‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 39 sur 309 · Extrait de la Revue èggptologique, t. VI, p · texte numérisé non relu

Extrait de la Revue èggptologique, t. VI, p

2. Bibliographie. Lepsius, Dus bilingue Decret ton Kanopus, Berlin, 1866 (textes grec et hiéroglyphique, commentaire et traductions). — Birch, On the trilingual inscription at San (Decree of Canopus) (analyse et étude). — Revillout, Études historico- critiques sur les décrets de Rosette et de Canopc , Chrcstomathie dèmotique , p. lxxxvi et suiv., Décret de Canopc, Chrcstomathie dèmotique , Paris, p. 125- 176 (textes grec et démotique, traduction). — Revillout, Chrcstomathie dèmotique , p. 435-472 (additions et corrections). — Pierret, Glossaire èggptien-grec du décret de Canopc. — Pierret, Le décret de Canopc (traduction synoptique des textes grec, démotique et hiéroglyphique, texte hiéroglyphique et traduction). — Revillout, Etude historique et philologique sur les décrets de Rosette et de Canopc , Revue archéologique , nov. 1877. — E. Miller, Découverte d’un nouvel exemplaire du décret de Canopc. ( Journal des Savants , avril 1883, p. 214-229, texte grec de la nouvelle version, traduction). — Revillout, Les deux versions dèmotiques du décret de Canopc, dans l’Album de M. Leemans (étude). M. Revillout m’a conseillé de faire le présent travail et il a été fait sous sa direction. Pour l’ancienne version, M. Revillout a bien voulu mettre à ma disposition un plâtre au Musée du Louvre, et M. Penelli m’en a donné un estampage et M. Revillout une photographie. — Pour la nouvelle version, M. Gayet a eu l’obligeance de me

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comme un libérateur que comme un vainqueur. Son règne fut court : comme un météore, l’éclat de ses armes avait illuminé tout l’Orient. Dans le partage de son empire, un de ses généraux, Ptolémée, surnommé Soter, obtint l’Égypte avec la Libye et l’Arabie, et fonda la dynastie des Ptolémées. Son règne, de même que celui de son fils, Ptolémée II, qui lui succéda au trône, fut caractérisé par une politique de modération et de tolérance : plutôt que d’imposer à leurs sujets des moeurs étrangères, ils rétablirent les anciens usages, — en un mot, sans cesser d’être Grecs, ils se firent Egyptiens. Ptolémée III, surnommé Évergète, ne fit que continuer la politique babile de ses prédécesseurs. Ce fut en l’an IX de son règne, le 7 Apellaios ou le 17 Tybi, que les grands prêtres, les prophètes et les autres prêtres qui étaient venus des temples d’Égypte le 5 Bios, jour de la naissance du roi , furent rassemblés dans le sanctuaire des dieux É ver y êtes à Canope ( Clirest ., p. 125; 2 vers., p. 2).

Le 17 Tybi de l’an IX serait, d’après Lepsius {Bas Decret, p. 18), le 7 mars 238 avant notre ère. La date, quant au mois, est exprimée selon les calendriers macédoniens et égyptiens, frqvoî ’AirslXatou lêSopr), Aiyutit.'cjüv os Tuêl ErTaxaioexarr). Les

donner un estampage et M. Revillout a mis aussi à ma disposition une copie-photographie, et un estampage que M. Cattaui a rapporté de l’Égypte. Pour la transcription et pour la traduction de l’ancienne version déraotique, je me suis servi des notes du cours de l’École du Louvre, et de la Chrcstomat/iie domotique de M. Revillout, p. 125-176, tout en consultant les additions et corrections publiées par M. Revillout dans la C/irestomathie domotique , p. 435-473, et la traduction publiée par M. Pierret (Le decret de Canope, p. ix-xvi); pour la nouvelle version j’ai utilisé mes notes du cours de l’Ecole du Louvre. Après que j’eus rédigé le présent travail, M. Revillout voulut bien le revoir et le corriger tout entier avec moi, non seulement pour les traductions, mais aussi pour les transcriptions, que nous avons soigneusement collationnées sur le plâtre au Louvre pour l’ancienne version démotique, et sur l’estampage et la photographie pour la nouvelle. Au cours de ce travail, j’emploie l’abréviation Chrest. pour la Chrestomathie domotique de M. Revillout et 2 cors, pour Les deux versions de Canope.

