‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 121 sur 160 · La société des Jacobins · texte numérisé non relu

La société des Jacobins

2. 11 a employé ce fragment à l.i fi.i iK' t^u;» article du 26 février sur les Jacobins, voyez pajjc 133.

vent... et pour se donner une réputation de civisme...

.... Tous CCS orateurs qui sentent profondément combien il est plus aisé de proscrire que de raisonner.

.... (L'Assemblée nationale) trouve toujours dans elle, si je puis m'exprimer ainsi, une obstruction monstrueuse qui la suffoque et empêche tous ses mouvements '.

.... El on ne les trouvera ni dans les fureurs apostoliques du prêtre Fauchet, ni dans les inepties ampoulées et souvent atroces, avec lesquelles M. Démoslliènes Isuard^ enivre les tribunes d'une admiration si flatteuse.

.... Et beaucoup d'autres exemples de celte tendre pitié pour des scélérats, qui n'est qu'une cruelle et insolente dérision des gens de bien.

1. C'est de l'Assemblée nationale législative qu'il dit cela.

(B. (le F)

2. Isnard, député du Var à l'Assemblée législative. Démosthéacs n'est qu'un suinoin, il s'appelait Yalenlin.

;oo

ŒUVRES l'OLlTIOUES

.... A voir l'opinion publique là où elle est, et non plus dans les applaudissements futiles de quelques centaines d'oisifs ignorants ^

.... Et ne laissez plus quelques furieux appeler liberté Taiidace impunie des scélérats et l'effroi des gens de bien.

.... Il est beau, il est même doux d'être opprimé pour la vertu -.

NOTES SUR LE PROCÈS DE LOUIS XVI s

La Commune de Paris défendant par un arrêté exprès à tous ses commissaires au Temple *, de rien insérer dans leurs rapports qui puisse intéresser pour la personne des prisonniers Ils n'ont pas même voulu

qu'on pût les plaindre. Certes les passions baineuses

1. Dans son article du 26 féviier, il a dit : < Quelques centaines d'oisifs, réunis dans un jardin..., sont elTro:itonient appelés le peuple. » Voyez page 126.

^1. Voyez l'article du 2'.» mars, page 148.

3. Publiées d'après les manuscrits autographes dans l'édition de 18 V3.

4. Les cinq cominissairos de la Commune furent nommJs le 2\ scplemltre.

ŒUVUES POLITIQUES 301

et malfaisantes doivent de tout temps avoir eu le même désir ; elles doivent avoir souvent, dans le secret et dans l'ombre, donné les mômes ordres à leurs complices et à leurs agents ; mais a-t-îl existé un seul exemple de magistrats qui, tous ensemble et devant les yeux de tout un peuple, aient osé faire parade d'un acharnement aussi lâche, mettre au jour, avec cette franchise, l'idée qu'ils ont de leur puissance et l'aveuglement de la corruption générale, et professer hautement par un acte public un aussi tranquille dédain pour l'honnêteté et pour la vertu, un aussi entier abandon de toute pudeur et de toute morale, une aussi choquante incrédulité à la morale d'autrui?

Diio;it-iIs, feront-ils dire parleurs écrivains, que le peuple pouvant être juge, ils ont voulu, ils ont dû. prémunir son cœur contre les séductions de la pitié? Mais si cela est ainsi et si leur dessein ne fut en effet que de maintenir le peuple dans cette impassibilité qui convient à des juges, ne devaient-ils pas aussi le prémunir contre les égarements de la colère et contre les emportements de la haine? Pourquoi donc ont-ils au moins souffert que chaque jour les places, les carrefours, les jardins publics retentissent de nouveaux libelles où toute discussion est représentée comme un délai perfide, tout sentiment humain dénoncé comme une trahison ; oi^i les fureurs populaires sont aiguillonnées tantôt par des louanges, tantôt par des reproches d'indulgence et de mollesse ; où la calomnie et l'injure vomissent sur des infortunés tout ce qu'elles ont d'ordures plus viles et plus grossières? Pourquoi ont-ils écouté, applaudi, adopté les discours de ceux

de leurs orateurs qui ont mis leur gloire à être non les surveillants, mais les persécuteurs de Louis, et qui ont voulu se montrer plus habiles que leurs collègues à rendre sa captivité humiliante, à éteindre jusqu'à l'espérance dans l'àme d'une famille qui n'avait plus d'autre bien, à travestir en ridicule ses paroles ou ses actions les plus innocentes elles plus simples? Grand Dieu ! c'est parmi des hommes, c'est parmi des magistrats, c'est parmi les mandataires d'une ville immense, que la chute, les larmes, l'abandon d'un père, d'une femme, d'une sœur, d'enfants en bas âge précipités d'un palais dans une prison, renfermés séparément comme pour les priver de souCTrir ensemble *, comme pour leur faire souQrir à chacun les maux de tous, n'excitent que FinditTérence ou l'insulte ! C'est là que leurs besoins, leur dénûment , leurs plaintes, leurs souvenirs et les soulagements qu'ils cherchent au poids de leur existence, soit dans la conversation des bons livres, soit dans les espérances d'une autre vie moins vraisemblables et moins consolantes sans doute pour les oppresseurs que pour les opprimés, sont l'objet ou d'invectives furieuses ou d'abominables railleries !

Pease-t-on qu'ils aient cru eux-mêmes que rien de

tout cela lut prouvé? qu'on lise leurs opinions

L'un dit que Louis est coupable par cela seul qu'il a été roi ; un autre dit que les crimes de Louis XI et de

1. L'arrêté de la Commune pour la séparation du roi et de sa faraille est du '■20 septembre.

ŒUVRES POLITIQUES 30a

Charles IX sont accumulés sur la tôle de Louis XVI et demandent so:i supplice. La plupart se récrient contre les formes qu'on invoque, ctc Ceux à qui plus d'esprit, de lumières et d'étude ont donné plus d'art pour déguiser des intentions pernicieuses et le désir de nuire, se bornent à dire au'il est honteux de procéder au jugement, si l'on n'a pas répondu à la défense. Tous avouent donc, etc., et c'est ce qu'avouent plus que les autres ceux qui prétendent qu'il faut ou faire périr le roi, ou faire le procès h la Convention et au 10 aoLif.

Ainsi, en faisant cette objection (que si l'on absout le roi on fait le procès à la nation), ils ne font que déclarer, par un aveu aussi maladroit qu'évident, que par la nation ils n'ont jamais entendu qu'eux-mêmes, et que si le roi se trouve innocent, etc., ils seiont, eux, des calomniateurs , etc.. ; en quoi je pense entièrement comme eux... Ils avouent par là, qu'en disant que la nation a prononcé, leur conscience n'est pas sûre que la nation ait prononcé... Est-ce persuasion chez eux ? Non, etc.

Ce n'est pas qu'ils croient ù ce qu'ils disent. Co n'est pas qu'ils se dissimulent, ou la fausseté de» faits, ou l'absurdité des raisonnements, ou l'infamie, etc.. Mais ils finissent par se persuader qu'à force de crier et de répéter, ils persuaderont aux autres ce qu'ils ne croient pas eux-mêmes.

Page 1