‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 144 sur 160 · RÉPONSE AU N° II DU GABINET DE LEGIURE · texte numérisé non relu

RÉPONSE AU N° II DU GABINET DE LEGIURE

Ce 2 mars.

Oui, M., j'ose avoir une opinion sur les Sociétés des Amis de la constitution : je les crois non-seulement utiles, mais nécessaires à la liberté. J'espère combattre avec avantage les très-faibles raisonnements sans cesse renouvelés contre leur existence. Je compte surtout réfuter la proposition de les anéantir, proposition t3'rannique, et qu'on ne peut exécuter sans abjurer la déclaration des droits et la constitution. Je publierai sous peu de jours mon opinion motivée. Lisez- la. M., puisque vous avez la prétention de savoir lire : en attendant, permettez-moi de vous faire descendre à votre place, et de rester à la mienne. Vous gardez l'anonyme, et quand vous signeriez vos ouvrages , je conçois que vous serez toujours parfaitement ignoré. Quant à moi, libre avant la révolution, depuis 1789, j'ai payé quatre fois au théâtre ma dette de littérateur patriote, et l'indulgence publique a toujours accueilli mes travaux. G'est une raison pour avoir beaucoup d'ennemis, mais ce n'est pas une raison pour les craindre. Observez, M., que Charles IX, Henri VIII, Calas et Caïus Gracçhus, influeront sur l'opinion publique, et serviront la liberté sur tous les théâtres de France, quand les valets des ministres, et les écrivains

1. Cette réponse fut publiée dans le Journal de Paris, du 3 mars, et reproduite, le 7, dans le Patriote français. (B. de F.

tels que vous, seront plongés dans l'oubli. Je vous remercie sincèrement de m'avoir épargné l'opprobre de votre estime, et je suis fâché qu'un homme de mérite comme mon frère soit insulté par vos éloges.

Marie-Josepii Giiénier.

LE CABINET DE LECTURE, N» V i

J'ai lu, dans le journal de samedi, la grande colère de M. Marie-Joseph Chénier contre le petit paragraphe où j'ai pris la liberté de me moquer un peu de lui.

Comme les injures aussi spirituelles que modestes qu'il adresse à l'auteur du paragraphe supposent qu'il ne me connaît point du tout, je ne dois pas le laisser plus longtemps dans l'erreur; mais comme aussi les circonstances oii nous nous trouvons sont malheureusement trop sérieuses pour que le public prenne quelque intérêt à de si futiles débats, j'ai pris le parti d'écrire par la petite poste à M. Marie- Joseph Chénier, pour lui apprendre mon nom et lui exprimer les sentiments dont je suis pénétré pour lui.

A présent, s'il me prend fantaisie ne m'égayer encore sur la suffisance comique d'un Poète mouche, qui croit ingénuement faire tourner la terre parce qu'il tourne avec elle, je le prie de s'épargner la peine de transr^rire les lieux communs qu'il a appris sur les écrits anonymes, et de permettre que je sois toujours anonyme.

V Auteur du n^ II du Cabinet de Lecture.

\. Cette réplique de l'auteur du Cabinet de lecture parut dans le Journal de Paris, du 5 mars. (B. de F.)

REPONSE AU No V DU CABINET DE LECTURE i

J'ai reçu hier une lettre de Fauteur du n» II du Cabinet de Lecture, Il a dû recevoir ma réponse 2 le même jour : elle sera publiée dans plusieurs journaux. Puisse-t-elle suffire à son instruction!

Ce 6 mars 1792.

Marie-Joseph Ghénier.

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