DES PRÉPAHATIFS DE LA FÊTE
scélérats furieux. Si c'est à ce sang qu'on offre des sacrifices expiatoires, je n*y vois de répréhensible que le choix des sacrificateurs ; et la mémoire des gardes nationaux parisiens, tués au Cliamp-de-Mars, sera mal honorée par la présence de ceux qui ont tué les gardes nationaux de Metz. Mais ce sont ces gardes nationaux parisiens eux-mêmes que l'on nous représente ici comme des ennemis et des meurtriers, pour avoir retardé au moins de quelques mois le règne des fanatiques et des fripons ; pour avoir, au nom de la loi, appelés par leurs chefs et par les magistrats, repoussé les violences d'énergumènes qui, le matin, s'étaient souillés de deux meurtres^, et qui, interprètes des volontés d'un Brissot et d'autres personnages semblables, avaient affiché avec menace le dessein de changer la constitution et la forme du gouvernement ', et de soumettre l'Assemblée nationale et la France à l'empire des clubs et de cinq ou six Démosthènes de halle. Quel est le citoyen qui n'est pas imbécile et qui peut avoir oublié tout cela ? Si c'était véritablement une juste et louable horreur pour l'effusion du sang humain qui excitât cet enthousiasme, d'autres soldats suisses offraient une occasion de le manifester d'une manière non équivoque. Les soldats de Ghateauvieux,
^ Ayanl la collision entre^la garde nationale' et le peuple, deux personnes, arrêtées sur l'autel de la patrie, avaient été assassinées. On n'a jamais su au juste ce qu'elles étaient et quelles étaient leurs intentions; mais ce qui est certain, c'est que le peuple, dans son horrible manie des exécutions sommaires, les avait massacrées et mutilées.
* C'est Brissot qui avait rédigé la pétition qu'on devait signer sur l'autel de la patrie pour demander la déchéance de Louis XVI. Mais le décret du 16 juillet 1701 ayant modifié la situation, cette pétition se trouva comme non avenue. Une nouvelle rédaction étuit nécessaire. C'est alors qu'une autre pétition fut, séance tenante, rédigée et signée sur l'autel de la patrie. Cet événement avait amené une foule énorme au Champ-de-Mars. Le faubourg Saint-Antoine avait traversé Paris pour s'y rendre. Cette manifestation était séditieuse au premier chef, puisqu'elle était une révolte ouverte contre les décrets de l'Assemblée nationale; il était nécessaire de la disperser, ce que Bailly et Lafayette exécutèrent avec une grande énergie, aidés par la garde nationale.
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révoltés contre leurs chefs, rebelles à toutes les lois, ont fait feu sur les citoyens français armés par et pour la loi. Les soldats d'Ernest^ ont été observateurs de la discipline et soumis à leurs chefs, jusqu'à déposer leurs armes, dès qu'ils en ont reçu Tordre, devant des agresseurs armés malgré la loi. N'eûtil pas été plus sage et plus utile de consoler ces braves militaires d'un injuste aftront, et de récompenser leur civique et douloureuse obéissance par des honneurs qui seraient à la fois un hommage à l'humanité et une leçon à tous les citoyens armés, de savoir quelquefois sacrifier même une sorte de gloire, pour en chercher une plus belle dans la soumission aux lois?
Citoyens de Paris, qui formez le plus grand nombre, hommes honnêtes, mais faibles, il n'en est pas un de vous qui, interrogeant son âme et sa raison, ne sente la force de ces vérités, ne sente combien la patrie et combien lui, son fils« son
^ L*éditeur de 1826, ne comprenant rien à ce passage, avait remplacé a les soldats d'Ernest » par c les soldats de Bouille, 9 altération grave qu'a reproduite Tédition de 1840. Le régiment d'Ernest était un des plus vieux régiments suisses au service de la France. Il avait tenu longtemps garnison à Marseille, el déplu par son esprit de discipline à la population de celte ville. On avait élé obligé de l'éloigner; mais on avait eu la malencontreuse idée de l'envoyer à Âix, à une trop courle distance de son ancienne garnison. Le 27 février 1792, sous prétexte que la tranquillité publique était menacée par les aristocrates et par le régiment suisse, quatre mille Marseillais, armés, se portèrent à Âix. Une collision était imminente, mais la municipalité ordonna aux Suisses de rentrer dans leur caserne. Le commandant militaire de la ville, Puget- Barbantane, conseilla au régiment suisse, s'il ne lui en donna pas l'ordre formel, de rendre ses armes. Le major fut obligé de prendre ce parti, et ces soldais se laissèrent désarmer, dévorant sans murmures une telle honle, et donnant ainsi le plus bel exemple d'obéissance aux autorités constituées. Dans la séance de l'Assemblée législative du 6 mars, le ministre de la guerre donna dos éloges mérités à la discipline du régiment d'Ernest, et apprit à l'Assemblée que Puget-Barbanlane avait été sus* pendu par ordre du roi. Le ministre voulut ensuite étouffer cette affaire, en faisant réarmer ce régiment; mais le conseil de Berne, froissé de cet aftront fait à un régiment suisse, écrivit à Louis XYI une lettre très digne, datée du 16 mars, dans laquelle il faisait savoir au roi qu'il avait donné l'ordre aa rè^imeul d'¥iTrkfi,«\. ^<& xenUer en Subse.