‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 56 sur 121 · RÉPONSE A COLLOT-D'HERBOIS · texte numérisé non relu

RÉPONSE A COLLOT-D'HERBOIS

d'être son rival dans cette éloquence, qui est la sienne. Mais il me menace de m attaquer devant les tribunaux, comme un lâche calomniateur : je réponds que je le somme de cette promesse, dont j'attends leffet avec tranquillité, ou, pour mieux dire, avec impatience. On verra de quelles calomnies il me prouvera coupable ; et Ton verra si je serai regardé comme un /dcAa pour avoir, seul et sans soutien, démasqué et dénoncé à la France entière une poignée d'effrontés saltimbanques qui envahissent Tempire au nom de la liberté, et jui osent décorer du nom de vœu du peuple leurs insolents caprices et leurs fantaisies tyranniques.

Il dit que je suis un hypocrite qui ne pense pas un mot de ce quildit; que j'appartiens à un parti ; que je suis Fagent et rinslrumenl d'intrigues et de manœuvres, etc. Toutes ces imputations n'admettent d'autre réponse que celle-ci : M. COL- LOT-D'HERBOIS A MENTI. Mais, pour cette calomnie, je ne le citerai devant aucun tribunal ; car, et lui et ses pareils sont jugés depuis longtemps au tribunal de tous les hommes dont l'opinion vaut quelque chose.

Au reste, M. Collot-d'Herbois et tous ses admirateurs, et toutes les Sociétés qui les applaudissent, auront beau s'irriter de ce que j'écris et crois utile d'écrire, je n'ai à leur répondre que ceci : c'est que, en prenant la plume, je n'ai pas'eu dessein d'écrire jamais des choses qui pussent leur plaire*.

André Chénier.

* Nous avons jugé inutile de reproduire dans ces notes les injures qu'André Chénier s'attirait chaque jour des journaux patriotes par ses courageux articles. Le journal de Gorsas l'attaquait presque dans chaque numéro; voyez, au sujet de cet article, le Courrier des quatre-vingttrois départements^ du 11 avril.

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