Prisse d’Avennes, Fac-similé d’un Papyrus égyptien, etc
4. Mais, assurément, parmi les écrivains bibliques il y en avait qui connaissaient l’Egypte, par ex. l’ancien Élohiste (B) et Job.
90 ÉTUDE SUR L’EXPRESSION « RETENNU(t)-AB~T ))
un nombre d’expressions très similaires ; par exemple, Amon dit au Pharaon (voir Reinisch, Ægypt. Chrest., pl. 8, et Maspero, Du genre épist., p. 85-90) :
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^ [ AAAAAA - H— - (1. 19) « Je leur
» fais voir ta Majesté à l’état d’un hippopotame, maître de » la terreur dans l’eau, on ne l’approche pas. . . à l’état d’un » lion couchant parmi (les) cadavres à travers leur pays. » Il est dit, Ézéchiel, xxix, 3, que Pharaon, roi d’Égypte, est wto» '3Ki ■’-ik’’ ■’b -iûx -itfx nx' qira p-n bmi D'onn « l’hippopo- » tame grand couché au milieu de ses fleuves1, qui a dit : « A moi, mes fleuves je me (les) suis faits ». Au chapitre xxxii, 2, on lit : û'û'n ta^ro nnai ira-u D'U tss « Tu as
» été semblable à un lion à l’égard des peuples, tu as été
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» comme un hippopotame au milieu des eaux. » ru qa
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l 'jvvp' (Reinisch, pl. 10, 1. 3-4) « Réjouissance au ciel
» (le) jour de sa naissance, (les) dieux à (dire) : nous l’avons » engendré, (les) déesses à (dire) : il est sorti de nous. » Cf. Job , xxxviii, 7 : dtétk '33-^3 wn'i ipn '33i3 irr-ps « Lors- » que les étoiles du matin se réjouissaient ensemble et tous » les ü'rfcK '33 poussaient des cris de joie. »
Il y a bien des siècles, depuis l’époque des Hor-sesu, quand, selon la tradition égyptienne, les dieux régnaient sur
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ciur (voir Pierret, Vocal, hièrogl ., p. 13), « toutes les branches (du Nil) )) qui se jettent dans la mer » (voir Brugsch, Gram., § 41; cf. Ecclèsiciste, i, 7). En démotique, Rosette, 1. 14 et suiv. (voir Revillout, Chrestomathie, p. 25 et suiv.; cf. le grec de Rosette, 1. 25 et suiv.; — voir aussi Letronne, Inscription grecque de Rosette, p. 3, surtout les observations, p. 23.
ÉTUDE SUR L’EXPRESSION (( RETENNU(t)-AB~T )) 91
la terre, c’est-à-dire sur l’Égypte. « Jadis, dit-on, il y avait » deux frères, Anpu et Batau. » Anpu avait une femme; après une aventure qui ressemble à celle de Joseph avec l’Égyptienne1 2, Batau s’en va dans la région de l’arbre as. On ne sait pas exactement où était situé cet endroit, peutêtre en Nubie, en Abyssinie, dans la voie Lactée ou ailleurs : « en tout cas, dit le texte, personne n’était avec » lui )). Là, il rencontre les dieux, qui étaient en train de s’occuper des affaires de la terre entière, c’est-à-dire de l’Egypte. « Ils lui dirent : Est-ce que tu restes seul?... leurs » cœurs s’attristaient pour lui extrêmement ; le dieu Xnoum » lui fit une compagne (pour) demeurer (avec) lui. . . Les ü sept Hathors viennent la voir, et elles s’écrient d’une seule
voix : a-ar
-t s-t mot tamout [
L’arbre as, d’accord avec le fleuve, joua à la femme de Batau un mauvais tour qui eut pour résultat qu’elle, puis son mari quittèrent la région de l’arbre as et allèrent en Égypte. Elle y devient la « Grande Favorite » du roi. Or, il y avait » ensuite des jours nombreux après cela. . ., elle enfanta un
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)) fils. Alors on commença d’être en son nom 2 » [J ~
Il y a bien des siècles depuis que, selon la tradition hébraïque, Yâho planta un jardin en Éden, à l’orient ( cnpp proa p). On ne sait pas au juste où il était situé; en tout cas, c’était là, dit-on, qu’il plaça l’homme qu’il avait formé, tout en lui recommandant de ne pas manger d’un certain arbre, « car, disait-il, au jour que tu en mangerais mot' tamout » mon ma. Puis Yâho remarqua que l’homme était seul, et il
1. Mohammed représente l’égyptien comme étant moins naïf que le
texte hébreu ne nous laisserait le supposer, 2^ , à partir de
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2. Voir Groff, Étude sur le Papyrus d’Orbiney , p. 3, 9, 25, 51 et 58; Maspero, Contes populaires, lrt' édit., p. vm et suiv., etc.
