‹ ŒuvresChapitre 132 sur 164 · Bertin, Aiuiiiiii-, 1, ±t · texte numérisé non relu

Bertin, Aiuiiiiii-, 1, ±t

C'est assez que Véaus me couronne de fleurs ; C'est assez que l'amant me lise à sa maîtresse. Qu'ils m'accordent ensemble un sourire ou des pleui

Jai vil la mort dans une ombre soudaine Envelopper l'aurore de tes jours ; Et tes beaux yeux se fermant pour toujours A la clarté renoncer avec peine.

Naissez, mes vers, soulagez mes douleurs. Et sans effort coulez avec mes pleurs.

Ce jeune essaim, cette foule frivole D'adorateurs qu'entraînait sa beauté.

Ce monde vain dont elle fut lidole Vit son trépas avec tranquillité:

Les malheureux que sa main bienfaisante A fait passer de la peine au bonheur.

N'ont pu trouver un soupir dans leur cœur Pour consoler son ombre gémissante.

Naissez, mes vers, soulagez mes douleurs,

Et sans effort coulez avec mes pleurs.

Lamitié même, oui, l'amitié volage A rappelé les ris et l'enjouement; D'Emma mourante elle a chassé l'image; Son deuil trompeur n'a duré qu'un moment. Sensible Emma, douce et constante amie.

Ton souvenir ne vit plus dans ces lieux;

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De ce tombeau Ton détourne les yeux; Ton nom s'elTacC;, et le monde t'oublie.

Naissez, mes vers, soulagez mes douleurs. Et sans effort coulez avec mes pleurs.

Malgré le temps, fidèle à sa tristesse. Le seul Amour ne se console pas.

Et ses soupirs renouvelés sans cesse Vont te clierclier danslombre du trépas.

Pour te pleurer je devance l'aurore; L'éclat du jour augmente mes ennuis; Je gémis seul dans le calme des nuits ; La nuit s'envole, et je gémis encore.

Vous n'avez point soulagé mes douleurs; Laissez, mes vers, laissez couler mes pleurs.

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