‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 107 sur 121 · ÉPITRE DÉDICATOIRE DE LA TRAGÉDIE DE BRUTUS ET CASSIUS · texte numérisé non relu

ÉPITRE DÉDICATOIRE DE LA TRAGÉDIE DE BRUTUS ET CASSIUS

A ANDRÉ CUÉNIER.

(extrait)

Voici, mon frère, une tragédie qui doit intéresser, du moins par son sujet, tous ceux qui, comme vous, aiment l'histoire et la politique. Rien de plus imposant dans les annales du monde que les derniers temps de la République romaine. . - . . . .

Vous, qui connaissez si bien la langue et la littérature anglaise, vous n'ignorez pas que les deux derniers actes de ce drame (Jules César, de Shakespeare), ne sont pas moins bizarres que les trois premiers

Il me reste, mon cher frère, à vous parler de l'ouvrage que je vous dédie

Puisse cet ouvrage sévère obtenir l'estime des gens de lettres ! Puisse-t-il obtenir la vôtre, mon cher frère ! Ce n'est pas seulement aux liens du sang qui nous unissent, que j'en fais hommage, c'est

* C'est par erreur que l'éditeur de 1840, qui donne aussi un extrait de cette pièce, Ta datée de 1791. Cette, dédicace fut écrite et adressée à André Ghénier en 1788. Voyez la lettre précédente.

h ramitié qui nous unit plus étroitement, c'est à Tamour des lettres ^ qui nous unit encore, et surtout c'est à votre mérite dont je connais toute retendue.

Marie-Joseph Chi^.nier.

RÉPONSE DE CAMILLE J>liSiMOULlNS A L'AVIS AUX FRANÇAIS ».

(extrait)

Septembre 1790.

C'est une invention admirable que ce Club de la rue Saint-Honoré. C'est le grand Orient, la métropole où correspondent tous les Jacobins^ tous les Amis de la Constitution dens les quatre*vingt-trois départements. Le schisme du Cîuh de 1789, qui d'abord nous avait si fort affaibli, paraît aujourd'hui n'avoir que nettoyé l'aire et séparé rivraiedu bon grain. Maudit soit, néanmoins, l'hérésiarque qui a fondé 1789, qui a séparé la branche du tronc, qui a divisé pour régner, ou plutôt pour faire régner le despotisme, pour étouffer dans le berceau des Jacobins tous les biens qui allaient naître de Tassociation de tous les patriotes de la France! Le club schismatique ne peut plus être aujourd'hui assez dangereux, depuis qu'il vient de lever le masque. Voulez-vous connaître quel est l'esprit qui Tanime? Lisez le n" 13, par exemple, de son journal. Voici comment il parle de ces deux comités des recherches qui ont sauvé la Patrie : « Des personnes, à qui il plaît d'aller voyager et qui ont en cela le droit de faire ce qui leur plaît, sont, au mépris du sens commun, arrêtées, interrogées; leurs équipages livrés à des recherches inexcusables; des comités d'inquisition fouillent dans les maisons, dam les papiers, dans les pensées, » Ainsi, mauvais citoyens que vous êtes, selon vous, il fallait laisser voyager Bonne-Savardin, Barmond? il fallait 1 »isser Trouard porter à nos ennemis des cartes si bien levées de la France patriote et aristocrate'^ Je continue de lire ce n**13. C'est un déchaînement dont il n'y a pas d'exemple contre les écrivains patriotes. Malouet, la Gazette de Paris, Mallet du Pan, les Actes des Apôtres, ne nous ont jamais tant injuriés. Nous sommes des perturbateurs séditieux, des brouillons faméliques, des hom-

* Extrait du n» Ah des Bévolulions de France et de Lrabant. Voyez, page 296, le jugement que poi'ta André C.hénjer sur Camille Desmoulios et sur cet article.

PIÈCtS JUSTIFICATIVES. 365

mes de sang^ par qui il vaut mieux être pendu que loué! Et quel est le motif de tous tes emportements? Quels sont nos forfaits? Les voici : Selo7i ces auteurs, les ministres du roi sont des perfides : ils injurient Bailly, Lafayette et Vahhé Sieyès. Quel crime abominable! Notez que le club ne se plaint point des journalistes noirs, il n'en veut qu'à nous autres Jacobins déterminés. Je me hâte de dénoncer ce n° 13; et qu'on ne me dise pas que c'est l'ouvrage de je ne sais quel André Chénier qui n'est pas le Chénier de Charles IX, et dont les opinions ne sont pas celles de la Société? Ce journ:il et^t publié par le directoire de 4789; on le présente au public comme les mémoires du cluh. Ainsi, c'est la profession de foi du club de 1789; c'est un manifeste qu'il publie contre nous. N'y a-t-il pas de quoi frémir sur les dangers de la patrie, quand on pense que les membres de ce cluh couvrent les gradins de la partie droite dans le côté gauche de l'Assemblée nationale?

LETTRE DU MAIlŒ DE PARIS A M. BUZOT,-

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