T. XI. LES TB0I9 KÈOBBS. II. I I
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des muaclet , et qui serrent à les attacher aux 00 et aux au* très parties que les musdes sont chargés de^moUToir.
(**) Ce Télin dflicat qni rtcoOfre lenrt ot.
G^est le périoste, membrane fine et serrée qui enveloppe tous les os, et qui donne soutien et passage aux vaisseaux qui les nourrissent.
(") De Icfâr» embotcements le» fortes ligatnres.
Les ligaments, cordons ou rubans de substance fibreuse, qui joignent ensemble les os et les empêchent de se luxer.
(**) Cette haile dont le tac assouplit leurs jointures.
LUntérieur des articulations est rempli de synovie, liqueur onctueuse qui amortit les effets du frottement que les os exercent les uns contre les autres. Des organes très déliés , semblables ^ des filaments de velours , la séparent de la niasse du sang, et la versent dansia cavité qu'elle
occupe.
(•^ Le foie orateur, dont le crible en t>âtlaitt Se saisit de la bile et tamise le sanf^.
La fonction du foie est de séparer la bile de la masse du sang. Par-lày il prépare non seulement un liquide essentiel k la digestion , mais il débarrasse le sang de principes inflammables qui lui seroient nuisibles, et par conséquent il
concourt au même but que le poumon.
C^) Le cœur sar«toot, le omv, ce fiicèrt puiaMat, Le résenroir, la source , et le ressort du sang.
Chacun connoit aujourd'hui, ao moins d'une manière
gélïér^e^ la circulation perpétuelle du sangf^ mise dans tout son jour par le célèbre HarVey, dans le milieu du dixseptième siècle.
Le cœur est un composé de quatre muscles creux, dont les cavités se dilatent et se contractent alternativement pour admettre le sang dans leur intérieur ou pour l'en faire sortir. Des soupapes , placées à leur entrée et à leur sortie, dirigent constamment dans le même sens la marche rapide de ce fluide, et il parcourt ainsi un double circuit dont nous allons donner une légère idée.
La cavité noinmée ventricule gaudbe, pousse, quand elle se contracte, le sang dans Taorte et dans toutes les artères, qui le distribuent à toutes les parties du corps Sans exception, en se subdivisant en une infinité de petits vaisseaux.
Il revient de tous ces points par des veines originairement aussi petites que les dernières artérioles, mais qui, se réunissant toujours les unes aux autres, finissent par former un gros vaisseau ilommé veine-cave , lequel verse le sang dans Foreiliette droite du cœur. CelleH:i , en se contractant, chasse le sang dans le ventricule droit, qui, à son tout, le chasse dans le poumon^ par l'artère pulmonaire.
En circulant dans le poumon , le sang éprouve Faction de Tair nécessaire à la respiration ; il retourne ensuite par les veines pulmonaires dans Toreillette gauche du cœur, qui le conduit dans le ventricule gauche, d'où il reprend son cours ainsi que nous venons de le dire.
Le circuit que le sang fiait dans tout le corps, se nomme la grande circulation, et celui qu'il fait au i)oumon, la petite. Cest par la grande circulation que le corps est nourri. La petite n'a pour objet que d'aller puiser dans le poumon les principes nécessaires au renouvellement du sang altéré par la nutrition même à laquelle ce ffuide a concouru.
Cette petite circulation est telle qu'aucune goutte du sang qui vient des parties , ne peut y retourner sans passer par le poumon.
(•S) Un fluide, dic-on, dans les nerfs enfermé , •
Poorsnit rapidement son cours accoutumé ; Extrait divin du sang , esprit de la matière , Aussi pur que Téther, pins prompt que la lumière. Les sens parlent : soudain ces globules subtils , etc.
Cette belle théorie du mécanisme des organes de la pensée , offre quelque analogie avec celle décrite par Fauteur du poëme de la Nature, Le ministère des sens, Faction imprimée par Famé sur la mémoire obéissante, peuvent être comparés aux trois agents dont le poète romain compose Famé; il dit, chant III :
De l'ame et de l'esprit telle est donc l'alliance : Mais Tesprit cependant, source d'intelligence , A l'ame comme au corps peut imposer sa loi :
U les meut, les dirige, il leur commande en roi. Le cœur même est son tr6ne , en tyran il Thabite; Là frissonne la peur, là le plaisir palpite ; Des TÎces , des Tenus , là couve le ferment , Dans le cceur tout entier siège le sentimeqt. Répandue en nos corps , puissance subalterne , - L'ame attend de l'esprit Tordre qui la gouTerne ; Mais l'esprit, de lui-même arbitre et confident. Seul s'afflige , jouit , et régne indépendant.
PONOIETILLI.
(><) Voyei au fond des eaux ces nombreux coquillages ; La terre a moins de fruits , les bois moins de feuiUages : Tout ce que le soleil prodigue de couleurs , Les sept rayons d'Iris , l'émail brillant des fleurs , Les jets de la lumière et les taches de l'ombre , S'épuisent pour former leurs nuances sans nombre. ,
Ces beaux vers peignent admirablement bien Fétonnante
variété des formes et des Couleurs des coquilles, dont Pline a fait dans sa lang;ue un tableau si énergique.
In quibus magna ludentis naturœ varietasy tôt colomm diffsrentiœ, totfigurœ, planiSy concavis , longis , lunatis, in ùrbem circumactis, dimidio orbe cœsis, in dorsum elatis^ tevibus, rugaiiSy denticùlatis, striatis: vertice muricatim intorto, margine in mucronem emisso, foris ejfuso, intus replicato. Jam distinctione virguUUa, crinita, crispa: cunicuUuim, pectinatim divisa: imbricatim undata, cancellatim reticuUUa: in obtiqurnuy in rectum expansa: densata, porrecta, sinuata: brevi nodo ligatis, toto latere connexis^ad plausum apertis, ad buccinum recuavis.
Plimb , lib. IX.
('7) Là M montre un cadran ;
L'un en cuqne lirillant est sorti de son moule , ^ li'autre en vis tortueuse élégamment se roule. . .
La toupie cadran, trochus solarium, La partie inférieure /
de cette coquille est creusée en une spirale évasée si ré-» gulière, qu'elle rappelle tout-à-fait l'objet que son nom indique.
Les casques, les vis, sont d'autres coquillar^es qui ont reçu leurs noms de leurs formes.
V araignée est un strombe dont les bords se découpent en digilations longues, grêles et tortueuses, qui ressemblent un peu aux jambes des araignées.
La massue est un murex, la tiare une volute, etc.
Les peignes sont des bivalves communément nommés pèlerines. •
C) Cet autre est un vaisseau dont le petit nocîher. Son instinct pour boussole et son art pour étoile, y Est iiiî<«méme le mât , le pilote et la voile. *
U s'agit ici de Yargonaute : c'es| une coquille légère qui ressembla à une petite chaloupe; elle est habitée par un
poulpe, animal dont là tète est entourée et coarououfe de huit lon^ bras charnus. Les deux ks plus votsiBa du dos, se terminent par de larges membranes que Panîmal étend au vent et qui lui servent de voile; il abaisse les six autres bras, et s'en sert comme d'autant de rames pour vogpier k la surface des flots quand ils sont paisibles, ^il survient quelque agitation , il se retire tout entier dans le creux de sa coquille, et en la remplissant la fait aller à fond«
Oelille se rappeloit probablement le vers de Léandn, dans son épître à Héro ,
Idem navigiiim, ncriCa, Tector ego.
vers que Musée a litléralemeut emprunté d'Ovide.
( '9) Un antre moini henreiu joos un toil emprunté » ^ ^
Est contraint de cacher sa triste nuàhé.
Le b^rnard't ermite y sorte d,'éçrevîsse de mer, dont la
qiiçue est molle et sans écailles, mais qui a rinstinct de se
loger dans quelque coquille vide qu'elle rencontre %UJP
Le rivage , et qu'elle traîne par«tQut avQc elle. Quand ^^
devient trd^ grande pour sa maison, d'emprunt, elle en
choisit une autre sans s'arrét;er dç préféi;çnce à des espèces
deterpûnées.
{^) Obsenrons des oursins l'épineuse famille ,
Qui, de loDj^ javelots s'anoant de tontes paru, ^ Chemine au lieu de pieds sur des milliers de dards.