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prêtres qui étaient « venus des temples d’Égypte » à Alexandrie le 5 Bios pour la fête du roi, s 'étaient peu dérangés pour se réunir quelques jours après à Canope. Cette ville,

nommée en grec Kavunroç, — le démotique A

correspond au nom hiéroglyphique Pekut, — fut

probablement, ainsi que dit M. Lepsius ( Das Decret, p. 8), peu importante avant l’époque grecque et s’accrut depuis la fondation du temple1 2 que le décret qualifie des «dieux Évergètes ». Une question se pose ici : à quelle époque avaiton donné au roi le titre d’Évergète? Selon saint Jérôme, ce titre lui fut donné après ses conquêtes en Asie, et parce qu’il rapporta les images qu’avaient emportées les hommes perses\ Il me semble probable qu’il lui fut donné avant la rédaction du décret de Canope. Si c’était au moment même, le décret en aurait dû faire mention, car c’était dans le temple des « dieux Évergètes » qu’eut lieu le concile de l’an IX. A la ligne 33/9, on trouve mention d’un décret antérieur par lequel il fut ordonné de faire la fête « des dieux Évergètes le 5, le 9 et le 25 du mois ». Il paraît pro-

1. En 1818, des ouvriers, cherchant des matériaux pour une construction, trouvèrent dans les fondations des ruines du temple une plaque d’or sur laquelle était écrit : BaaAsvç IlTcAsp-ato? IlToXîp.xcoti xat ’ApacvoV,; Gsàiv ’ASsl.cpcov xat [ixtn'Xi'Tcra Bspsvtxr] r, àôsXcpr) xat y-jv^ aù:o-j tô téjasvoç ’Oat'pît (voir Letronne, Recherches , p. G). Malheureusement l’inscription ne donne pas de date. Sauf cela, elle est très semblable au début du décret de Canope.

2. Ainsi que me le fait remarquer M. Revillout et qu’il l’avait dit déjà antérieurement dans ses travaux sur le décret de Canope, ce témoignage de saint Jérôme a été révoqué en doute par Champollion-Figeac, disant : « Les rois d’Egypte prenaient leurs surnoms en parvenant au » trône, ce qui n’est pas favorable au témoignage de saint Jérôme. » Mais, en 1877, M. Revillout ( Clircst ., p. lxxxvi et suiv.) a prouvé la fausseté de cette théorie de Champollion-Figeac pour les premiers Lagides, et, en ce qui concerne Évergète Ier, il a cité des contrats du commencement de son règne qui ne portaient pas le titre d’Évergète pour le roi « fils des dieux Adelphes ».

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bable (Lepsius, Das Decret, p. 6) que c’était par ce décret que le roi avait reçu le titre d’Évergète.

Les prêtres réunis en concile se souvenaient que le roi et la reine avaient fait des bienfaits grands aux temples d’Egypte et avaient prodigué les honneurs aux dieux et s’étaient préoccupés des choses concernant Apis, Mnévis et le reste des animaux qui sont consacrés en Égypte ( Chrest ., p. 129; 2 vers., p. 5). L’Apis dont il est question ici était né en l’an XXX de Philadelphe et mourut en l’an XV d’Évergète Ier (voir Revue égypt., t. V, p. 7). Il avait à peu près dix-neuf ans au moment du décret de Canope. Évergète s’en était occupé d’une tout autre façon que Cambyse qui, dit-on, tua un Apis, ou comme Ockus qui ordonna, dit-on, qu’on lui accommodât le bœuf Hapi pour un banquet : « Le bouc de Mendès partagea la for- » tune de l’Hapi » (voir Maspero, Hist., p. 660).

