dit : eTô.qis'i Unie ïûoik ïicjul niTeM fc, (( et il prit les cinq pains » et les poissons deux » (Marc, vi, 41), ou dVi e ü^e m- «.nneAoc & ëg^pm éco^o-u.^, « vinrent les deux anges à So- » dôme » ( Gen ., xix, 1). C’est ainsi que le traducteur de la nouvelle version a mis le nom de nombre après le substantif. On lit en effet, à la ligne 29 de l’ancienne (Chrest. dém., p. 144; les deux vers., p. 18), 4 «la quatrième
» classe», et dans la nouvelle à la ligne 31 de
l’ancienne ïl-bi'o, « qu’il y ait 25 de prêtres », et 13^ 10 « qu’il y ait prêtres 25 », selon la nouvelle (Chi'est. dém., p. 144; les deux vers., p. 19); et puis, à ligne 43 de l’ancienne, [icoliy (( ^es c^n9 jours», pour