‹ ŒuvresChapitre 10 sur 16 · DU CHANT SEPTIÈME · texte numérisé non relu

DU CHANT SEPTIÈME

(*) «Dans la foule d'objets que nous présente ce vaste globe, dans le nombre infini des différentes productions dont sa surface est couverte et peuplée, les animaux tiennent le premier rang, tant par la conformité cpi'ils ont avec nous, que par la supériorité que nous leur connoissons sur les êtres végétants ou inanimés. Les animaux ont par leurs sens, par leur forme, par leur mouvement, beaucoup plus de rapports avec les choses qui les environnent que n'en ont les végétaux; ceux-ci , par leur développement, par leur figure, par leur accroissement et par leurs différentes parties, ont aussi un plus grand nombre de rapports avec les objets extérieurs que n'en ont les minéraux ou les pierres, qui n'ont aucune sorte de vie ou de mouvement; et c'est par ce plus grand nombre de rapports que l'animal est réellement au-dessus du végétal, et le végétal au-dessus du minéral. Nous-mêmes, à ne considérer que la partie matérielle de notre être, nous ne sommes an-dessus des animaux que par quelques rapports de plus, tels que ceux que nous donnent la langue et la main; et quoique les ouvrages du Créateur soient en eux-mêmes tous également parfaits, l'animal est, selon notre façon d'apercevoir, l'ouvrage le plus complet de la nature , et l'homme en est le chef-d'œuvre.

u En effet , que de ressorts , que de forces , que de machines et de mouvements sont renfermés dans cette petite partie de matière qui compose le corps d'un animal ! que

de rapports, que d'harmonie, qne de correspondance entre les parties! combien de combinaisons, d'arraDçements, de causes, d'effets, de principes, qui tous concourent an même but , et que nous ne connoissons que par des résultats si difficiles à cetnprendre , qu'ils n'ont cessé d'être des merveilles que par l'habitude que nous avons prise de n'y point réfléchir.

u L'animal n'a de commun avec le minéral que les qualités de la matière prise généralement; sa substance a les mêmes propriétés virtuelles; elle est étendae^ pesante, impénétrable comme tout le reste de la matière, mais son économie est toute différente* Le minéral n'ait qu'une manière brute, inactive^ iniensibla, n'agissant que par la contrainte des lois «de la mécanique, n'obéissant qu'à la force généraleiBbeRt répandue dans l'univers, sans oi«ganisatio&, 3910$ puissance, déni»^ de toutes facultés, même de cdle d^ ae reproduise; substance mfbrme, faîte pour être foulée aux pieds par les iMunoies et les ajnmmiL, laquelle, malgré le o«m 4e jnâal pimeiix^ n'en est pas moins méprisée par * le sage, et ne feut avoir qu'ime Takar arbitraire, toujours Mibordonnée à la volonté et dép^idante de la oenrentioB d^s hommes. L'ammal néimit tontes les puîssaiicet de la naljure , les forces qui l'anisient lui sont propres et partît çulières; il veut, il agit, il se détermine, il opèce, il comr miudiquis par ses sens avec les objets les plus éloignés; smi îndivjdn 'est un oentre^ où tout se rapporte, un point «à l'univers entier se réfléchit, un mofule en raccourci; voilà les rapports qui lui sont propres; ceux qui lui sont corn* muAs avec les végétaux sont les focultés de croître, At se développer, de se rcfunodoire, et de se multiplier. »

BOPFOIt.

(") L'ammoniaque seul distinguant leur esw^ce, A Pempire animé prête encor sa puissance.

Los végétaux se composent ^n général d'oxigène, 4'by-

DU CHAfîT VII.

dragène et de carbone; l'azote n'y existe qu'^n petite quantité, ou dans un petit nombre.

Il entre au contraire plus abondamment dans la composition animale, et comme son union avec Thydroçène forme Fammoniaque, ou Tatcali volatil, les matières animales traitées par le feu donnent beaucoup plus de cette dernière substance que la plupart des v^étaux.

L'ammoniaque est donc, jusqu'à un certain point, l'un des caractères du régne animal.

(') Qai l'eût dit que notre art , ainsi que des rameanz , L'nn sur raaire auroit pu grever des animaux ?

Trembley, en tenant deux polypes rapprochés pendant

quelque temps, les a vus se souder et n'en former plus qu'un

seul , dont la volonté et toutes les autres fonctions étoient

revenues à l'unité. C'est une des plus grandes merveilles de

la nature.