Les oursins y ou hérissons de mer, ont à peine la figure d'un animal : ils représeatent plutôt des châtaignes ou d'autres fruits épineux. Leur corps rond et pierreux est hérissé d'une quantité de piquants également pierreux, mais mobiles sur lewrs articulations, EntjrQ eux. spot des pieds charnus, pli^s non^reux epcore, di&po^ ^rès régu-
t «t Btuceptibles de te contracter ou de l'ëtendre prcM|ae comme le* comoB des limaçons : c'est sur eux que te nwut Toumn.
Lyoonet a compté plus de quatre mille muscles discernables dans la chenille du bois de saule.
l/cs points noirs que l'on aperçdlt k Textrëmité des cornes supérieures des escai^ots et des limaces, sont dq vëritables yeux, dans lesquels Sivammerdam a reconnu des membranes et des humeurs analogues à celles des yeux de l'homme et des grands animaux. ■
C) PrùoDnicT du» Topice et TcUI|nt cndomi , Lcpireiiciun'eriiicnDBirii qu'à demi.
Quoique l'on ait exagéré la lenteur dn pareaseux, die suffit encore pour justifier ces vers. Ses cuisses écartées horizontalement , ses pieds emmanchés avec ses jambes par le c6(é, lui refusent tont appui solide pour la course; ses longs bras l'embarrassent dans sa marche; ses doigts, enveloppés jusqu'aux ongles par la peau, ne peuvent s'écarter, et leurs articuladoDa ont si peo de mobilité, qu'elles se soudent entre elles, etc.
Cl Le loir rii mail nitien ('todon d'au doBi lepoa.
La léthargie b laquelle certains quadrupède», comme les
marmottes et les loirs, sont sujets pendant l'hiver, est un
des phénomènes les plus curieux dti règne aaunal. 11 a'éta*
bUt nos senlement un repos abaolu , une abstiuence oon-
pléte^ mab une insendibilitë telle, que Ton peut quelquefois les brûler, les déchirer en morceaux, sans qu'ils s'en aperçoivent; leur respiration et leur circulation diminuent encore par degrés au point de devenir presque nulles, et ils perdent la plus grande partie de cette chaleur animale , l'un des caractères les plus marqués de leur classe. En un mot, leur vie paroit complètement arrêtée; tous les -ressorts qui retiennent ou qui agitent les éléments de l'organisation semblent avoir perdu leur activité,. et cependant cette vie est maintenue : elle peut même être prolongée par cette léthargie au-delà de ses bornes naturelles. Il n'y a ni mort ni décomposition, et pour peu que le froid ou les autres circonstances nécessaires viennent à cesser, l'animal se réveiUe et reprend toutes ses autres fonctions ordinaires.
{*^) Cet immonde animal; enfant d'aneeaa dormante, Dorant trois jours entiers fati§aé son amante.
Le crapaud : il tient sa femelle ^embrassée quelquefois plusieurs semaines avant qu'elle ponde.
{^) Epoox'tendre et fidèle ,
- Aeconchenr Tigilant, il veille à cùté d'elle.
Il n'est rien de plus surprenant que les instincts variés des diverses espèces de crapauds , pour faire venir leurs 'Ceufs à bien, et sur-tout que les soins pénibles que les mâles prennent pour cet objet.
Dans l'espèce la plus commune, le mâle tire lui-même les œufs du corps de la femelle, enveloppés dans deux longs cordons de matière gluante. *
Dans une autre espèce de notre pays*, le mâle attache les œufs à ses cuisses, et les porte ainsi avec lui jusqu'à ce qu'ils soient près d'éclore, époque où il les dépote dans
qudque eau dormante, seul séjour où les têtards qui doivent « en nattre puissent subsister.
Il en est enfin une troisième espèce en Amérique, le pipa, dont le mâle fixe les œufs sur le dos de sa femelle. (iH peau de ce dos se renfle alors, et forme des cellules où les œufs et les petits restent enfermés jusqu'à ce qu'ils n'aient plus besoin de la protection de leur mère.
(>7) Ailkari4p kangnroo, dont rétrange famille #
Sort de toD sein , y rentre , en ressort et santfllc. ,
Le kang;uroo est le plus çrand animal de la Nouyèlle- HoUande; il se tient le plus souvent sur ses pieds de derrière et sur sa queue^ qui est très ^^rosse et très vigfourgnse. De cette manière, il s'élance à de grandes distances; mais ses extrémités antérieures sont petites et foibles. Quoiqu'il ait quelquefois cinq ou six pieds de haut, ses petits naissent longs tout au plus d'un pouce et k peine formés. La mère les retire dans une poche qu'elle a sous le ventre, comme les sarigues, où ses mamelles sont renfermées, et ils y reviennent au moindre danger long-temps après qu'ils ont cessé de téter ; alors on a souvent le spectacle de la mère paissant en même temps que son petit, qui sort pour cela son museau de la poche. On croiroit voir un animal portant une seconde tête sous le ventre.
• Le kanguroo est sociable , assez doux , et réussit fort bien dans nos parcs d'Europe ; mais sa chair n'est point agréable,
et sa fourrure n'a point d'utilité.
(^) .Comparez cet oiaean qni , moins va qu*entendo , Ainsi qu'un trait agile à nos yeux est perdu , etc.
Cette admirable peinture du colibri n'est pas moins étonnante par son exactitude que par son éclat.
On ne sera pas fâché de la comparer avec celle de f oiseaumouche , par.Bufibn.'
Je
. a De tous les êtres animés, voici lé p\|>s ëli%aiit pour la
forme , et le plus brillant pour les couleurs. Les pierres et
les métaux polis par notre art ne sont pas c<{mparables à ce
bijou de la nature; elle l'a placé, dans Tordre des oiseaux,
au dernier de(p*é de Féchelle de grandeur: maxime miranda
m minimis. Son chef-d'œuvre ^t le petit oiseau-mouche;
elle Fa comblé de tous les dons qu'elle n*a £ait que partager
aux antres oiseaux: légèreté, rapidité, prestesse, grâce, et
riche yirure, tout appartient k ce petit favori. L'émeraude,
iC le r^bis, la topaze, brillent sur ses habits; il ne les souille
« jamab de la poussière de la terre, et, dans sa vie tout
I aérienne, on le voit à peine toucher le gazon par instants:
il est toujout^ en l'air, volant de fleurs en fleurs; il a leur
fraldieur comme il a leur éclat; il vit de leur nectar, et
. ^ n'habite que les climats où sans cesse elles se renouvellent
Cest dans les contrées les plus chaudes du nouveau ^ monde que se trouvent toutes les espèces d'oiseaux-mou-
ches. Elles sont assez nombreuses, et paroissent confinées entre les deux tropiques; car ceux qui s'avancent en été ^ dans les zones tempérées n'y font qu'un court séjour : ils
semblent suivre le soleil, s'avancer, se retirer avec lui, ^.. et voler sur l'aile des zéphyrs à la suite d'un printemps éternel.»
{*9) Et des dieax, t'ik en ont, le plus cbarmaot caprice.
Ce vers, fautivement imprimé dans un extrait du poëme*^ des Trois règnes, où l'on faisoit dire à Delille :
^ ^ Et des dieux, s*il en est, etc.
attira au poète l'honneur d'une visite et d'un compliment
f qu'assurément il n'avoit pas cherché à mériter. Un savant
distingué Y mais qui joighoit à de vastes connoissances le
■ ' . travers d'un athéisme qui étoit dans sa tête beaucoup plus
que dans son cœur, arrive chez Delille, transporté de joie,
se jette à son cou, et le pressant étroitement dans ses bras : s*
Je le savais bien, lui dit-il, que vom seriez^ tôt ou tard des nôtres! Quand l'enthousiasme du pi^emier moment eut permis au savatat d'expliquer le motif de sa joie ef de sa ▼isite, Delille eut beaucoup de peine à le désabuser, et k ne lui laisser voir qu'une faute d'impression (un peu grave, il est vrai) dans ce qu'il avoit pris d'abord»pour une au*' theotique profession de foi.
# (^) De sa noire liqneurteignapt la mer profonde.
L'antre plonge , t'esquive , et disparott dans l'onde.
La seiche, le poulpe, le calmar, répandent au moiadre
danger une liqueur noire qui obscurcit au loin l'eau de la
mer et les dérobe aux yeux. Les peintres s'en servent sou>
le nom de sepia, La bonne encre de la Chine est celle d'un
poulpe des mers d'Orient. On trouve ces substances noires,
épaisses et presque pâteuses, dans un sac membraneux
caché dans le ventre de l'animal.