Les images divines que prirent les hommes perses, le roi les ramena en Égypte, donnant elles à leurs temples d’oü ils les avaient prises (Chrest., p. 130; 2 vers., p. 6). Diodore de Sicile (I, ix, 46) nous raconte que les sanctuaires furent pillés par les Perses à l’époque où Cambyse incendia les temples d’Égypte. On rapporta qu’il fit alors transporter ces dépouilles en Asie, et, ainsi que le dit le décret de Canope, c’est Évergète qui « rapporta les images divines ». Nous avons ici mention d’un fait bien fréquent dans l’antiquité. Assur-bani-pal nous raconte qu’il ramena de Suse une statue de la déesse Nana que le roi Koudour-Nakhounté aurait enlevée 1635 ans avant lui1, vers 2300 (voir Mas-

1. La Bible nous a-t-elle conservé un écho de cette invasion, lorsqu’elle nous parle de l’émigration des Térachites (?), qui, comme bien d’autres tribus, descendirent en Égypte (?), si l’on admet un premier séjour des tribus de Jakob-el et de Josep-(el) en Égypte, sous les roispasteurs, et qu’ils furent chassés de l’Égypte avec eux (voir Genèse, xv, 13 et suiv. ; la quatrième génération d’Abraham serait, selon le récit biblique, les tribus de Jacob et de Joseph, Genèse, xv, 16)? Est-ce que Stnûï {Exode, xii, 40) indique un résumé d’années ?

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pero, Hist., p. 160). Rachel déroba les téraphims de son père ( Genèse , xxxi, 19). Assur-ah-idin enlève aux Arabes leurs idoles, mais il les leur rendit, — après y avoir inscrit les louanges d’Assur, son dieu (Oppert, Les Rapports , p. 39). Notons encore le voyage (?) du dieu Chons d’Égypte à Bakhtan. Xemi, arbat(en) keri d’Isis la Grande, nous raconte ( Revue égypt., t. IV, p. 166 et pl. 19) que « le fils du

» Kerni de Coptos du lac . vint en haut vers moi .

» Il leur fit emporter la statue (d’Isis) à Syène loin de moi ». Mais on rendit la statue plus tard (voir Revue égypt., t. IV,

R sauva le pays du combat en combattant dans les lieux étrangers et contre des peuples nombreux ( Chrest ., p. 131; 2 vers., p. 7; pour les textes relatifs à ces guerres, voir Revue égypt., t. I, p. 19), et de plus le roi et la reine ont fait le droit à tout homme.

Il y eut une insuffisance de la crue du Nil, et les hommes qui furent en Égypte se lamentaient . . . quand ils se reportaient aux malheurs qui avaient eu lieu sous quelques-uns des rois qui furent auparavant lorsqu'il y avait un manque de blé' , mais le roi et la reine abandonnèrent en leur faveur leurs redevances et firent amener du blé en Égypte du pays de Syrie, du pays de Phénicie et de Vile de Chypre {Chrest., p. 132 et suiv.; 2 vers., p. 10).

Les trois grandes races de l’antiquité, Hamites, Sémites et Japhétites, avaient, chacune, non seulement sa cosmogonie, mais aussi sa géographie à elle, — de sa patrie le vieil historiographe national, peut-être aurais-je dû dire géographe, décrivait la terre telle qu’il la connaissait, — ou croyait la connaître. Le nom d’une ville chez un autre peuple devenait, sous sa plume, celui du pays (

1. Avons-nous ici une allusion au récit de la Genèse (chap. xli et suiv.)? On serait tenté de le croire. Il est à remarquer que la réunion des prêtres à Canope eut lieu non bien loin de l’époque où fut faite la traduction dite des Septante.

LJ |^© Hâ-ka-pteh,

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Memphis, Al^mrco; 1= Égypte), et le nom cVun pays devenait celui d’une ville û'nxta, Égypte, ^ , le Caire1). En transcrivant un nom propre, il modifiait légèrement la prononciation, pour lui donner un sens dans sa langue, ou bien

encore il le traduisait (^v3 jj> ^Jj, ’EXeçavxiv-^ s). Les noms de pays furent souvent déplacés : c’était comme à travers les brouillards qui obscurcissaient son horizon qu’il désignait, soit un pays plus proche par le nom d’un autre plus lointain, soit un pays plus lointain par le nom d’un autre plus proche. En un mot, chaque peuple, tout en se figurant l’autre monde à l’instar de celui-ci', décrivait celui-ci tel qu’il se le figurait.

