‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 114 sur 121 · LETTRE AUX AUTEURS DU JOURNAL DE PARIS · texte numérisé non relu

LETTRE AUX AUTEURS DU JOURNAL DE PARIS

Ce 5 avril 1792.

Messieurs,

jH municipalité de Paris consacre, par sa présence, la fête des

lats de Châteauvieux. Le courage et l'éloquence du patriote

C'est une grande erreur de l'éditeur de 1840 d'attribuer à Roucher cette ■e anonyme, insérée, le 7 avril 1792, dans le quarante- quatrième suppléit du Journal de Paris. Toutes les lettres de Roucher, dans le Journal Paris, sont signées. Si nous donnons cette lettre, c'est uni(|uement parce

376 PIÈCES JOSTinCATIVES.

André Chénier transmettront à l'histoire le plus grand scandale qu^elle pourra reprocher à notre révolution ; mais ce qu^elie ne dira pas moins, cVst que lorsque tant de villes de France s^empressent de rendre des honneurs funèbres au vertueux maire d'Ëtampes; lorsque l'Assemblée nationale vient de s^honorer éminemment en immortalisant la mémoire de ce martyr de la loi, la municipalité de Paris, au lieu d'acquitter la reconnaissance de la capitale envers le maire d'une ville, qui s'est immolé pour défendre le pillage de ses subsistances, la municipalité de Paris préfère de marcher à la suite d'une foule égarée par des factieux qui vont insulter à la loi sur l'autel de la patrie ! Le vertueux Simonneau est mort |H)ur nous, pour nos femmes, pour nos enfants, et la municipalité de Paris va célébrer le triomphe de soldats, égarés sans doute, mais qui ont versé le sang français et égorgé l'immortel Désilles!

(Ici le correspondant propose une fête en Vhonneur du maire (TÉtampeSf et il termine ainsi : )

Je ne signe pas, messieurs, parce que je n*ai pas le courage d'André Chénier. J'ai la faiblesse de craindre les proscriptions. Vous pouvez cependant dire mon nom à ceux qui, individuellement, seraient ambitieux de me connailre. «

Page 1