PORTRAIT D'UNE RELIGIEUSE
Peintre qu'Hébé soit ton modèle.
Adoucis encor cliaque trait; Donne-leur ce charme secret Qui souvent manque à la plus belle. Ton pinceau doit emprisonner Ces cheveux flottants, sous un voile; Couvre aussi d'une simple toile Ce front qu'il faudrait couronner.
Cache sous la noire étamiiie Un sein parfait dans sa rondeur; Et, si tu voiles sa blancheur, Que l'œil aisément la devine.
Sur les lèvres mets la candeur, Et, dans les yeux, qu'elle s'allie A la douce mélancolie Que donne le tourment du cœur.
Peins-nous la tristesse tranquille:
Peins les soupirs du sentiment.
Au bas de ce portrait rlini mant J'écrirai le nom de...
A M. DE FONTAXES
Jeune favori d'Apollon ,
Vous vous ressouvenez peut-être
Que dans 1" harmonieux vallon
Le même jour nous vit paraître.
Vous preniez un chemin pénil)le et dangereux ; Je n'osai ra'engager dans cet étroit passage ;
Je vous souhaitai bon voyage.
Et le voyage fut heureux.
Pour moi, prêt à choisir une route nouvelle, Sous des bosquets de fleurs j'aperçus Ératn; Je la trouvai jolie; elle fut r>eu cruelle ; Tandis que vous montiez sur le double coteau,
J<' perdais mon temps avec elle.
Votre choix est meilleur : vos hommaacs naissant>
1. Ces vers ont pam dans XAlnuninch <les Muses de 1782, avec la réponse de Fontanes.
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Ont déjà pour objet la muse de la gloire,
Kt dans le livre de nicmoire
Sa main notera tous vus cliants.
A de moindres succès mes vers doivent inélendre. Les belles quelquefois les liront en secret; Et l'amante sensible, à son amant distrait lndii[uera du doigt le morceau le plus tendre K
Naissez, mes vers, soulagez es douleurs. Et sans elîort coulez avec mes pleurs.
Voici dEmma la tombe solitaire, Voici l'asile où dorment ^s vertus.
Charmante Emma! tu passas sur la terre Comme un éclair qui brille et qui n'est plus.