Supia, ^ 7R ] Ruten oriental 3, Astir :

zwvws

As(f)r. L’ancienne version démotique traduit Supîa par A sur1' (dans la nouvelle, le deuxième caractère est un peu douteux, je crois y voir un A s). Ce nom est, à proprement parler, celui du pays qui se trouve aux bords du Tigre, en assyrien Assur (mtrx), en grec ’Awupîa; c’est ce nom que nous trouvons ici, déplacé et servant à désigner la Syrie chez les peuples demeurant plus à l’ouest. Le texte grec a supprimé l’a initial (ce qui aurait pu servir à le distinguer

1. sert, chez les Arabes, non seulement à désigner le Caire, mais aussi l’Égypte. Cf. la forme verbale ^ « bâtir des villes ». [F. G.]

2. Pierret, Dictionnaire d’ archéologie égyptienne , p. 202. — Notons encore des noms fabriqués tels que, par exemple, YK2QS et (+ D1’), Dîna, Pins:, — DJÜ (les deux villes d’On), etc.

3. La seule mention, du moins à ma connaissance, d’un Ruten oriental.

4. A ce propos, il me semble intéressant de noter un verset de la

Genèse (xxv, v. 18), où il est dit, en parlant des Ismaélites : I33ïn mitux ji2xa ^a bu ntux mtu nu nbnna « ils habitèrent depuis

Ha vilah jusqu’à Sour, qui est en face de l’Égypte, quand on entre (litt. : « ton entrer ») à (vers) Assour ». Assour semble désigner ici, de même

que dans le décret de Cauope, la Syrie (cf. il1» | fJV| àssur?).

LE DÉCRET DE CANOPE

de l’Assur [Assyrie] de la Mésopotamie) et écrit Supîa, d’où

le nom moderne de la « Syrie ».

4>otv(x'iri5 g — => /re/e, .ikæ /.er. M. Brugsch (i?eo.

éggpt., II, p. 324) a proposé de voir dans T JL xal

la transcription, et dans ^ kefl la traduction de

l’assyrien V ^y|<| m°d aharri, litt. : « le pays

d'arrière, de derrière », nom qui servait à désigner la Phénicie. — Si les Assyriens désignaient le pays à l’occident par l’expression « pays d’arrière », on s’attendrait à trouver chez eux une expression analogue s’appliquant au pays qui se trouvait à l’orient. En effet, le grand royaume qui s’étendait à l’est du Tigre fut désigné par le nom d’Élam. Faut-il rattacher ce mot à la racine fbv « être haut » (« Hochland », R. rbs, Schrader, K. A. T., p. 111), ou peut-être ne faut-il pas plutôt y voir une expression correspondant à Y arrière et l’expliquer par la préposition el-la-mu « devant », c’est-àdire « le pays de devant » ?

KuTtpoç

AAAAAA Cà

rj f\ l\ AAA/WA

■“"JMv

VWVAA ex ex

sebinaï et ptf)3/z <ft sa^em^na selon les deux versions démotiques. Ces noms servent à désigner File de Chypre. Le nom démotique Salamina est d’après le grec EaXajjuç. — On se demande s’il n'y a pas un fond commun à ces deux noms. Hérodote (VII, xc) nous parle des Chypriens venus de Salamine (en Grèce); peut-être ont-ils assimilé le nom d’une ancienne ville de Sebi (-|- ?) (en Chypre) à la ville de Salamine d’où ils étaient venus. Dans ce cas, l’ancien nom nous serait conservé par le texte hiéroglyphique. — La désignation bto pour cette île vient de la ville qui porte ce nom,

en grec Kktov (cf. KITIEYÜ = *fr C. I. S., 117). Vers l’époque (plutôt après) où fut rédigé le décret de Canope, ce nom se déplaça (voir Lenormant, Orig. de l’hist., t. III, p. 55 sqq.). Par exemple, le Targum d’Onkelos rend ü-rü, Num., xiv, 24, par ■’X&niû de Rome. Cf., en outre, le

LE DÉCRET DE CANOPE

début du premier livre de Macchabée : Kaï èy êvezo, ne-uà zb

tkxzcc^cu AXÉ^avSpov tov •ÏhXitctcou tov MaxeSôva, oç s£rjX0£v ex tÿjç y?jç Xet-

tEieifji, etc.

