XXIV LE PROCES
citoyen Allain, sous quel rapport, ce qu'il pense de ses principes, et quelles sont les propositions qui lui ont été faites.
A répondu qu il connoissoit le nommé Allain depuis la force où il étoit détenu avec lui, qu'il n'a eu des relations avec lui que lorsqu'il fut à Lazare, qu'ils se trouvèrent d'abord de même chambrée, que des les commencements Allain cherchoit à se sauver à ce qu'il fit connoitre par ses discours , que même il dit à lui répondant puisque tu as été en Espagne dis-moi si c'est un bon pays et si je gagneroit ma vie, en ajoutant si je peut me sauver c'est dans ce pays que j'irai, que dans diverses conversations qu'alin a eut ave« le répondant il lui dit que s'il tenoit robespierre il l'étrangleroit que c' étoit un scélérat.
A lui demandé s'il n'a pas connoissance qu'Alin se fut servi d'un commissionnaii-e attaché à la maison pour faire passer la correspondance sans être visée.
A répondu qu'il avoit connoissance qu'un commissionnaire attaché a la maison il y a quatre ou cinq mois faisoit passer la correspondance secrette d'Alin avec un de ses amis détenus dans une autre maison, que cedit amis est sorti depuis qu'alors alin dit mon ami est sorti je ne serai pas longtems, qu'alors ayant changé de chambre il est survenu le citoyen Celle dans sa chambre et que ledit Allain me proposât si je voulois faire la chambre du citoyen Celle qu'il me payeroit aquoy j'ai répondu que je voulois bien ayant la fréquentation de sa chambre , ne se méfiant pas de moi il a toujours tenu ces mêmes propos et sollicité des citoyens Celle et Gautier de se sauver avec lui, et que si je voulois sortir avec eux, ils me donneroient neuf mille livres, aquoi je leur répondit que les portes seroient ouvertes pour moi je ne me sauverois pas pour cela, et lui demandoit comment ils pourroient se sauver, alors il me dit me donnoit neuf mille livres que c'étoit pour couper les barreaux du premier étage du corridor vis à vis la terrasse, qu'il se chargeoit d'avoir du monde du dehors.
A lui demandé s'il a connoissance que le concierge ait des égards pour divers détenus les plus riches.
' D'ANDRÉ GHÉNIER xxv
A rep. que le jour de décade jour auquel on ne vise les lettres pour personne, mais que par considération le concierge vise celles adressés à Celle.
A lui d* s'il a connoissance que le concierge ait reçu du vin en cadot de la part de Celle.
A rép, qu'il a connoissance que Celle portât un jour une bouteille de vin dit du pape au concierge que lui répondant s'offrit de la porter, mais que Celle lui dit qu'il aimait mieux la porter lui-même attendu qu'il avoit quelque chose à dire au concierge, qu'il reconnoit diverses bouteilles présentées à ses yeux pour être les mêmes que celles du vin d'ordinaire du fait usage le citoyen Celle.
A lui demandé ce qu'il pensoit de l'administrateur.
A R. ni bien ni mal, que cependant il sait qu'il se souIe avec le concierge, que toutefois qu'il y vient il mange avec lui, et qu'il croit que ce n'est pas ainsi que doit se conduire un administrateur.
A lui demandé s'il peut nous citer un jour ou il s'est apperçu qu'il etoit pris de vin.
A rep. qu'il ne pouvoit nous citer un jour, mj^is qu'il le voyoit souvent, qu'un détenu même pour lui avoir reproché ce deffaut fut transféré le lendemain.
Lecture faite audit citoyen des déclarations , et de ses réponses, a dit icelles contenir vérité y a persisté et a signe après avoir approuvé cinq mots rayés comme nuls.
Faro, Goquery.
Et de suite avons fait comparoître le citoyen Scelle l'avons interpellé de nous déclarer qu'elles étoient ses relations avec l'extérieur et qu'elles étoient les personnes qu'il fréquantoit le plus habituellement dans la maison.
A rep. (ju'il n'avoit de relations à l'extérieur qu'avec sa fille naturelle qui demeure rue de provence n^ 27 chez le citoyen Bataille son oncle vivant de son bien, qu'il reçoit encore son vin et son linge du nommé Antoine son homme de confiance de chez lui.
A lui demande s'il connoit le citoyen Allin aussi détenu et qu'elles conversations ils ont ensemble.