('*) Par nn bmit qn'aeoompagne une obscture Tapcar> '
L'antre à son ennemi ponr renvoyer la penr Fait joaer d'an ressort la détente secrète.
C'est le carabus crépitons, petit insecte qui repousse pour quelques instants, par ce procédé, une autre espèce de carabus attaché à sa perte et 'qui le poursuit avec acharnement. •
('>) Les uns vivent cachés dans le sein de la terre,
Plusieurs percent le bois , plusieurs creuseiit la piopv.
L'espèce de coquillage nommé taret détruit tous les bois placés sous l'eau, et a menacé l'existence de 1^ Hollande, en perçant de toutes parts les pilotis de ses digues.
La pholade est un autre coquillage de la même f^niille,
qui se loge dans les pierres calcaires et les mine en tout
sens.
, ('') N'pablioi^ point ces Ters doit le» races brillantes
« / Montrent sur TOcéan des étoiles flottantes.
^ > Up tcès* ^and nombre de mollusques et de zoophytes
* . répandant ùhe lumière plus ou moins vive pendant la nuk.
Il y a des cantons où ils font paroi tre 1^ mer tout en feti.
Gett€ manifesftition de lumière est un des produits les plus
* . extraordinaires de la vie^c^r ce n'estpas, comme on Fa cru,
^ '-. ' ^près leur mort et en vertu d'une putréfaction commencée
que ces animaux luisent; ils offrent en (][rand le même plnS-
noméne que nos vers luisants en petit.
(^) Les bois même, les bois , quand la nuit tend ses voiles , Offrent aux yeux surpris de volantes étoiles...
^ •• Ceci est vrai stir-tout de la luciole ou ver luisant d'Italie-
et'de Grèce, dont les deux sexes volent et brillent ég[ale-
, 'meut. Dans l'espèce de notre pays, la femelle, qni brille
beaucoup, n'a point d'ailes: le mâle vole, mais brille peu.
^ , Au ^este, il y a dans la zone torride plusieurs autres espèces
d'insectes lumineux, bien supérieurs à ceux d'Europe pour l'écbt.
{^) Le chameau voyageur traverse TArabte , ^ Et ses cinq estomacs , réservoirs abondants ,
* . . Bravent Eipidité de ces sables ardenu.
Le chameau a, de plus que les autres ruminants, un appendice de la panse. qui peut être compté pour un cinquième estomac. C'est un amas de petites cellules où se tient en réserve une certaine quantité d'une eau limpide • que l'animal f>eut faire revenir à S9 bouche quand il lui
« " plaît -pour se rafraîchir. Cette organisation donne au cha-
ineau plus.de facilité qu'à tout autre animal pour supporter la soif, et pour traverser les vastes déserts sablonneux de
l'Afrique et de l'Arabie.
Dtf CHANT VIL , \t%
(^) Le renne tit de moasse aHx plages boréales.
Espèce de cerf à très grands bois , dont la nourritare *
farorite est . un lichen blanc filamenteux , très commun
dans le Nord. Le renne sait creuser la neige en hiver pour-
trouver cette plante.
(3?) Le lama t'apprivoise aux nagions anstrales. • ^ l
Espèce de petit chameau sans bosse qui habite toute la chaîne des Andes , et qui étoit la seule bète de sopime de FAmérique méridionale avant l'arrivée des Espagnols.
(^) Et dji Gbimboraço s'élance le condor. ^
Vautour des Andes , le plus grand oiseau de proie connu.
(^) Un soleil Toit périr le firagile éphémère.
Véphémère vient d'iin ver aquatique qui passe assez longtemps dans son premier état, mais qui, une fois métaînor- « phosé en mouche, s'accouple, pond et meurt souvent daas . $. l'espace de quelques heures. «
(4») Ce crin ronge et vivant dont chaque source abonde , Privé durant six mois de Taliment de l'onde...
' Le gordius. Desséché dans la vase, il reprend du moiive-
ment quand on l'humecte.
(4 > ) «Ridé , durci , flétri , ce ver poudreux des toits
Se ranime dans l'onde une seconde fois. *
La même chose arrive au rotifère , petit animal microscopique; une goutte d'eau lui rend la vie suspe%lue plusieurs mois par la sécheresse. Au reste, c'est un jjhénomène v
assez général pour les animaux infusoires. i
(4') Sonveot Tinsecte aile répand ses œalt tnr Tàttde.
Les detitoisellês, les éphémères, léè phrygunes ^en ah mot toutes les monches, tous les insectes aëHens, dont le ver ou la lâirve doit Vivre dans Teau, sont dans ce cas;
(43) Dans les naseaux dn cerf, dans le cair des génisses, Les uns Tont déposer leurs gefmes créateurs.
Les oestres sont des mouclies dont le ver he peut vivre que dans la chair ou les* intestins des animaux vivants. L'œstre du <îheval , par exemple , pond son œuf à l'anus de ce quadrupède. Le ver qui en naît remonte l'immense canal intestinal , pour aller se fixer dans l'estomac , où il s'en rassemble ({uelquefois assez pour faire périr un cheval.
Une autre espèce place le sien dans le fond de la gorge
du mouton, et des naseaux du cerf.. La peau du cerf est
souvent criblée par ces vers, qui causent un ulcère par-tout
où ils se fixenti
(44) Fins étonnants encor, ces minces serpents d*eanx Qui , l'un à Tautre unis par de vivants anneatU, Et par nous appelés du beau nom de naïades , Promènent snr les eaux leurs flottantes peuplades.
' Les naïades sont de petits vers aquatiques et à sang rouge, qui ne se métamorphosent point en insectes; elles se reproduisent par division comme beaucoup d'autres versi et même il en est une espèce, naïs proliféra, où la division se fait spontanément. Les derniers anneaux du corps deviennent petit à petit un animal entier, et se séparent alors des autres anneaux. *
(4^) k . . libre d'un nœud si doux,
. Le puceron n'a point d'épouse ni d'époux.
Les pucerons sont de petits insectes qui vivent sur les
feuilles. En automne, il y a parmi eux des mAles et des femelles , et celles-ci pondent 4es œufs ,' mais il n^en éclôt que des femelles au printemps. La première fécondation suffit à sept g^ënérations , toutes composées de femelles, toutes produisant sans mâles, et toutes V^yipares. A la septième, les mâles reparoissent. Dans les monocles, petits insectes aquaticpies, il y a des espèces où un seul accouplement suffit à plus de douze générations, suivant M. de Jurine.
(4^ *...... RaNemblaiit deu or^net féooodti
Des deux sexes divers cet autre unit les dons.
Les escargots, les limaces, et plusieurs escargots d'eau
douce, sont pourvus des deux sexes; mais il leur faut une
union réciproque, d'où chaque individu sort fécondé et va
pondre de son côté. Il y a des espèces où chaque individu
sert de mâle à l'un , de femelle à l'autre , et où il se forme
ainsi des chaînes très nombreuses.
L'un des jeunes poètes qui eussent fait peut-étt« le plus d'honneur à l'école de Delille, s'il ne se fut arrêté, pour ainsi dire, dès le premier pas^, dans une carrière où il débutoit avec succès , M. La Lanne , nous parott avoir rendu ces mêmes idées avec infiniment de bonheur , dans son poëine du Potager. Il s'agit, comme dans Delille,
De l'insecte rampant; à figure hidease.
Qui souille et corrompt tout de sa bave écumeuse ,
Et dans le potager répandant son poisoU»
Se traîne à pas tardifs, chargé de sa mhtsoo.
Cet insecte pourtant que notre orgueil écrase ,
Des feux d*im double amour chaque printemps s'embrase;
Et goûtant des plaisirs aux mortels inconnus.
Darde ensemble et reçoit l'aiguillon de Vénus.
C'est à-la-fois peindre en poète et caractériser en naturaliste^
(4?) Ini;Biénie à md amonr toaTeot m lacrifie, Et ton premier amour est payé de sa vie.
C'est, à peu d'exceptions près, le sort d^ tous les insectes»
(4*) Son ÎDsdnct ly ramène , et dans lemr tein fidèle Vient dèpot^ Tespoir de sa race nonTeUe.
Un insecte parfait dépose toujours ses œufs dans. les
lieux et sur les substances convenables pour les vers qui
doivent en éclore , quelque peu de rapport que ces lieux
et ces substances aient avec la vie actuelle de cet insecte.
