‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 55 sur 121 · RÉPONSE A COLLOT-D^HERBOIS · texte numérisé non relu

RÉPONSE A COLLOT-D^HERBOIS

Ce 8 avril 4702.

Plusieurs de ces auteurs [qui, depuis quatre années, salissent le titre de patHote en Tassoeiant à leur nom, et qui traitent de mauvais citoyen quiconque les déteste et les méprise, c'est-à-dire tout ce qu il y a sur la terre d'hommes vertueux qui font usage du sens commun, me prodiguent depuis quelque temps le seul suffrage qui puisse me flatter de leur part, je veux dire leurs injures. Ce qui m*a surtout altiré ce débordement de leur bile, c'est la franchise avec laquelle je me suis élevé contre l'odieux triomphe préparé à des soldats qu'une justice sévère avait placés aux galères, et qu'une justice indulgente et miséricordieuse en a retirés. De tous ces auteurs, celui qui signe Collot-d'Herbois est celui dont le mécontentement s'est exprimé avec le plus de rage et de fiel, et qui a le mieux prouvé que ce n'est pas en vain que l'on appelle vulgairement les injures des sottises. Je n'essayerai pas

* Publié, le 10 avril 1792, dans le Journal de Paris, dans le corps même du journal et non dans un supplément. Depuis la publication du programme de la fête, le Journal de Paris avait inséré diverses lettres qui s'élevaient contre ce projet, et dans son numéro du i" avril une lettre de Roucber, qui avait refusé d'être nommé délégué de n section. Cette polémique avait déjà excité la colère des ordonnateurs de la fête ; l'article précédent d'André Chénier avait mis le comble à leur fureur. Le 4 avril, dans la séance des Jacobins, Collot-d'llerbois était monté à la tribune et, pour nous servir des termes mêmes du Journal des Jacobins, du 6, avait lu a un discours, en réponse à des notes barbares insérées dans divers papiers publics, et en particulier dans le Journal de Paris, par MM. Roucher et André Chénier, contre les soldats de Châteauvieux. » Voyez, à la fin du volume, un extrait du discours de CoUot-d'Herbois. C'est à ce discours que repond André Chénier. Le Moniteur^ du 10 avril 1792, en publia des fragments; mais le rédacteur a surtout reproduit la partie qui se rapporte à un Mémoire sur l'affaire de Nancy, par le major du régiment de Salis-Samade.

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