92 étude sur l’expression « retennu(t)-ab-t ))
lui fit une compagne à laquelle le serpent, à propos du fruit de l’arbre, dit : Lo mot' ternoutoun, pnan ma vb. Elle en mangea et son mari aussi, peu après ils quittèrent l’Eden. Or, il arriva après beaucoup de jours, elle enfanta deux fils, dont l’un meurt, elle enfanta un autre et aussi à lui naquit un fils. Le narrateur dit qu’on commença à le nommer avec le nom de Yâho1, mrr tnp*? bnn w.
Terminons cette petite étude par une citation de V Hymne à Ammon-Râ, traduit et publié par M. Grébaut (p. 7, 11, cf. p. 33) :
« Adoration à toi! père des dieux, (qui) as suspendu le » ciel, repoussé la terre. . .
» Celui qui exauce la prière de qui est dans l’oppression ; » doux de cœur avec le criant vers lui :
» Délivrant le timide de l’audacieux (violent de cœur), )) juge du puissant et du malheureux2,
)) L’Eternel est son nom, le monde est son ouvrage. Il » entend les soupirs de l’humble qu’on outrage,
)) Juge tous les mortels avec d’égales lois, et du haut de son trône interroge les rois. »
1. C’est-à-dire à former des noms théophores indiquant les rapports entre celui qui protège et le protégé. L’exemple de la Genèse signifierait qu’on employait, dès lors, le nom de Yâliô (on ne trouve pas d’exemples dans la Genèse). Il est étrange, si l’on admet une rédaction un peu ancienne de la Bible, que les formes pleines de certains noms fussent oubliées (cf. Journal asiatique, 18S9, p. 275), et Israël expliqué d’après
le nom de ^-^2, cf.
2. Cf. Racine, Esther, acte III, scène iv (p. 657, éd. Garnier frères).
LA MALARIA'
« Le domaine de la malaria est presque illimité ; son empire s’exerce sur les trois quarts de la surface du globe*. » Dès les époques les plus reculées d’où nous est parvenu, pour ainsi dire, l’écho des faits et des gestes de l’homme, le même écho nous fait connaître ceux de son terrible adversaire : « La fièvre ardente (suruppù), dont la griffe déchire tout, c’est le démon ennemi surgissant des résidus des eaux pluviales1 2 3 4 », disaient les vieilles incantations accadiennes, ou assyriennes. Le miasme était personnifié par le démon Dibbarra qui, en compagnie d’Ischou, le feu de la fièvre, était censé parcourir la terre. Il arriva dans un passé lointain, peu après le déluge, disait-on, que le dieu Éa dit à Bel : « Au lieu que tu fasses un déluge, la famine qu’elle soit et » que la surface de la terre qu’elle..... que Dibbarra sur- » vienne et les hommes qu’il [les fasse périr] *. »
D’autre part, en Égypte, le Nil couvre, chaque année, le
1. Cet article a été publié à Alger, en 1891, sous le titre de Petites Études archéologiques, en une brochure spéciale qui ne fut jamais mise dans le commerce. — G. M.