‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 131 sur 160 · Souvenir et imitation de ce passage d'Horace · texte numérisé non relu

Souvenir et imitation de ce passage d'Horace

amphora cœpit

Inslilui, currente rota, cur urceus exil?

Ars poetica, v. 2!, -2-2.

Paris, 21 avril 1792.

Comme j'ai passé la semaine presque entière à la campagne, je n'ai reçu qu'hier au soir, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire au nom de plusieurs bons citoyens comme vous. SoufTrez que je commence par les remercier bien sincèrement ainsi que vous, Monsieur, de tout ce que vous voulezbien me dire d'obligeant. Il m'est très-doux de voir q-'.c je ne perds point mes peines, lorsque je travaille à mériler l'estime des hommes de bien, et des patriotes qui ne sont ni Jacobins ni Feuillants, mais simplement constitutionnels, pour me servir de vos excellentes expressions.

Je vais maintenant vous exposer en très-peu de mots quelles sont mes idées sur le projet dont vous voulez bien me faire part. ^ Je n'ai pas besoin de a ous dire à quel point j'en approuve l'esprit et le but; mais je ne sais pas s'il renferme tout ce qui peut en assurer le succès, et dans le moment où nous sommes, lorsqu'on tente une chose de cette nature, il faut absolument réussir. Un grand nombre de citoyens, imaginant ne voir là qu'une espèce de rivalité, prendraient vivement parti pour ou contre, et cela môme donnerait

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