(^) Qui Teût cru, que des corps de ce vÎTant empire. Les membres mutilés pussent se reproduire ?

La salamandre aquatique, l'écrevisse reproduisent leurs pattes autant de fois qu'on les leur coupe , avec tons leurs os, tous leurf muscles, tous leurs vaisseaux et tous leurs nerfs. Il y a long-temps qu'on le sait pour l'écrevisse. Spallanzani et Bonnet l'ont démontré par des expériences réitérées à l'infini pour la salamandre.

(4) Ne voit-on pas du cerf, par un art menreilleux. Renaître tous les ans le branchage orgueilleux?

Le bois du cerf est de nature osseuse. Cest une proéminence de l'os frontal, qui naît et tombe régulièrement tous les ans jd ans les cerfs de nos pays; mais dont les chutes et les reproductions ont lieu à des époques plus variables dans ceux de la zone torride.

On voit d'abord paroitre un tubercule encore à demi cartilagineux , et recouvert de la même peau velue que le reste de la tête, jusqu^à ce qu'il ait acquis son parfait accroissement. Sous sa p^u est un véritable périoste sur lequel rampent des vaisseaux souvent gros comme le petit doigt , qui pénétrent dans tous les sens la masse du cartilage. Gelle<;i s'ossifie petit à petit comme tout autre os; elle passe par les mêmes états qu'un os de fœtus ou d'enfant , et elle finit par devenir jih '^^ parfait. Pendant ce temps, le bourrelet de sa base, entre les dentelures duquel passent les vaisseaux, se développe aussi. Ces dentelures, en grossissant, resserrent les vaisseaux, et enfin les obstruent. Alors la peau et le périoste du bois se desséchent, meurent et tombent, et l'os se trouvant à nu , ne tarde pas à tomber lui-même pour renaître de nouveau, et toujours plus considérable. On juge de l'âge des cerfs par le nombre des branches de leur bois, par sa grosseur et ses in^alités.

(') Cet éperon aiga dont les dieux Tont armé , Qu'un art capricieux le greffe sur sa crête, En corne végétale il grandit sur sa tête.

La greffe de l'ergot du chapon sur son crâne, est encore un de ces phénomènes mille fois observés et toujours inexplicables. Il y devient beaucoup plus long que s'il étoit resté à la jambe , où la nature l'avoit placé ; mais comment les vaisseaux du crâne se rattachent-ils à ceux de l'ergot? comment le sang passe-t-il régulièrement des uns aux autres? rien ne nous le fait encore concevoir clairement.

(*) Ce reptile gluant qui traîne sa maison , Qu'avilit l'ignorant, qu'admire la raison.

La reproduction des cornes, des yeux, du museau, d'une partie de la bouche de l'escargot, est aussi bien constatée que celle des jambes de la salamandre et de Fécrevisse.

On a même dit que cet animal reproduit son cerveau;

mais je pense qu'il aeroit bon de répéter l'expérience avec

plus de soin. Son cerveau est placé tellement en arrière ,

que les premiers observateurs, qui n'étoient pas anato-

mistes, ont pu l'épargner, sans s'en apercevoir, quand ils

ont coupé sa tète.

(7) Snr le ver à ton tonr abaissons nos regards.

Le ver de terre, l'espèce de ver d'eau douce qu'on appelle naïade, se multiplient par la section presque aussi complètement que les polypes.

Si on coupe le ver en deux , la moitié antérieure repousse

une queue et la postérieure une tête; si on le coupe en trois,

la portion du milieu pousse une tète d'un c6té et une queue

de l'autre. Bonnet est l'auteur de ces étonnantes décou-

vertes.

O Cesmoscles...

Les muscles sont les organes du mouvement volontaire, lequel résulte toujours des contractions de quelques tms d'entre eux. Leur substance est ce qu'on nomme la chair; elle se compose de fibres remarquables par la propriété exclusive d'être irritables , c'est-à-dire de se raccourcir avec effort quand elles sont touchées par quelque corps étranger, ou quand la volonté le leur commande par Tinterméde des nerfs. UirritMUté musculaire est le ressort général de tous les mouvements du corps animé.

(9) Ces tendons, ces membranes ductiles.

De l'esprit qui les ment instruments si dociles.

Les tendons sont des faisceaux de fibres blanches argentées non irritables , qui forment d'ordinaire les extrémités

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