‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 21 sur 160 · XXVI LE PROCÈS · texte numérisé non relu

XXVI LE PROCÈS

A R. qu'il ne connoit Allain que depuis qu'ils sont à Lazare , et qu'ils n'avoit aucune conversation liée ne le voyant que pour le diner.

A lui demandé s'ils n'ont pas parlé quelquefois de divers députés, notamment de robespierre, Colot dherbois et autres.

A répondu qu'ils n'en ont jamais parlé en bien ni en mal.

A lui demandé s'ils ont eu quelques entretiens sur le Comité de salut public et de sûreté général, et si allin n'a pas quelquefois exalé son mécontentement contre lesdits Comités.

A r. que le cito3-en allin a put se trouver mécontent de sa détention , même il l'a pu dire, mais qu'il n'a jamais parlé contre le Comité de Salut public et de sûreté général.

A lui demandé si Allain n'a pas témoigné plusieurs fois le désir s'évader.

A r. qu'il n'en a nulle connoissance.

A lui 4eûiandé si Allain n'a pas dit en sa présence que touts les détenus seroient guillotinés tel étoit le vœu des deux comités réunis.

A r. qu' allin avoit pu dire plusieurs fois qu'il paroissoit que tous les détenus seroient guillotinés. Je lui observé que ceux qui n'avoient aucun reproche pouvoient être sans inquiétude.

A lui demandé si cependant lui répondant n'avoit pas témoigné le désir de l'évasion ayant été éfrayé par les discours d' allain.

A r. qu'un homme de son âge ne se laissoit point effrayer par un jeune homme comme celui-là, surtout attendant sa liberté à chaque instant.

A lui demandé s'il n'a pas été question entreux de sier un bareau d'une fenêtre du corridor du premier donnant sur les terrasses.

A r. qu'un jour étant à diner avec les citoyens gantier, isnard, allain, Coquery il fut dit que si on vouloit s'évader de la maison il seroit fort aisé en metant une plan.

D'ANDRÉ CIIÉNIER xwii

che qui correspondroit de la fenêtre du corridor du premier à la terrasse, que coquery présent dit mais il faudroit sier au moins un bareau , et pour cela faire il faudroit une sie d'horloger , ce propos est tombé et je n'en ai jamais entendu reparler.

A lui observé qu'il élude et qu'il ne répond pas à la question principale qui est l'offre qui a été faite de neuf mille livres.

A r. qu'il déclaroit n'en avoir jamais eu nulle connoissance, et que si l'offre en a été faitte ce n'a jamais été en sa présence, qu'il a servi la république depuis le commencement de la guerre en qualité inspecteur général des effets militaires des armées de réserve et de l'intérieur ainsi qu'en celui d'entrepreneur général des farines des hôpitaux militaires fix et ambulants de la république.

A lui demandé si le concierge ne lui remetoit pas des lettres le jour de décade comme d'autres jours.

A r. qu'il n'avoit jamais reçu de lettres les jours de décade et qu'il se trouvoit soumis à la règle générale.

A lui demandé s'il n'a jamais offert du vin au concierge.

A r. que non.

A lui demandé s'il ne lui en avoit jamais porté luimême.

A r. que non.

Lecture faite dudit interrogatoire a dit icelui y contenir vérité y a persisté et a signé après avoir approuvé dix mots rayés nuls.

Scelle, Faro.

Et de suite avons fait comparoitre le citoyen jean * françois gantier a lui demandé s'il connoit le citoyen allain, et si ledit allain ne lui a parlé différentes fois de robespierre et du comité de Salut public.

A rép. qu'il juroit qu'il n'avoit jamais entendu parler du Comité de Salut public ni de robespierre, que d'ailleurs il n'y a que quinze jours qu'ils dinent ensemble.

A lui demandé qu'els sont les principes que professent

xxviii LE PROCÈS

ledit Allain, s'il n'a pas témoigné plusieurs fois le désir de s évader de prison.

A r. qu'il avoit souvent montré de l'impatience d'être détenu, mais que c'étoit de n'être pas jugé, et non contre les autorités constituées.

A lui demandé si l'administrateur de la prison donnoit des ordres sévères, et s'il le donnoit toujours avec le sang frois que doit avoir un républicain.

A répondu que l'administrateur se conduisoit bien et que toute fois qu'il avoit parlé il avoit toujours mis la raison que sa place imposoit.

Lecture faite des demandes et réponses a dit icelles contenir vérité, y a persisté et a signé après avoir approuvé un mot nul.

Gauthier, Faro.

Et de suite et comparu le citoyen des Isnard aussi détenu a lui demandé s'il connoit le citoyen Allain quel sont les propos inciviques qu'il se sert soit envers les députés notamment robespierre ainsi que Gollot dherbois et divers autorités constitués, qu'il ait à nous répondre avec franchise.

A répondu qu'il connaissoit le citoyen allain comme étant son compagnon de chambrée, qu'il a pu parler contre robespierre, même qu'il l'a entendu parler souvent contre ce député dans des mouvements de vivacité.

A lui demandé ce qu'il lui a entendu dire contre ce député.

A répondu qu'il avoit entendu dire au citoyen allain que robespierre n'étoit pas juste et qu'il ne se rapelle pas du reste.

A lui demandé s'il n' avoit pas entendu dire par allain que robespierre étoit un scélérat , que tous les détenus seroient guillotinés tels étoit le vœu des 2 comités réunis.

A répondu qu'allain l'avoit dit diverses fois.

A lui demandé combien ils étoient lorsque allain a proféré ces paroles.

D'ANDRÉ ClIÉNIEIl xxix

A répondu qu'ils étoient à diner au nombre de quatre qui etoient allain, de scelle, gautliier et lui répondant.

A lui demandé quel jour on fit la proposition de scier un barreau pour sévader par la fenêtre du corridor du })remier vis-à-vis la terrasse, qu'els furent ceux qui offrirent neuf mille livres pour la reusitte dudit projet.

A rép. qu'il ignoroit le jour que cette proposition fut faitte atendu qu'il n'étoit pas présent, mais qu'il en a entendu parler depuis par un des camarades , qu'il ignoreparelement ceux qui ont offert la somme de neuf mille livres attendu qu'il ne veut compromettre personne sans être très-sur.

A lui demandé les noms des expretres qui frequantent allain.

A r. un nommé hebert et un nommé Ducoudret.

A lui demandé s'il a connoissance que le nommé De Scelle ait donné diverse fois du vin au concierge, et si le concierge n'a pas beaucoup plus d'égards pour les gens aisés, que pour la classe indigente.

A R. que n'étant pas souvent dans sa chambre il n'a pu découvrir les cadots que pouvoit faire de scelle au concierge, que quant à la conduite du concierge il s'est apperçu qu'il avoit en effet plus d'égards pour les gens aisés que pour les sans-culottes, que néantmoins il n'avoit rien à dire contre lui.

A lui demandé si l'administrateur se comportoit d'une manière à leur inspirer le respect dus axa. autorités constitués.

A r. qu'il se cona isoit parfaitement bien et d'une manière à adoucir le sort des prisonniers avec l'intégrité d'un homme probre et juste.

Lecture faite des demandes et réponses a dit icelles contenir vérité y persiste et a signé après avoir approuvé trois mois rayés nuls.

Desisnard, Fard.

Et de suite est comparu le citoyen allain.

in. b.

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