A cause des bienfaits que le roi et la reine ont faits à l’Egypte, il est entré dans le cœur des prêtres qui (sont) en Egypte d’augmenter les honneurs qui sont faits au roi et à la reine. Les prêtres de chacun des temples de l’Égypte seront appelés prêtres des dieux É ver g êtes. Qu’ils l’écrivent sur les protocoles (s.^\ w) des contrats; qu’ils constituent une nouvelle tribu des prêtres; qu’on l’appelle cinquième tribu des dieux Évergètes ( Chrest ., p. 137 sqq. ; 2 vers.,

p. 14). — a Le mot irA- kelu («'«Ao) ou /AL (■x.dwAo) a pour sens principal celui de « confier » : et c’est pourquoi ce terme fut même employé à une certaine époque pour désigner la masse des contrats, ainsi que nous le voyons dans les décrets de Rosette et de Canope. . . » (Revillout, dans les Proceedings of the Society of Biblical Archœology , June, 1886).

Puisqu’on fait fête des dieux Évergètes dans les temples , chaque mois, le 5, le 9 et le 25, selon le décret écrit précédemment. . . qu’on fasse (en plus) au roi Ptolémée et à la reine Bérénice une fête solennelle le jour où la divine étoile d’Isis se lève, mais il arriverait le transfert de la part des levers de Sothis à un autre jour tous les quatre ans ; qu’on ne transporte pas le jour défaire la fête à cause de cela. . . , mais pour que soit maintenu l’ordre de toutes les saisons conformément au ciel. . . que l’on ajoute un jour de fête des dieux Évergètes dorénavant tous les quatre ans , en plus des cinq jours que l’on ajoute avant le nouvel an (Chrest., p. 146 sqq. ; 2 vers., p. 20 sqq.).

L’année égyptienne, composée de 365 jours, retardait sur l’année astronomique (365 j., 5 h., 48 m., 48 s.) d’un peu près 1/4 de jour par an — ou un jour tous les quatre ans, d’où il résultait que les fêtes d’été tombaient en hiver et les fêtes d’hiver en été. En intercalant un jour tous les quatre ans,

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les années astronomiques et civiles marchaient plus en accord. Il est probable que cette réforme aura été assez mal vue des Égyptiens. Geminus nous dit1 (chap. vi) que les Égyptiens ne voulurent pas que leurs sacrifices tombassent toujours dans la même saison de Tannée, mais qu’ils en parcourussent tous les temps, de sorte que la même fête qui avait été célébrée en été devînt successivement celle de Tliiver, de l’automne et du printemps. Il est même dit1 que « les rois d’Égypte, lors de leur inauguration, étaient con- » duits par les prêtres dans le temple d’Isis à Memphis, » et qu’ils étaient obligés d’y jurer qu’ils maintiendraient » l’ancien usage de Tannée de 365 jours, et n’y permet- » traient aucune intercalation ».

Il arriva que la fille du roi, étant encore vierge, alla au ciel subitement : il a plu de faire être honneur éternel à la reine Bérénice, file des dieux Éoergètes. . . puisqu’elle est allée parmi les dieux en Tybi qui est le mois où eut lieu primitivement l’apothéose de la. file du Soleil en lui ( Chrest ., p. 157 sqq., 162; 2 vers., p. 30 sqq., 36 sqq.). Ainsi que le dit M. Pierret ( Etudes égyptol., 2e partie, p. 141), nous avons ici une allusion à un fait mythologique inconnu2. M. Pierret fait remarquer, en outre, qu’il est dit

d’une déesse :

îQ O \SS

JJ

■| y vx

« fille du Soleil,

» amour de son cœur résidant à sa place, sur son front » ( Denkm ., IV, 23). M. Lepsius ( Das Decret, p. 16) fait observer que sur le calendrier de fêtes à Esnéh (Denkm., IV, 78, 7) il est fait mention d’une panégyrie au premier Tybi à Tefnut, fille de Râ ( f

îCX.