Cest un des effets les plus admirables de ces penchants
imprimés aux animaux par la nature pour la conservation
de leurs espèces , et auxquels les naturalistes ont donné le
nom d'instinct.
(49) Anati da grand Leibnitz l'aimable bntaiaie Osoit aux animaux promettre une autre Tie , Un destin pliu heureux et presque un paradis. A ce dogme touchant de bon cœur j'applaudis; J'aime à voir l'animal, qui des races humaines Ainsi que les plaisirs a parta^ les peines , Dans son humble Elysée attendre un sort plus doux.
Leibnitz, né à Leipsick, en Saxe, le nS juin i646, mort le i4 novembre 1716, entra dans la carrière des sciences avec un talent très distingué, une imagination ardente, et une forte passion pour la gloire. Très jeune encore, il dédaigne de se traîner dans les routes battues , il s'élance dans des sentiers inaccessibles aux esprits vulgaires, et lorsqu'il fait des chutes, elles ont un caractère de hardiesse et de grandeur qui atteste la présence du génie.
A peine âgé de vingt ans , époque de la vie où la plupart de ceux qui se livrent à l'étude des sciences sont à peine familiarisés avec leur partie élémentaire, Leibnitz forma.
et exécuta , le plan vaste et hardi d'une physique générale complète. Elle parut, en 1671, sous ce titre: Hypothesls phjsica nova, ou Theoria motus. Elle repose sur des idées qui charment Pesprît, par la simplicité et la g^énéralité qui les distinguent. Leibnitz les fait servir, avec adresse, à établir une théorie du mouvement neuve, subtile, facile à saisir, et elles se divisent ensuite, pour ainsi dire, à Finfini, pour embrasser isolément tous les phénomènes de la nature.
Il n'est point de branche de physique qui n'ait exercé la sagacité de Leibnitz : tantôt il veut établir une nouvelle mesure de la force^ lorsqu'elle agit contre un obstacle qui cède; tantôt, en partant du fameux principe des causes finales, il essaie, avec le secours du calcul, d'expliquer le phénomène de la réfraction de la lumière et des lois qui la maîtrisent. Mais le calcul fondé sur un principe hypothétique ne conduit presque jamais à la vérité : aussi l'explication de Leibnitz, quoique ingénieuse, cessa de paroftre satisfaisante, lorsque Newton dévoila la véritable cause de la réfraction de la lumière , qu'il en déduisit les lois qui maîtrisent cette réfraction, et qu'il eut fait voir qu'un rayon lumineux ne choisit, en se réfractant, ni le temps le plus court, ni le chemin le plus facile.
Les actes de Leipsick renferment un grand nombre d'autres écrits de Leibnitz, et tous laissent apercevoir des traces de cette originalité piquante qui caractérise un esprit supérieur, n est fâcheux qu'un penchant pour les subtilités métaphysiques lui ait fait dédaigner, ou du moins négliger, les secours de l'«cpérience, qui doit être le premier guide de celui qui se livre à l'étude de la nature.
Ce qui fait le plus d'honneur à Leibnitz, c'est sans doute d'avoir eu, et réalisé, l'heureuse idée du calcul de la quantité considérée dans ses dernières divisions : mais lorsque l'Allemagne, fière de lui avoir donné naissance, le proclame auteur de cette belle invention, toute l'Angleterre
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savante se lève pour assurer à Newton la priorité de la découverte.
Leibnitz accordoit aux animaux quelques faculté morales, telles que la mémoire et Fintelliçence, renfermées sans doute dans d'étroites limites ; il les regardoit comme susceptibles d'attachement, comme capables d'éprouver le sentiment de la reconnoissance, et il en avoit la preuve dans l'exemple du plus féroce des animaux, caressant la main de celui qui lui offre chaque jour les aliments nécessaires à sa subsistance. Si Leibnitz leur a promis une autre vie, elle est sans doute bien différente de celle qui est réservée à l'homme, possédant la faculté de juger, de raisonner, et jouissant du précieux don de la parole^ double avantage qui lui donne sur les animaux une juste prééminence.
Leibnitz fut honoré par sa patrie, et l'Allemagne épuisa en sa faveur tous les genres de considération. Il avoit formé le plan d'une société académique, rivale de celles que Londres et Paris voyoient fleurir dans leur enceinte. Frédéric r^ roi de Prusse, en commanda l'exécution. La célèbre académie de Berlin reçut, en 1710, une forme régulière et légale, et Leibnitz fut choisi pour la présider jusqu'à sa
mort.
(^<*) Là s'arrêtent les yenz : mai; grâces à ce Terre
Qui nous déploie en grand et les cienx et la terre. Au-dessous du ciron je regarde et je vois Des millier^ d'animaux pltu petits mille fois.
Telle est la nature physique de l'homme, qu'il ne peut voir, ni les objets très éloignés, ni ceux qui sont très petits, lors même qu'ils sont situés au voisinage de l'œil. L'humanité réclamoit l'invention d'un instrument capable d'augmenter la puissajoce, d'agrandir le domaine de cet organe, le plus délicat et le plus noble que nous ayons reçu de la na-
ture , et bientôt le verre , dont parle le poète , ou , pour mieux dire, le télescope et le microscope, ont pris naissance. Le premier fait évanouir les distances qui nous séparent des objets les plus éloignés; le second fait disparoitre Fextréme petitesse de ceux qui nous avoisinent. L'un nous transporte dans les cieux, et nous y fait découvrir des mondes aussi féconds en phénomènes que celui que nous habitons; l'autre nous fait trouver autour de nous des richesses naturelles dont, sans son secoui*s, nous n'eussions peut-être jamais soupçonné l'existence.
La Hollande est la patrie du télescope, et son orîfjine date du commencement du dix*septième siècle. Quel que soit le nom de son auteur, encore enveloppé d'une profonde obscurité, cette belle découverte se répandit avec célérité dans toutes les contrées de l'Europe. Galilée s'en empara le premier, et avec deux verres, l'un concave, l'autre convexe , disposés convenablement dans deux tuyaux mo* biles, il parvint à construire une lunette qui donnoit des images trente-trois fois plus grandes que les objets vus à œil nu. Cet instrument, manié avec adresse, lui dévoila la ressemblance de la lune avec la terre, «en lui montrant les éminences et les cavités qui sillonnent leur surfiiee, et il lui fit apercevoir les quatre satellites qui accompagnent Jupiter dans sa course autour du soleil.
Avec le secours de sa lunette, Galilée ne tarda pas a se convaincre de l'existence des taches semées sur le disque du soleil, et qui paroissent d'autant plus obscures, qu'elles contrastent avec l'éclat éblouissant de la lumière de cet astre; il observa les phates de Vénus, et il les fit servir à démontrer son mouvement de translation autour du soleil.
Le télescope imaginé , ou du moins exécaté par Galilée, reçut de Kepler des modifications avantageuses. Hevelius et Hughens agrandirent la sphère de son activité, et Dominique Gassini profita de cet agrandissement pour ajouter
au monde de Saturne quatre astres de diverse grandeur, qui raccompagnent dans sa course. Malgré ces améliorations, le télescope conservoit des défauts que Newton, Grégori, et Dollond, parvinrent à faire évanouir; mais aucun n'eut Fidée d'étendre le domaine de sa puissance , en -augmentant ses dimensions. Il étoit réservé à Herschell de réaliser cette entreprise, et de remployer avec adresse à faire dans le ciel les plus belles conquêtes au profit de la science. Saturne, enrichi de deux nouveaux satellites, et Uranus, suivi de six astres secondaires, furent les premiers fruits de ses observations.
Tel est Finstrument qui, pour me servir des expressions du poète, nous déploie en grand et les cieux et la terre. Celui qui nous fait voir, au-dessous du ciron, des milliers d'animaux mille fois plus petits, porte le nom de microscope, et il consiste en une lentille de verre, d'un foyer très court, ou en une petite sphère de verre, formée par la fusion d'un morceau de verre à la flamme d^une mèche imbibée d-alcool.
On peut encore faire une espèce de microscope avec une boule de verre pleine d^eau ; elle produit à-peu-près le même effet qu'une petite sphère d'eau.
L'existence de cet instrument, qu'on nomme microscope simple, date de la plus haute antiquité. Il en est un autre, qui a pris le nom de microscope composé, et dont l'invention est aussi récente que celle du télescope. Il est formé d'une lentille, d'un foyer très court, et d'un ou de plusieurs oculaires.
