‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 143 sur 160 · PÉTION · texte numérisé non relu

PÉTION

LETTRE AUX AUTEURS DU JOURNAL DE PARIS i

27 février 1792.

On a publié, dans le Supplément au Journal de Pans, du dimanche 26 février, une opinion sur les Sociétés des Amis de la constitution; elle est signée André Chénier^. Beaucoup de personnes ont cru qu'elle était de l'auteur de Charles IX et de Caïus Gracchus. Je déclare que je n'ai point eu de part à cet article ; qu'il renferme une opinion directement contraire à la mienne , et que je me ferai tou-

1. Publiée dans le Journal de Paris, du 28 février i792. Plusieurs journaux la reproduisirent.

2. C'est l'article intitulé : De la cause des désordres qui troublent la France et arrêtent Vélablissement de la liberté, page ISS.

jours honneur d'être membre de la Société des Amis de la constitution, séante aux Jacobins de Paris.

Marie-Joseph Chénier.

Auteur de Charles IX, de Caïus Gracc/tus, etc.

LE CABINET DE LECTURE, No II t

M. André Chénier a fait imprimer, dans un supplément de votre journal, des réflexions pleines d'esprit, de raison, de courage et de talent, contre les excès des clubs jacobites. M. Joseph-Marie Chénier s'est donné la peine de pubher, dans une feuille de mardi dernier, qu'il n'était point l'auteur de ces Réflexions. Quel est l'homme ayant appris à lire, qui ait pu l'en soupçonner ? Quel rapport y a-t-il entre l'éloquence nerveuse des Réflexions d'André , et la triviale verbosité des préfaces de Joseph-Marie ?

M. Joseph-Marie Chénier prétend qu'il a une opinion directement oppsée à celle de M. André Chénier. M. Joseph- Marie est-il bien sur d'avoir une opinion sur ces matières?

M. Joseph-Marie se fait gloire d'être membre de la Société des Amis de la constitution ; cela est tout simple : il y a, dans cette Société, des hommes de mérite et de bons citoyens, dont l'association ne peut que faire honneur à

1. Publié dans le Journal de Paris, du le mars 1792. Un extrait du Cabinet de lecture, n* 1 {Journal de Paria, du 29 février], explique le titre de ces articles humoristiques : < Cinq honnêtes citoyens de Paris... se réunissent presque tous les jours dans un cabinet de lecture pour y lire les papiers publics... Parmi les réflexions que leur suggèrent les lectures qu'ils ont faites, il en est peut-être qui ne sont pas indignes de l'attention des bons esprits; etc. » Presque tous ces articles sont anonynnes. Cependant, plusieurs sont certainement de Suard (il en est quelques-uns signés de ses initiales), et d'autres de Morellel. Il se pourrait que les articles, où Marie-Joseph fut attaqué, fussent de Suard. (B. de F.)

M. Joseph-Marie. Mais pourquoi ne se fait-il pas honneur aussi d'être le frère de M. André Ghénier, dont le caractère, les principes et les talents ne peuvent qu'honorer ceux qui portent son nom ? Est-ce que cette fraternité n'est pas aussi honorable que d'être l'associé de MM. B., G., D., etc., etc. ?

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