‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 151 sur 160 · PÉTION · texte numérisé non relu

PÉTION

LETTRE AUX AUTEURS DU JOURNAL DE PARIS

(kxtrait)

Ce 12 avril 1792.

Bravo! Ghénier, bravo! Éleuthère a, bravo ! Naudeville3, vous avez dit le vrai mot : on n'avait vu d'abord que l'horreur d'une pareille fête, et surtout les détails fanatiques et abominables qui devaient l'accompagner

C'est vous, éloquent Ghénier, c'est vous, Éleuthère, vous, Naudeville, qui les premiers avez provoqué la sainte insurrection de la loi ! vous avez ouvert à vos concitoyens les pages à demi-effacées de notre constitution; vous avez proclamé ces paroles sacrées, l'exorcisme, pour ainsi dire, des factieux : « Le Corps législatif a seul le droit de décerner les honneurs publics. »

Eloquent Chénier, à qui l'histoire a remis les pinceaux de Tacite pour peindre un jour nos nouveaux Domitiens, je n'ai pas tes talents, mais j'ai ton âme et ton courage; je me voue, comme toi, à la proscription qui attend les bons citoyens ; j'aime à recueillir tes paroles, à les répéter : « Il est bon, il est honorable, il est doux de -se présenter,

1. Celte lettre, qui rend témoignage au courage civique d'André Chénier, fut publiée, le 12 avril, dans le quarante-septième supplément du Journal de Paris. Voyez, dans le quarante-deuxième supplément, numéro du 5 avril, une lettre énergique du même, adressée à M. Aclocque, commandant général de la garde nationale de Paris.

(B. de F.)

2. Cet Eleuthère, grenadier de la ire légion de la garde nationale, s'était élevé vigoureusement contre la fête.

3. Voyez une lettre de ce Naudeville au maire de Paris, dans le Journal de Paris, du 13 avril, quarante-huitième supplément. Xaudeville n'est nullement un pseudonyme, comme le dit l'éditeur de 1840. Il était électeur de la section du Louvre {Almanach royal, de M'Ai). (B. de F.)

par des vérités sévères, à la haine des despotes insolents qui tyrannisent la liberté au nom de la liberté même ; et démasquer sans ménagement des factieux avides et injustes, est un plaisir qui n'est pas indigne d'un honnête homme. »

Bavard,

Commandant en chef du 9*^ bataillon de la 2^ légion de la garde nationale.

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