‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 134 sur 160 · Édition G. de Ciiénier · texte numérisé non relu

Édition G. de Ciiénier

matioii des subsistances (la population de celte ville est de quatre-vingt mille âmes, et les étrangers sont de deux ou trois mille), disant en outre que cette ville est un port assuré pour les citoyens tiedes. Ce sont leurs expressions. La municipalité a, en conséquence, lait faire tous les recensements et dénombrements nécessaires. Mais on assure et Ton ne doute point que tout cela se civilisera. Les sections sont pour les étrangers, qui se conduisent fort paisiblement, et qui font nécessairement une dépense utile à tous les ouvriers. Ainsi il paraît que tous les hommes bien intentionnés, qui n'ont eu, en venant ici, d'autre but que d'être tranquilles, seront laissés tranquilles en effet. J'ai envie d'aller voir Nantes; car, dans les inquiétudes où l'on est pour plusieurs personnes chères, je ne vois d'autres distractions que de courir et changer de lieu. Cependant je reste ici, et ne suis point déterminé à faire ce voyage. Vous pouvez m'écrire comme à l'ordinaire chez MM. Le C. et comp. Adieu. Je vous embrasse. Je me di^ souvent que dans l'état et dans la maison où vous êtes*, respecté de tous, excellent citoyen dans toute la force du terme, vous n'avez rien à redouter, et cependant je ne puis me défaire des inquiétudes que je vous ai déjà témoignées sur votre séjour à Paris.

i. .M. Je Chéiiier père demeurait alors rue Moalinartre, n° 182.

LETTRE DU CITOYEN BRODELETi

A ANDRÉ CHÉNIEr2

Citoyen,

Un habitant célèbre de l'Allemagne désire savoir de vos nouvelles. Il s'est adressé, pour en avoir, à ma fille qui vient de faire un petit voyage en Saxe. Je crois ne pouvoir mieux faire, citoyen, que de vous communiquer la lettre qu'elle m'a écrite. Veuillez, je vous en supplie, en me renvoyant cette lettre, me mettre en état d'y répondre, je vous en serai obligé.

Sans des occupations multipliées qui me retiennent constamment chez moi, je me serais fait un devoir d'aller chercher moi-même votre réponse.

XVU^ LETTRE D'ANDRÉ CHÉNIER

AU CITOYEN BROp^LET.

Paris, ce 28 octobre 1792.

Citoyen,

J'ai appris avec élonnement, par la lettre que vous m'avez écrite, que mon existence était parvenue jusqu'aux oreilles de l'illustre Wiéland, dont je ne connais que le nom et la célébrité, car je n'ai pas le

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