Au lieu d'un ou deux oculaires, on en emploie quelquefois un plus grand nombre. Les microscopes de Delbarre, composés d'un objectif et de cinq oculaires, produisent des effets étonnants, qui lui ont jusqu'ici obtenu une juste préférence.
('■) Gloire te soit rendae après l*Etre sopréme. Profond Spallanxani ! toi dool l'adresse exirémp Nous ouvrit ces trésors...
Lazare Spallanzani, profiesseur d'hisCeire naturelle à Modène et ensuite à Pavie, né en 1729 à Scandiano, mort à Pavîe en 17999 Tun des observateurs dont l'infatigable patience a été récompensée par les découvertes les plus singulières et les plus intéressant#>s. C'est à lui que Ton doit la connoissance de la reproduction des pattes de la salamandre aquatique, et de la tête et des cornes de l'escarg[Ot; celle de l'espèce de résurrection du rotifère; celle de la préexistence des germes dans les œufs de la grenouille, et de la manière dont ils sont fécondés; celle de l'universalité d'action du suc gastrique. Il est encore recommandable par une foule d'observations précieuses sur toutes les parties de la science de la nature. Il n'étoit ni un chimiste profond , ni un anatomiste habile, ni un savant nomenclateur; mais tout ce que l'on peut attendre de la patience unie à la saga< cité, il le remplissoit. Ses ouvrages posthnxsies sur la respiration méritent d'être étudiés de tous les physiologistes, quoiqu'ils contiennent encore quelques expériences qui ont besoin de vérification.
(^0 Mais n'exagérons rien : l'an dans Yéirt yiTant Vent voir de Yaucanson l'antomate mouvant.
Yaucanson, membre de l'académie royale des soiences, acquit une sorte de célébrité en construisant des pièces mécaniques qu'on appelle automates, et qui se composent de parties mises en jeu par une puissance quelconque, pourvu que cette puissance entre comme élément dans la construction de la machine.
Les automates de Yaucanson sont peut-être ce qui a été fait de mieux dans ce genre. Son flûteur joue différents airs de la flûte allemande avec une justesse étonnante , et cela
en faisant usage de ses lèvres pour l'embouchure de la flûte, et de ses doigts pour la modulation des tons. Son Provençal, en se servant de sa bouche et d'une de ses mains, joue du flageolet, et de l'autre y accorde le son du tambourin. Son canard prend du grain avec le bec, l'avale, le triture, et le rend par les voies ordinaires, dans l'état apparent d'un grain digéré.
Vaucanson ne donne pas cette digestion pour une digestion parfaite, propre à faire du sang et des sucs nourriciers pour l'entretien de l'animal , il prétend seulement imiter le mécanisme de cette action sur trois points, qui sont: I** d'avaler le grain; a^ de le macérer, cuire ou dissoudre; 3^ de le faire sortir, après avoir éprouvé une altération sensible.
La construction des ailes du canard ne laisse rien à désirer. On a imité , os par os , toutes les éminences que les anatomistes appellent apophises. Elles y sont r^ulièrement observées , comme les différentes charnières , les caviià , les courbes. Les trois os, qui composent l'aile, y sont très distincts : le premier, qui est P humérus , a son mouvement de rotation en tout sens , avec l'os qui £ait l'office d'omoplate ; le second , qui est le cubitus de l'aile , a son mouvement avec Chunierus par une charnière que les anatomistes appellent parginglyme ; le troisième, qui est le radius, tourne dans une cavité de P humérus, et est attaché par les autres bouts aux petits os du bout de l'aile, de même que dans l'animaL
Pour faire oonnottre que les mouvements de ces aiks n'ont aucun trait de ressemblance avec ceux ^pse l'on voit dans les ^shefs-d'œuvre du coq de l'horloge de Lyon et de Strasbourg, Fauteur, dont le dessein étoit plttt6t de démontrer que de montrer une machine, faisoit voir à découvert tout le mécanisme de son canard artificieL
On trouve, parmi les savants de l'antiquité, des hommes habiles à faire des pièces mécaniques; dans le treîzièine
siècle, on faisoit honneur à Rogner Bacon d'un pigeon volant et de plusieurs statues qui articuloient des sons.
Regiomontanus, physicien mécanicien très distingué du quatorzième siècle, étoit rq]pardé comme inventeur d'une mouche artificielle qui y quittant la main de son mattre , faisoit le tour d'une table, et venoit se reposer au point même de son départ. Il construisit aussi un aigle qui vola bien loin au-devant de l'empereur, et l'accompagna en planant dans les airs jusqu'à l'entrée de la villes
Si ces assertions étoîent vraies, les automates de Vaucanson ne seroient pas ce qu'on auroit fait de mieux en ce genre. Elles doivent paroitre fabuleuses à tout esprit judicieux. Ce qui semble les avoir accréditées, c'est d'un côté la grande réputation que Regiomontanus s'étoit acquise dans la mécanique, et, de l'autre, l'empressement que le vulgaire
témoigne pour le merveilleux.
('^) L'antre, s'extasiant an moindre phénomène. Vent égaler l'instinct à la raison humaine , S'étonne de son sing^et de son perroquet.
Admire en l'un son geste, en l'autre son eaqnet, Et ne sanroit douter que , tu leur pmd'homie , Les éléphants un jour n'aient leur académie.
Le corps du singe est à -peu-près semblable à celui de l'homme, et comme l'homme est le premier des animaux, on accorde presque généralement la seconde place au singe.
On accorde aux singes un instinct social, c'est-k-dire une tendance à demeurer ensemble, soit pour se défendre avec plu» de facilité de leurs ennemis, soit pour l'avantage de lenrs petits; ils vivent en communauté; ils se donnent des secours mutuels, sur-tout lorsqu'il s'agit de dévaster quelque jardin ou quelque champ; aussi établissent^ls certaines règles pour le pillage ou la maraude : les uns font sentinelle, les autres forment une chaîne, et font passer de main
en main les fruits qa^ils volent, pour les mettre plus pron^ptement en sûreté.
Les tropiques sont la véritable patrie des singes. C'est un spectacle agréable de voir, dans les vastes forêts de la zone torride, les singes s'élancer d'un arbre à Fautre, se balancer suspendus aux branches, hire des gambades, prendre mille postures ridicules , se faire mutuellement des agaceries , se battre ou s'amuser ensemble , faire l'amour ou la guerre; et les femelles soigner leurs petits, les embrasser, les allaiter; pousser tous des cris de joie, de surprise, d'amour; se défendre contre les honunes avec des pierres^ avec des bâtons, et même avec leurs excréments, qu'ils lancent de leurs mains à la tête de leurs ennemis; enfin offrir les scènes les plus risibles et les mœurs les plus singulières.
Le caractère des singes ne peut se plier à la servitude; ils y conservent toujours un fond d'ennui et de mélancolie profonde qui , dégénérant en une sorte de consomption , ne tarde pas à terminer leurs jours.
Tous les voyageurs attestent qu'il y a dans la capitale de Guzavate, dans Amadabad, des hospices, fondés par de pieux Indiens, pour y nourrir, y soigner, des singes invalides. Tous ceux qui, quoique bien portants, veulent se retirer et vivre dans ces hospices, sont assurés d'y trouver une retraite. D'autres fondations pieuses ordonnent, dans quelques villes, de fournir, deux fois la semaine, du riz, des cannes à sucre, des fruits, aux singes du voisinage; aussi ces animaux, accoutumés à cette généreuse distribution de vivres, accourent en troupes, et montent eux-mêmes sur les terrasses des maisons où les provisions sont déposées; et l'on assure que si ces singes ne trouvoient pas leur ration accoutumée, ils se vengeroient en brisant tout ce qu'ils rencontreroient sur leur passage.
Il n'est point rare de voir le singe faisant sentinelle à la porte d'une chaumière, qui est son propre ouvrage, pour
veiller à la conservation du petit sur le point de voir le ^ jonr, et pour écarter la crainte d'une attaque imprévue,
qui pourroit troubler le repos de sa mère au moment de sa délivrance.
(^) Aiaii qœ U niioD riasUact a «es de^.^s.
