‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 86 sur 121 · SUR LE GÉNÉRAL LAFAYETTE · texte numérisé non relu

SUR LE GÉNÉRAL LAFAYETTE

Il a eu raison de s'annoncer comme parlant au nom de tous les honnêtes gens> puisqu'il n'a fait réellement que leur prêter une voix familière aux oreilles de la liberté, chère à la constitution, et à qui la patrie, tant de fois servie, donne plus de moyens de persuasion et plus de droits à la confiance, en rappelant à nos représentants et à tous les citoyens la fidélité

municipaux, conclusion qui fut repoussée par le conseil. Voyez le rapport de Rœderer dans la Chronique de cinquante jours y p. 116-136. Brissot, d'ailleurs, en fit lecture à l'Assemblée, dans la séance du 13 juillet, en l'appelant a un chef-d'œuvre de discussion et de méthode. D

* Voici une des rares comparaisons qu'on renconlre dans les œuvres en prose d'André Chénier. Il s'est certainement souvenu du célèbre passage du quinzième chant de l'Iliade, où Homère compare Ajax, combattant sur les navires, à un voltigeur habile, debout sur quatre chevaux et, pendant leur course, passant sans cesse de l'un à l'autre.

^ Ce fragment est la première rédaction de la fin de l'article qu'il publia dans le Journal de Paris, du 10 juillet. Voyez donc, page 252, les notes concernant ce passage.

scrupuleuse que nous avons tous jurée à la constitution, en dénonçant au châtiment des magistrats les indignes auteurs ou complices d'attentats qui ont mis TÉtat dans le plus grand péril qu'il eût encore couru, en éveillant toutes nos craintes sur les projets et les fureurs de cette hydre jacobine qui attaque Tune après l'autre toutes les autorités légitimes, et menace de dévorer le gouvernement et les lois de Tempire ; il n'a fait que revêtir de l'éclat que donnent à ses paroles quinze ans d'une renommée acquise par le courage et par la vertu ; il n'a fait que proclamer, avec une solennité trop nécessaire, le langage constamment tenu par tous les honnêtes gens, et longtemps imité par ceux qui longtemps feignirent de l'être. Certes, si, pour nous alarmer sur les suites de pareils attentats impunis; si, pour nous découvrir l'abîme où nous précipite cette horde de tyrans et de fanatiques, il avait eu besoin d'emprunter d'autres lumières que les siennes et d'autres témoignages que le sens commun et que la conscience de tous les Français, ce n'est pas, comme Ta prétendu un journaliste, que d'ingénieuses noirceurs et de tristes bouffonneries rendent piquant au goût de ceux qui ne sont point révoltés par l'imposture, la mauvaise foi la plus basse, ce n'est pas aux manifestes de Léopold et de Kaunitz qu'il eût été obligé de recourir, il aurait allégué des autorités d'un plus grand poids sur les bons citoyens et sur les sages ; il eût par exemple cité VÉloge de Franklin..,

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