‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 101 sur 121 · SUR L'ODE DE MALHERBE ADRESSÉE A MARIE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

SUR L'ODE DE MALHERBE ADRESSÉE A MARIE DE MÉDICIS

Cette ode est bien écrite, pleine d'images et d'expressions heureuses, mais un peu froide et vide de choses, comme presque tout ce qu'a fait Malherbe, car il faut avouer que le poète

* Ces quelques lignes remarquables ont été publiées par M. Egger, dans V Histoire de Vhellénisme, t. II, p. 340.

^ Publié, par M. de Latouche, dans la Vallée aux loups, p. 242. Il a dit de Milton, au début de son poème de Suzanne :

Grand aveugle dont l'âme a su voir tant de choses!

' Nous avons voulu rappeler, au moins, dans ce Tolume, le commentaire d'André Ghénier sur Malherbe. Nous en avons donc extrait cette note, qui est une des plus importantes du commentaire; elle contient.

n*est guère recommandable que pour le style. Au lieu de cet insupportable amas de fastidieuse galanterie dont il assassine cette pauvre reine, un poëte fécond et yéritablement lyrique, en parlant à une princesse du nom de Hédicis, n aurait pas oublié de s'étendre sur les louanges de cette famille illustre, qui a ressuscité les lettres et les arts en Italie et de là en Europe. Comme elle venait régner en France, il en aurait tiré un augure favorable pour les arts et la littérature de ce pays. Il eût fait un tableau court, pathétique et cbaud de la barbarie oij nous étions jusqu'au règne de François ^^ Ce plan lui eût fourni un poème grand, noble, varié, plein d'âme et d'intérêt, et plus flatteur pour une jeune princesse, surtout s'il eût su lui parler de sa beauté moins longuement K et d'une manière plus simple, plus vraie, plus naïve qu'il ne l'a fait. Je demande si cela ne vaudrait pas mieux pour la gloire du poëte et pour le plaisir du lecteur. 11 eût peut-être appris à traiter l'ode de cette manière, s'il eût mieux lu, étudié, compris la langue et le ton de Pindare, qu'il méprisait beaucoup au lieu de chercher à le connaître un peu.

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