‹ ŒuvresChapitre 122 sur 164 · PORTRAIT · texte numérisé non relu

PORTRAIT

Zélis est aimable et jolie ; On lui trouve de loin un air de volu|ité. De près c'est bien Vénus, mais Vénus assoupie ; ï/àme et l'expression manquent à sa beauté. Le travail d'exister accable sa paresse. Sa langueur quelquefois ressemble à la tendresse, Et dans sa langueur elle plaît.

Un long sommeil fait son bonheur suprême.

3 3. s MELANGES

En vous jurant qu'elle vous aime, En vous disant Tlieure qu'il est.

Son ton sera toujours le même.

Si je peignais Zélis, sous mes crayons nouveaux

S'élèverait une île solitaire, Inaccessible au liruit, chère au dieu du repos. Un fleuve avec lenteur y traînerait ses flot? :

Jamais l'Aquilon téméraire N'oserait y troubler la surface des eaux ; Zépliyre même y soufflerait à peine.

Sur le gazon, qui couvrirait la plaine, Je sèmerais des lis et des pavots; Les ruisseaux couleraient, mais sans aucun murmure: De tranquilles amants, couchés sur la verdure, Dans leurs molles chansons rediraient leurs plaisirs : Les regrets ni les soins, l'espoir ni les désirs Ne troubleraient le sommeil de leur âme ; Jamais l'amour n'y serait une flamme.

Sur un autel de marbre on y ferait des vœux Au dieu du calme et du silence.

Zélis régnerait dans ces lieux.

Et son nom serait l'Indolence.

A MONSH:ri{ DK F. 330

A MONSIEUU liE F.

Je croyais qu'avec rinfidèle Tous mes liens étaient rompus; Mon cœur ne m'en reparlait plus:

De loin je la trouvais moins belle.

Doux espoir trop tôt dissipé !

Elle a souri, je l'iûme encore.

L'inconstante ! elle m'a trompé.

Elle me trompe, et je l'adore.

Épargne-toi de vains discours.

Va, j'entrevois mieux que personne Le mensonge de ses amours.

Et des plaisirs qu'elle me donne ; Ma raison l'accuse toujours, Et toujours mon cn'ur lui pardonne Ce cœur qu'elle a trop méconnu.

Ce cœur pour elle prévenu.

Doute encor de son inconstance.

Hier, après deux mois d'absence.

Elle reparut dans ces lirux :

J'ai mal «'vité sa présence, Je l'ai vue : ô moment heureux !

Sur ses lèvres, et dans ses yeux.

J'ai cru lire son innocence.

Tu ris de ma crédulité.

Mais du soin de ma liberté En vain ton amitié s'occupe :

Le dieu, qui la fit pour charmer, M'avait fait pour toujours l'aimer.

Et pour être toujours sa dupe.

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