1. Voir Introduction aux phénomènes célestes , trad. du grec par M. l’abbé Halma, et Recherches historiques sur les observations astronomiques des anciens (trad. de l’allemand de M. Ideler), par M. l’abbé Ilalma, p. 29.

2. Est-il bien sûr que nous n’avous pas ici une fable inventée par les prêtres pour flatter le roi ?

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Les prêtres réunis en conseil à Canope décrétèrent que Von produisît à elle une image d’or. . . disant à elle : « Bérénice, princesse des vierges » . . . qu’ils fissent à elle sacrifice et le reste de choses que de droit pendant les jours de la panégyrie nommée ( Chrest ., p. 166 sqq., 168 sqq. ; 2 vers., p. 43).

Un mot dans ce passage, du reste, très clair, offre un intérêt particulier. Le grec Ouata « sacrifice » est traduit dans le

A n qerer , de même dans les

teste hiéroglyphique par

textes démotiques f//V kerer. En copte, le démotique

écrit en lettres grecques, il se retrouve sous la forme eAiA. Par exemple, dans le psaume îî (à la fin), il est dit : totg

e-xen gd.it ujoTrujouoTruji aiaic-o-axhi. OTr0.1t d^op*. itexi gd.iltÿ'AiA. Le texte grec porte .’ Tote eùSoxrjaEK; Ouatav Stxatoajvïjç, àvacpopàv xal ôXoxauxuüiJta-ca, Ps., l, 21, qui traduit l’hébreu ( Ps ., li, 21) : n'Piü pann jh « Alors tu prendras plaisir

(aux) sacrifices de justice ujOTtgcooirigi JLiJUie^.u.Hi = Ouatav ot-

•/.atoauvrjc = pnîî-VDï) , il l’holocauste (d.îid.qjopd. = àvacpopx = nbll?)

et aux sacrifices qui se consument par le feu («s'AiA = ôXoxau- Twpta — Wo). )) Alors le copte a'AiA correspond exactement à l’hébreu b'bï. Notons encore ce mot employé dans la grande table d’offrandes de Marseille ( C . /. S., 165) : dk bbï bbz cfctr dk nm. Ainsi voyons-nous ce mot, avec la même signification, employé par les deux langues — hamitique et sémitique. A laquelle appartient-il? En hébreu, le mot b'bs, avec un 1 entre la deuxième et la troisième radicale, serait un adjectif dérivé de la racine bbs qui se trouve en hébreu, mais avec un sens qui ne convient en aucune façon à l’idée d’un sacrifice (brûlé), bbs veut dire « rendre parfait », d’où l’adjectif ‘rbs « parfait, entier », ce qui est bien loin de l’idée de brûler par le feu. En égyptien, nous trouvons à côté de

<é=> qerer « holocauste », Q qerer « four, fourneau ». Il est très probable que qerer (qelel) est un mot égyptien

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qui a passé chez les Sémites avec les usages du culte empruntés par eux de l’Egypte.

Finalement les prêtres réunis en conseil décrétèrent, selon le texte grec (1. 62, 63) : 'oS' ev sxxaxcp twv lepwv xaOsaTTryxwî siuaxxnr)?

xat àp^ieps'j? xa' ot tou Upoü Ypxpt.pt.a'tecç [àvaYpa^axwaxv] toùto vo tapa e’iç a ,crJXï]V XtOtvrjv r; yyj.y.rp tspotç YP^ppa^iv /-a- alyDTzrîoit; xa 1 IXXrjvtxoTç

(Miller, Journal des Savants, avril 1883, p. 222). Le texte

hiéroglyphique dit :

AA

Innn i O

Ci C

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