Il seroit intéressant de distiog^uer l'essence de la raison et de l'instinct , ainsi que les divers degrés de ces deux facultés. Communément on appelle instinct toutes les facultés intellectuelles des animaux; cela n'est point exact. Les animaux supérieurs ont une sorte de raisonnement très différent de l'instinct. Nous allons chercher à expliquer cette proposition.
On appelle raison cette faculté accordée à l'homme de raisonner et de se conduire d'après ses raisonnements. Le raisonnement a des jug;ements pour bases; les jugements sont des comparaisons d'idées , et celles-ci des résultats de sensations ou d'images. La raison est donc la faculté de comparer ses sensations , d'en former des idées de plus en plus générales , de réunir ces idées suivant qu'elles se conviennent , de comparer enfin les jugements produits de ces réunions , et d'en déduire des propositions qui servent de régies : tout y consiste donc en abstractions successives , toujours plus élevées et plus générales.
Tout le monde sait qu'il y a des différences énormes entre un homme et un autre pour l'étendue de cette faculté^ et que l'intervalle de Newton à un imbécile, ou seulement à un sauvage de la Nouvelle-Hollande, ou de telle lie de la mer du Sud , est immense. Il ne manque cependant à ce sauvage que l'éducation convenable pour le rapprocher des hommes les plus civilisés.
Les animaux laissent entre eux et nous un intervalle bien plus grand. I^es limites des facultés de chaque espèce sont fixées, et toute l'éducation imaginable ne ler** feroit point passer certaines bornes.
Gspendant, on ne peut méeonnottre, quand on les observe, qu'ils ne se forment auasi des idées par Texpërience, qu'Us n'en conservent le souvenir, qu'ils n'en déduisent des règles de conduite, qu'ils n'évitent certaines actions et n'en exécutent d'autres malgré l'impulsion du plaisir et de la peine actuelle , et uniquement en vertu de la prévoyance qu'ils ont, par l'expérience du passé, des suites qui les attendent.
Tels sont évidemment les ressorts qui agissent sur nos cbevaux , sur nos chiens , sur nos autres animaux domestiques ; tels sont en partie ceux qui agissent sur les animaux sauvages voisins de ceux-là par le naturel. Ces êtres apprennent même la signification de plusieurs de nos mots, et obéissent à nos ordres verbaux sans se méprendre.
Il n'y a aucun instinct en tout cela; c'est une sorte de raisonnement assez analogue au nôtre pour le fond , mais renfermé dans des limites beaucoup plus étroites ; limites qui se resserrent de plus en plus à mesure que l'on descend dans l'échelle des êtres.
Mais à mesure que l'on arrive aux animaux plus foibles , plus stupides, on leur voit faire, pour la conservation de leurs espèces , certaines actions plus compliquées, plus savantes , plus pénibles qu'aucunes de celles dont les animaux supérieurs sont capables. L'abeille met dans sa cellule la plus haute géométrie; il n'est point de ruses, point de plan ingénieux de conduite ou de bâtisse que quelque insecte ne suive; et ces opérations ne sont point apprises; l'individu les pratique dès qu'il vient d'éclore, sans avoir vu opérer ses parents , et cependant absolument comme eux; souvent ces mêmes opérations sont désintéressées; ce n'est point pour lui que l'insecte travaille, mais pour une postérité qu'il ne verra jamais.
Tous les ressorts moraux manquent ici ; tous les moyens extérieurs d'instruction manquent également ; il faut bien qu'il y ait une impulsion intérieure donnée par la nature,
ou plutAt par son auteur, non sans doute à chaque instant, mais probablement parle moyen de quelques imagées intérieures innées, gravées primitivement dans le sensorium, comme elles auroient pu Fétre par les impressions exté* rieures.
C'est à ces impulsions internes qu'il faut réserver le nom d'iostinct. Elles sont toujours particulières dans leur objet, toujours semblables dans chaque espèce; incapables de perfectionnement, et chacune d'elles a été donnée en propre à une espèce d'animal , selon ce qu'exigeoit la conservation de cette espèce; ce sont autant de suppléments à la force, à la fécondité, et à la perfection de l'intelligence.
C) Si donc respire uo être en qui les dienx puiitanu Aient dans on senl organe aisocté trois lent.
La trompe de l'éléphant est un prolongement de son nez :
elle est donc la voie des odeurs. D'une flexibilité extrême,
à cause des trente ou quarante mille petits muscles qui
composent la partie charnue de son tissu ; terminée par un
petit appendice aussi délicat qu'un doigt ; animée par deux
énormes branches de nerfs de chaque côté , elle est à tous
^ards un excellent instrument du tact. Enfin , c'est par elle
que l'animal porte dans sa bouche presque tous ses aliments
et toutes ses boissons.
(S€) L*admirable éléphant , dont le colowe énorme Cache an esprit si fin dans sa masse difforme , Que, pour son rare instinct dans on corps si grossier, Presqoe pour ses vertus , adore nn peuple entier; L*éléphant, en un mot , qui sait si bi«n connoîtrc L'injnre, le bienfait, ses tyrans et son maître.
L'éléphant est, si nous voulons ne nous pas compter, l'être le plus considérable de ce monde; il surpasse tous les animaux terrestres en grandeur, et il approche de l'homme, par l'intelligence, autant au moins que la matière peut
approcher de Pesprit. L'ëlcphant, le chien, le castor, et le singe, sont, de tous les êtres animés, ceux dont l'instinct est le plus admirable; mais cet instinct, qui n'est que le produit de toutes les facultés, tant intérieures qu'extérieures, de l'animal, se manifeste par des résultats bien différents dans chacune de ces espèces. Le chien est naturellement, et lorsqu'il est livré à lui seul, aussi cruel, aussi sanguinaire que le loup; seulement il s'est trouvé- dans cette nature féroce un point flexible, sur lequel nous avons appuyé; le naturel du chien ne diffère donc de celui des autres animaux de proie que par ce point sensible, qui le rend susceptible d'affection et capable d'attachement; c'est de la nature qu'il tient le germe de ce sentiment, que l'homme ensuite a cultivé, nourri, développé, par une ancienne et constante société avec cet animal, qui seul en étoit digne; qui, plus susceptible, plus capable qu'un autre des impressions étrangères, a perfectionné dans le commerce toutes ses facultés relatives. Sa sensibilité, sa docilité, son courage, ses talents, tout, jusqu'à ses manières, s'est modifié par l'exemple, et modelé sur les qualités de son maître : l'on ne doit donc pas lui accorder en propre tout ce qu'il paroit avoir; ses qualités les plus relevées, les plus frappantes, sont empruntées de nous ; il a plus d'acquis que les autres animaux, parcequ'il est plus à portée d'acquérir; que loin d'avoir comme eux de la répugnance pour l'homme, il a pour lui du penchant; que ce sentiment doux, qui n'est jamais muet, s'est annoncé par l'envie de plaire, et a produit la docilité, la fidélité, la soumission constantei, et en même temps le degré d'attention nécessaire peur agir en conséquence et toujours obéir à propos.
Le singe est indocile autant qu'extravagant; sa nature est en tout point également revêche; nulle sensibilité relative, nulle reconnoissance des bons traitements, nulle mémoire des bienfaits; de l'éloignement pour la société de l'homme, de l'horreur pour la contrainte, du penchant à toute es-
péce de mal, ou, pour mieux dire, une forte propension à faire tout ce qui peut nuire ou déplaire. Mais ces défauts réels sont compensés par des perfections apparentes; il est extérieurement conformé comme l'homme; il a des bras, des mains, des doigts; Tusage seul de ces parties le rend supérieur pour l'adresse aux autres animaux , et les rapports qu'elles lui donnent avec nous par la similitude des mouvements et par la conformité des actions nous plaisent, nous déçoivent, et nous font attribuer à des qualités intérieures ce qui ne dépend que de la forme des membres.
Le castor, qui parott être fort au-dessous du chien et du singe par les facultés individuelles, a cependant reçu de la nature un don presque équivalent à celui de la parole; il se fait entendre de ceux de son espèce, et si bien entendre, qu'ils se réunissent en société, qu'ils agissent de concert, qu'ils entreprennent et exécutent de grands et longs travaux en commun; et cet amour social, aussi bien que le produit de leur intelligence réciproque, ont plus de droit à notre admiration que l'adresse du singe et la fidélité du chien.
