RÉPONSE AU N° II DU CABINET DE LECTURE
Ce 2 mars.
Oui, M., j*ose avoir une opinion sur les Sociétés des Amis de la constitution : je les crois non-seulement utiles, mais nécessaires à la liberté. J'espère combattre avec avantage les très-faibles raisonnements sans cesse renouvelés contre leur existence. Je compte surtout réfuter la proposition de les anéantir, proposition tyranniquc, et qu'on ne peut exécuter sans al)jurer la déclaration des droits et la constitution, Je publierai sous peu de jours mon opinion molivée. Lisez-la, M., puisque vous avez la prétention de savoir lire : en attendant, permettez-moi de vous faire descendre à votre place, et de rester h la mienne. Vous gardez l'anonyme, et quand vous signeriez vos ouvrages, je conçois que vous serez toujours parfaiteces articles humorisliques : « Cinq honnêtes citoyens de Paris... se réunissent presque tous les jours dans un cabinet de lecture pour y lire les.papers publics... Parmi les réflexions que leur suggèrent les lectures qu'ils ont faites, il en est peui-êlre qui ne sont pas indignes de l'attenlioa des bons esprits. ; elc. » Presque tous ces articles sont anonymes. Cependant, plusieurs sont certainement de Suard (1 en est quelques-uns signés de ses initiales), et d'autres de Morellet. 11 se pourrait que les articles, où Marie- Josepli lut attaqué, fussent de Suard.
* Cette réponse fut publiée dans le Journal de Paris^ du 3 mars, et reproduite, le 7, dans le Patriote français.
ment ignoré. Quant à moi, libre avant la révolution, depuis 1789, I j'ai payé quatre fois au théâtre ma dette de littérateur patriote, cl l'indulgence publique a toujours accueilli mes travaux. C'est une raison pour avoir beaucoup d'ennemis, mais ce n'est pas une raison pour les craindre. Observez, M., que Charles IX, Henri VIII, Calas ci Caïus Gracchîis, influeront sur Topinion publique, et serviront la liberté sur tous les tbéàtres de France, quand les valets des ministres, et les écrivains tels que vou^, seront plongés dans Toubli. Je vous remercie sincèrement de m'avoir épargné l'opprobre de votre estime, et je suis fâché qu'un homme de mérite comme mon frère soit insulté par vos éloges.
Marie-Joseph Ghénier.