QU'ON PRÉPARE AUX SUISSES DE CHATEAUVIEUX
Le 27 mars.
L'amnistie, absolument nécessaire à la suite des troubles d'une révolution, où toutes les passions agitées ne peuvent guère se contenir dans les bornes du devoir, et font une foule
* L'édition de 1840 donne a gardèrent, » qui est Une faute évidente. C'est (( guidèrent, » qu'il faut certainement lire sur le manuscrit.
* Publié le '29 mars dans le trente-huitième supplément du Journal de Paris»
144 ŒUVaES POLITIQUES. [29 mars
de coupables qui ne sont pas tous des criminels, \ient de rendre la liberté aux soldais suisses du régiment de Châteauvieux ; et, par une conséquence admirable, la ville de Paris les reçoit dans son sein avec une pompe triomphale*.
Les Romains gravaient sur l'airain les exploits des généraux à qui Ton accordait le triomphe, et leurs titres à ces grands honneurs, qui faisaient de la gloire la récompense de la vertu et échauffaient le cœur des citoyens d'une émulation toute au profit de la chose publique.
J'imagine que la ville de Paris suivra cet exemple, et que ceux qui seront témoins de cette superbe entrée liront sur le char de victoire * :
« Pour s'être révoltés à main armée, et avoir, répondu à la lecture des décrets de l'Assemblée nationale, qui les rappelaient à leur devoir, qu'ils persistaient dans leur révolte ;
(( Pour avoir été déclares criminels de lèse-nation au premier chef, par un décret de l'Assemblée nationale, du lundi 16 août 1790;
« Pour avoir pillé la caisse de leur régiment ;
« Pour avoir dit ces mémorables paroles : Nous ne sommée pas Français ; nous sommes Suisses ; il nous faut de ï argent'^;
^ C'était bien, en effcl, non pas la population, mais, comme le dil André Chénier, la \illc de Paris. Le 24 mars, une pétition, signée de Marie-Joseph Cliénicr, Théroigne, David, elc., avait été adressée à la municipalité de Paris, pour lui demander d'assister à la fêle; et, par une délibération, en date du même jour, la municipalité avait décide qu'elle se rendrait à l'invitation. Voyez, à la fîn du volume, la pétition et l'extrait de la délibération.
^ Tout ce pas^agc fut reproduit dans le Spectateur et tnodérateur, du 31 mars, et dans le Journal de la cour et de la ville, du !•' avril- « M. André Chénier, dit le premier, qui n'est pas le véritable, heureusement pour lui, propose, etc. t> « M. André Chénier, dit le second, qu'il faut bien se garder de confondre avec Chénier-Pradon, propose, elc. »
^ Celte réponse des Suisses de Châteauvicux fut, en effet, rapportée à J'Assemblée nationale p.ir M. Pêchelochei aide de camp du général La-f