Le chien n'a donc que de l'esprit (qu'on me permette, faute de termes, de profaner ce nom); le chien, dis-je, n'a donc que de l'esprit d'emprunt, le singe n'en a que l'apparence, et le castor n'a du sens que pour lui seul et les siens. L'éléphant leur est supérieur à tous trois; il réunit leurs qualités les plus ëminentes. La main est le principal organe de l'adresse du singe; l'éléphant au moyen de sa trompe, qui lui sert de bras et de main , et avec laquelle il peut enlever et saisir les plus petites choses comme les plus grandes, les porter à sa bouche, les poser sur son dos, les tenir embrassées, ou les lancer au loin^ a donc le même moyen d'adresse que le singe, et en même temps il a la docilité du chien; il est comme lui susceptible de reconnoissance, et capable d'un fort attachement; il s'accoutume aisément à l'homme, se soumet moins par la force que par les bons traitements, le sert avec zélé, avec fidélité, avec intelli-
gence, etc. Enfin Tëléphant, comme le castor, aime la so-» ciété de ses semblables, il s'en fait entendre; on les voit souvent se rassembler, se disperser, agir de concert^ et s'ils n'édifient rien, s'ils ne travaillent point en commun, ce n'est peut-être que faute d'assez d'espace et de tranquillité : car les hommes se sont très anciennement multipliés dans toutes les terres qu'habite l'éléphant : il vit donc dans l'inquiétude, et n'est nulle part paisible possesseur d'un espace assez grand, assez libre pour s'y établir à demeure. Nous avons vu qu'il faut toutes ces conditions et tous ces avantages pour que les talents du castor se manifestent, et que par-tout où les hommes se sont habitués, il perd son indus* trie et cesse d'édifier. Chaque être dans la nature'a son prix réel et sa valeur relative; si l'on veut juger au juste de l'un et de l'autre dans l'éléphant , il faut lui accorder au moins l'intelligenee du castor, l'adresse du singe, le sentiment du chien, et y ajouter ensuite les avantages particuliers, uni^ ques, de la force, de la grandeur, et de la longue durée de la vie; il ne faut pas oublier ses armes ou ses défenses, avee lesqudles il peut percer et vaincre le lion; il faut se représenter que sous ses pas il ébranle la terre ; que de sa main il arrache les arbres; que d'un coup de son corps il fait brèche dans un mur; que, terrible par la force, il est encore invincible par la seule résistance de sa masse, par Pépaisseur du cuir qui la couvre; qu'il peut porter sur son dos une tour armée en guerre et chargée de plusieurs hommes; que seul il fait mouvoir des machines, et transporte des fardeaux que six chevaux ne pourroient remuer; qu'à cette force prodigieuse il joint encore le courage, la prudence, le sang»firoid, l'obéissance exacte; qu'il conserve de la mo* dération, même dans ses passions les plus vives; que dans la colère il ne méconnoit pas ses amis; qu'il n'attaqueja* mais que ceux qui Pont offensé; qu'il se souvient des bien-^ faits aussi long-temps que des injures; que, n'ayaûfit nul goût pour la chair, et ne se nourrissant que de végétaux, il
n'est pas né l'ennemi des autres animaux; qu'en6n il est aimé de tous , puisque tous le respectent, et n'ont nulle raison de le craindre.
[(^7) Sims loi, mais téparé par on court iotenralle , Dans ses hardis traYaux le peuple des castors Étale de rioslinct les plus riches trésors.
Celui qui a le mieux fait connoitre Tinstinct des castors est l'Anglais Heame. Voici un extrait de ses observations :
u Us choisissent pour bâtir des eaux assez, profondes pour ne point geler jusqu'au fond, soit de petits lacs, soit de petites rivières ou des ruisseaux. Ils préfèrent en général les eaux courantes, parcequ'en coupant le bois au-dessus le courant l'améno sur le lieu où ils veulent l'employer. Ils établissent en travers du courant une digue de toute sorte de bois et de branches de peuplier^ de saule et de bouleau mêlées de pierres et de limon ; mais il est faux qu'ils emploient de grands pieux enfoncés dans le sol. Ils donnent à cette digue une courbure convexe du c6té du courant, quand il est rapide; et comme ils la réparent sans cesse, elle devient très solide au bout de quelques années : les branches y géraient et finissent par former une haie où les oiseaux viennent nicher. L'objet de la digue est de tenir l'eau toujours au même niveau, aussi n'en font-ils point dans les eaux dormantes.
M Les huttes sont moins bien bâties et proportionnées à la quantité des habitants. Elles reçoivent le plus souvent deux ou quatre adultes et six ou huit jeunes; quelquefois le double. Quand il y a des cloisons, elles sont accidenteUes, et les chambres ne communiquent presque jamais ensemble: il n'y a qu'une seule porte ouverte sous l'eau et aucune communication avec la terre. Les ca&tors se tiennent sous le d^me dans la partie élevée au-dessus de l'eau; ils y portent leur nourntare après l'avoir prise dans la partie inférieure, c'est-à-dire sons l'ean*
ttlls n*Y emploient pas de pieux, mais seulement des branches croisées, sans autre r^le que de laisser un vide au milieu. Les branches qui saillent en dedans sont coupées avec les dents. A mesure que la charpente avance, on la g^amit d'un mélange de morceaux de bois, de terre, et de pierres , quand il y en a à portée. La terre se prend au rivage ou au fond de Peau, et les castors Fapporlent entre les pieds de devant et la gorge. Quant au bois, c'est entre les dents qu'ils le tiennent Ils ne travaillent que la nuit et très rapidement.
u Ils recouvrent chaque année leur hutte d'une nouvelle
couche de limon, et presque toujours quand il commence à
geler, afin que le tout se solidifie plus tôt. Au dégel, ils aban*
donnent leur demeure, et s'éparpillent pendant l'été; mais
ils y reviennent aux premiers froids, à moins qu'ils n'en
trouvent de plus commodes. Pour fonder ou agrandir leur
colonie, ils abattent le bois dès la fin de l'été; mais ils ne
commencent à bâtir que vers les gelées. Ils ont toujours
plusieurs terriers le long du rivage , où ils se réfugient quand
ils sont attaqués. Leur principal ennemi est le glouton, qui
cherche même à démolir leurs huttes, n
C) L'iottitateur famenz du conqaërant dn monde.
Aristote, précepteur d'Alexandre, et le premier des naturalistes, en même temps que l'un des plus grands philosophes.
(H) Voolnt que sans époux Tabeille fût féconde; Et de sa chacteté Réaamar moins jaloux...
René-Antoine Ferchault de Réaumur, né en i683 à La Rochelle, mort en 1767, a été l'un de nos plus ingénieux naturalistes. Ses mémoires pour servir à l'histoire des insectes, quoique diffus, sont clairs, élégants, pleins de cet intérêt qui vient de la curiosité sans cesse piquée par des
détaiU nouTeauz et singuliers. L'auteur porte au plus haut àegré la ugacite dam l'observation, et rend à chaque instant la nature plus admirable par la sagesse et l'espèce du prévoyance de détail dont il trouve des preuves dans l'instinct et la 'structure des plus petits animaux, Reaumur jouit pendant sa vie de tonte la considération due à des travaoz anssi utiles et aussi constants que les siens. On le rqprda comme le premier naturaliste françois, jusqu'à l'époque où le réputation de Buffon vint un peu éclipser la sienne, quoiqu'elle se fond&l sur des titres d'un genre bien diiférent.
('*) Pmtiinu leur rcina k de nombreai ^poai.
Chaque ruche n'a qu'une femelle , dont l'existence entretient seule l'activité des autres individus. On compte cinq on ùx cents mâles et plusieurs milliers de neutres, ou d'abeilles ouvrières qui n'ont aucun sexe, et dont l'occupation est de It^er, de nourrir, et de soigner la progéniture de la femelle unique, connue sous le nom de reine. L'analomie a feit connoUre que les ouvrières sont des femelles non développées.
MiuACTADl ct% époQX dcTcnui ÏDtitîln, ^ , En depenplflnt U nicbe.
Quand la reine a été suffisamment fécondée, les ouvrières chassent les m&les de la ruche : ils périssent de faim à l'arrivée des froids ; plusieurs sont même tués au moment de l'expulsion.
['■} Eulia, de leur hj^mcn i»uii iljpoiiuirc ,
L'atcDgle Huber l'a *u par l« neardi d'anlrui ,
M. Huber, de Genève, l'un des plue
teurs qui se soient occupés des abeilles , étoit privé de la
vue; mais un domestique fidèle qu'il dirigeoit , faisoit pour
lui , et d'après ses idées , les recherches nécessaires. Une de
leurs découvertes est celle que la mère abeille est fécondée
dans les airs.
