‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 111 sur 121 · LE CABINET DE LECTURE, N» V · texte numérisé non relu

LE CABINET DE LECTURE, N» V

J'ai lu, dans le journal de samedi, la grande colère de M. Marie- Joseph Chénier contre le petit paragraphe où j'ai pris la liberté de me moquer un peu de lui.

Gomme les injures aussi spirituelles que modestes qu'il adresse à l'auteur du paragraphe supposent qu'il ne me connaît point du tout, je ne dois pas le laisser plus longtemps dans Terreur ; mais comme aussi les circonstances où nous nous trouvons sont malheureusement trop sérieuses pour que le public prenne quelque intérêt à de si futiles débats, j'ai pris le parti d'écrire par la petite poste à M. Marie- Joseph Chénier, pour lui appprendre mon nom et lui exprimer les sentiments dont je suis pénétré pour lui.

A présent, s'il me prend fantaisie de m'égayer encore sur la suffisance comique d'un Poëte mouche, qui croit ingénucment faire tourner la terre parce qu'il tourne avec elle, je le prie de s'épargner la peine de transcrire les lieux communs qu'il a appris sur les écrits anonymes, et de permettre que je sois toujours anonyme.

L Auteur du n° // du Cabinet de Lecture,

* CeUe réplique de l'auteur du Cabinet de lecture parut dans le Journal de Paris, du 5 mars.

RÉPONSE AU No V DU CABINET DE LECTURE*.

ai reçu hier une lettre de Fauteur du n" II du Cabinet de Lec- . 11 a dû recevoir ma réponse - le même jour : elle sera publiée ; plusieurs journaux. Puisse-t-elle suffire à son instruction!

Ce 6 mars 1792.

Marie-Joseph Chénier.

in ION AU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA COMMUNE DE PARIS s.

Monsieur le maire, Messieurs, ans quelques jours nous posséderons au milieu de nous nos ?s, les soldais de Cbâteauvieux. Leurs fers sont toi^|K38 à la voix l'Assemblée nationale ; leurs persécuteurs sont échappés au ve de la loi, mais non pas h Tignominie. Bientôt ces soldats géîux reverront le Champ-de-Mars, où leur résistance au despole a préparé le règne de la loi; bientôt ils embrasseront leurs es d'armes, ces braves gardes françaises, dont ils ont partagé la ibéissance héroïque.

ne bienfaisance fraternelle et des honneurs éminents acquitte- ., envers les soldats de Châteauvieux, la dette que la patrie a

oubliée, le 7 mars, dans le Journal de Paris.

ja nouvelle lettre dont Marie-Joseph parle ici ne nous parait pas 'avoir

is paru dans les journaux. Nous l'avons cherchée en vain. .

lette pétition fut publiée dans presque tous les journaux, entre autres

le Moniteur et le Patriote français du 28 mars, et dans le Courrier

çais du 29. Elle avait été préi>enlée, le samedi 24 mars, à la municipa-

« Samedi dernier, dit le Courrier français, plusieurs citoyens se sont

intés à la municipaiilc. A leur têle étaient M. Chénier et mademoiselle

>igne. Us ont été introduits dans la salle où le corps municipal tient ses

:es, et ils ont parlé ainsi : (Suit la pétition). Cette pétition a été vive*

applaudie. Le corps municipal s'est empressé d'accueillir l'idée qui lui

présentée par ses concitoyens, et il a pris en conséquence l'arrêté sui-

: (Suit l'arrêté). Dans cette même séance, il a été fait la molion de faire

traître de la salle du conseil général de la Conunune les bustes de

de Lafayette et Bailly; mais la proposition a été rejetée à une majorité

nquante- huit voix contre quarante. Etc. >

contractée. Ainsi, les efforts du ciTisme seront à jamais encouragés. Cette fête touchante sera partout Feffroi des tyrans, Tespoir et la consolation des patriotes ; ainsi, nous prouTeroiis à TEuropc que le peuple nVst pas ingrat comme les despotes, et qu^une nation devenue libre sait récompenser les soutiens de sa liberté comme elle sait frapper les conspirateurs jusques sur les marches du trône.

De nombreux citoyens nous ont chargés auprès de tous d'une mission que nous remplissons avec confiance et avec joie. Ils vous invitent, par notre voix, à être témoins de cette fête, que le rivisnie et les beaux-arts vont rendre imposante et mémorable. Que les magistrats du peuple consacrent, par leur présence, le triomphe des martyrs de la cause du peuple ; ils ont conservé dans les fers cette liberté intérieure et morale que tous les rois ne peuvent ravir. La patrie a gravé sur leur chaîne le serment de viwe libre ou de mourir^ comme elle Ta gravé sur les épces et sur les piques nationales, conmie elle Ta gravé dans vos cœurs, dans les nôtres et dans ceux de tous les vrais Français.

Marie-Josbph Chéhier, TnÉRo'iGNE, David, Hion, etc.

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