M. le Dr Pepper, De la Malaria, p
3. J. Oppert, dans Ledrain, Hist. d'Israël, t. II, p. 469 ; cf. p. 472.
4. Fr. Lenormant, Les Origines de l’histoire, t. I, page 401 sqq. et note; cf. Schrader, K. A. T., [lre édit.], p. 64, etc.
LA MALARIA
pays de ses flots bienfaisants. Le soleil tirait des émanations malsaines des limons laissés par les eaux, et, en ce moment, pour nous servir d’expressions chères aux anciens Égyptiens, « les grands et les humbles sont au supplice », mais le Nil « sort, au moyen de formules mystérieuses », de ses retraites cachées, chasse devant lui les eaux stagnantes qui engendraient les miasmes : « alors la terre est en allégresse .
» où était la misère, viennent les réjouissances1 ».
Vers 4000 ans avant notre ère, tout nous porte à croire que la malaria exerça, particulièrement, des ravages dans la vallée du Nil, et ce fut, probablement, à la suite de ce désastre qu’eut lieu la chute de la première dynastie des anciens Égyptiens2. Bien des siècles plus tard, l’armée de Sennachérib fut, dit-on, presque détruite par les émanations miasmatiques du Delta3. Les textes hiéroglyphiques font connaître la malaria par les expressions : « malheur, fléau », ou fléau annuel.
Dans les pyramides royales est mentionnée la flamme du grand fléau. Les Égyptiens avaient remarqué que certains jours de l’année furent particulièrement néfastes. « Perturbations atmosphériques au ciel en ce jour (sont) mêlées avec lui (les germes) du fléau annuel, abondamment », dit un papyrus4; le jour suivant on ne devait pas sortir après le coucher du soleil, mais, malgré toutes les précautions, croyait-on, l’enfant né un certain jour, le démon de la malaria le tuerait.
Employée métaphoriquement par les poètes de la cour de Pharaon, la malaria servait à figurer la ruine et la désolation.
1. Voir P. Guieysse, Hymne au Nil; cf. M. Lefébure, Rites égyptiens, p. 82.
2. Cf. la tradition recueillie par Manéthon, éd. Unger, p. 79, et Maspero, Hist. Ane., p. 46.
3. Cf. Il Rois, xix, 35; Hérodote, II, cxli, et Maspero, Hist. Ane., p. 439, et Exode, ix.