(^) Je ne ▼ous dirai point leurs combats éclalaols , Si la mort est donnée à l'un des combattants. Si ce penple est régi par une seule reine , S'il peut d'un ver commun créer sa souveraine.
Quand on enferme un morceau de rayon avec de petits vers éclos et un certain nombre d'abeilles ouvrières sans reine , ces ouvrières choisissent un des petits vers , lui construisent une cellule de reine, lui donnent une nourriture plus riche, et au lieu d'une simple ouvrière qu'il auroit produit, il en résulte une reine, c'est-à-dire une femelle susceptible de fécondation ; nouvel^ preuve que les abeilles ouvrières sont des femelles dont le sexe n'est point développé. Cette découverte appartient à un observateur de Lusace, nommé Schirach.
(^) Cette forme élégante autant que régulière , Qui ménage l'espace autant que la matière.
On prouve, par la géométrie de l'infini , que la forme que
les abeilles donnenf IPleurs cellules est de toutes les formes
possibles, dans un système comme le leur,'celle qui renferme
le plus d'espèce avec le moins de cire.
(^') Les Céer, les Réaumur ont décrit ses merveilles. Et le chantre d'Auguste a chante les abeilles.
Charles de Gëer, maréchal de la cour de la reine de Suède, imitateur de Réaumur et contemporain et ami de Linnaeus , a donné six volumes in-4'' d'observations intéres santés sur les insectes.
Virgile parle , dans le huitième chant de ses Géorgiques , des aheilles et de tout. leur gouvernement.
(^) La guêpe de Cayenne, avec plus d'an encor. Sons dés toits de carton sait cacher son trésor.
La guêpe cartonnière suspend sa ruche aux arhres, et l'entoure d'une épaisse enveloppe du carton le plus fin et le plus dense , qu'elle fabrique, comme toutes les autres guêpes font le leur, avec des fibres ligneuses broyées dans ses mâchoires.
(^) Son art, grâce à Schoffer, vient d'enrichir le nAtre.
M. Schœffer, naturaliste de Ratisbonne , est un des premiers qui aient cherché à préparer du papier immédiatement avec les écorces de diverses plantes, sans attendre qu'elles aient passé par l'état de fil et p^r celui de linge. Jusqu'à présent, ces essais n'ont point eu de résultat important
(^) A ces nobles fourmis dont se vante l'Afrique , En trois classes rangeant leur sage république.
Les thermes , ou fourmis blanches , insectes qui désolent les pays chauds en détruisant tous les meubles , et même les bois et les charpentes , mais dont l'industrie est vraiment admirable.
L'économie de l'espèce la plus remarquable a été décrite par l'anglais Smeathman. Ses édifices s'clévent à dix ou douze pieds au-dessus de la terre , et s'enfoncent autant audessous. Dans le milieu est la femelle unique , dont le ventre devient, par le développement de ses œufs, long de quelques pouces , et gros à proportion, tandis que sa tête et ses pattes restent celles d'un fort petit insecte. Sa chambre n'a que des petits trous pour issue , et lui sert de prison ; mais
une infinité de larves de thermes y entre et en sort sans cesse poar la nourrir, ou pour porter les œufs qu'elle pond dans les diverses parties de Tédifice. Ces larves se changent ensuite en nymphes ou soldats, armées dé fortes mâchoires pointues , qui semblent avoir pour charge de défendre la société , et qui se présentent en effet les premières toutes les fois qu'on fait une brèche à Pédtfice. Elles se métamorphosent à leur tour en insectes parfaits, mâles et femelles, pourvus d'ailes qui leur tombent facilement. Ces individus des deux sexes s'échappent aussitôt de la ruche, et souvent en si grand nombre , que Fair en est obscurci ; mais les oiseaux , et vingt autres sortes d'animaux , en dévorent la plus grande partie , et il n'échappe au plus que quelque femelle fécondée que des larves auront rencontrée et enfermée pour devenir la souke d'une nouvelle peuplade.
Les larves de thermes ne marchent jamais à découvert; mais elles sont toujours dans des canaux qu'elles se creusent , ou dans des chemins couverts qu'elles se construisent en avançant : c'est ce qui les rend si dangereuses pour les édifices et pour toutes les sortes d'ustensiles.
(^) L'un , habile sapeur en minant kt fenillaget.
S'en Ta de proche en proche avançant ses oayrages.
Les chenilles mineuses de feuilles sont les larves de certains petits papillons de nuit. A peine sorties de l'œuf, elles pénétrent dans la feuille sur laquelle leur mère les avoit déposées; et ^ se tenant toujours entre ses deux surfaces, en dévorent le parenchyme. EUes se font donc dans son épaisseur un canal plus ou moins tortueux , et qui va toujours en grossissant comme elles , jusqu'au moment où elles cessent de manger pour devenir chrysalides et ensuite papillons.
(7*) L'motre, auenbUnt U boit «a adroit ébënme , Dans sa maitOD, qa*U taille et constmit ayec art , Loin des yeni important t'établit à l'écart.
Les larves de phiyganes, ou teignes aijuatiques, se font une petite demeure cylindrique , avec des fragments de bois coupés et rassemblés très régulièrement, au moyen d'une soie qu'elles filent. Elles traînent par-tout cette maison ave# elles, et quand elles veulent se métamorphoser, elles s'y enferment en fabriquant aux deux bouts un petit grillage de soie qui permet bien à Feau de s'y renouveler, mais qui n'y laisse pénétrer aucun animal nuisible.
(7*) L'antre roule en cornet une feuille docitb. Et dans ce simple abri choisit son domicile.
Les chenilles rouleuses de feuilles se tiennent dans un Rmleaa qn'dles forment en contournant le bord d'une fettillê, et en l'assujettissant avec de la soie.
(7*) Cet autre dans let firuiu se lo§e à |kn de frais.
Chacun connott les vers qui se logent dans les pommes , les prunes , etc. , et qui en dévorent la substance.
(7') L'autre dans son alco^e ëié^ammcnt déploie Sa tenture de gaie et ses tapis de soie.
L'abeille tapissière : elle creuse un trou cylindrique dans la terre, le tapisse avec les pétales écarlates du coquelicot ou pavot sauvage, y dépose son œuf avec la provision de miel nécessaire pour nourrir le ver qui doit en sortir, reploie dessus les extrémités de ces pétales, recouvre le tout d'un peu de terre , et l'abondonne pour en laisser éclore un ver qui deviendra abeille à son tour, et emploiera en faveur de sa progéniture les mêmes procédés que sa mère.
"(74) Voyes cette filense, émule de Pallas.
Les arai(jnées aquatiques: il n'y a rien à ajouter au tableau que l'auteur fait de leur instinct.
(7^) L*hôte des mert émigré en des pays Douveaus , Et voyageant ensemble en flottantes colonnes, ^ De l'avide pécheur s'en vont remplir les tonnes.
Qui n'a entendu parler des voyages des harengs , des sai^ dines, des maquereaux, et des thons , voyages qui ont enrichi des peuples entiers par les produits abondants qu'ils fournissent à la pèche. C'est la pèche du hareng qui a été la première origine de la splendeur d'Amsterdan).
(7^) Des filenses des champs défiant les familles , L'onde a ses Arachnés et la mer ses chenilles.
Les pinnes marines , sorte de coquillages bivalves , filent une soie plus brillante qu'aucune autre , et que l'on foit entrer dans la composition des draps les plus précieux. Cetta soie sert à suspendre l'animal aux roches. Nos moules communes s'attachent également par un fil qu'elles produisent, et dont elles tirent, comme les pinnes, la substance de leur propre corps; mais il est beaucoup plus grossier.
(77) Les uns ont leurs épieux et les autres leur lance.
Parmi les animaux marins pourvus de ces armures , on peut citer le narwhal, sorte de cëtacée , dont la mâchoire supérieure porte une dent droite , pointue et longue de sept à huit pieds , que l'on connoit vulgairement sous le nom de corne de licorne ; le xiphiar espadon y ou empereur, dont le museau lui-même s'alonge en forme d'épée ; enfin le squale scie, espèce de chien de mer, dont. le bec alodgé est armé de chaque côté d'un grand nombre de dents pointues dirigées en dehors.
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