‹ ŒuvresChapitre 141 sur 164 · LE RÉVEIL D'UNE MERE · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL D'UNE MERE

Un sommeil calme et pur comme sa vie.

Un long sommeil a rafraîchi ses sens.

Elle sourit, et nomme ses enfants : .

Adèle accourt, de son frère suivie.

Tous deux du lit assiègent le chevet; Leurs petits bras étendus vers leur mère, Leurs yeux naïfs, leur touchante prière. D'un seul baiser implorent le bienfait.

Céline alors d'une main caressante Contre son sein les presse tour à tour ; Et de son cœur la voix reconnaissante Bénit le ciel, et rend grâce à l'amour : Non cet amour que le caprice allume.

Ce fol amour qui par un doux poison

1. Ce charmant tableau d'intérieur montre assez que Parny, dont le pinceau fut trop souvent licencieux, savait, à l'occasion, manier les tons les plus cliastes. On regrette vraiment de ne pas rencontrer chez lui un plus grand nombre de ces pures inspirations.

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Enivre liinie et trouble la raison.

Et dont le miel est suivi (ramertume ; Mais ce pencliant par l'estime épuré, Qui ne connaît ni transports ni délire, Qui sur le cœur exerce un juste empire. Et donne seul un bonheur assuré.

Bientôt Adèle, au travail occupée,

Orne avec soin sa docile poupée.

Sut ses devoirs lui fait un long discours,

L'écoute ensuite ; et, répondant toujours

A son silence, elle gronde et pardonne,

La gronde encore, et sagement lui donne

Tous les avis qu'elle-même a reçus,

En ajoutant : u Surtout ne mentez plus. »

Un bruit soudain la trouble et l'intimide.

Son jeune frère, écuyer intrépide.

Caracolant sur un léger bâton.

Avec fracas traverse le salon

Qui retentit de sa course rapide.

A cet aspect, dans les yeux de sa sœur

L'étonnement se mêle à la tendresse.

Du cavalier elle admire l'adresse ;

Et sa raison condamne avec douceur

Ce jeu nouveau qui peut être funeste.

Vaine leçon ; il rit de sa frayeur;

MKLANGES

Des pieds, des mains, de la voix et du geste,

De son coursier il hâte la lenteur.

Mais le tambour au loin s'est fait entendre :

D"un cri de joie il ne peut se défendre.

11 voit passer les poudreux escadrons * ;

De la trompette et des aigres clairons

Le son guerrier l'anime; il veut descendre.

Il veut combattre ; il s'arme, il est armé.

Un chapeau rond surmonté d'un panache

Couvre à demi son front plus enflammé ;

A son côté fièrement il attache

Le buis paisible en sabre transformé;

Il va partir : mais Adèle tremblante.

Courant à lui, le retient dans ses bras.

Verse des pleurs, et ne lui permet pas

De se ranger sous l'enseigne flottante.

De l'amitié le langage touchant

Fléchit enfin ce courage rebelle ;

Il se désarme, il s'assied auprès d'elle.

t. Ces vers font songer aux belles strr.phes dn Vieux Sergent, de Béranger :

Mais qu'entend-il? Le tambour qui résonne; Il voit au loia passer un bataillon.

Le sang remonte à son front qui grisonne, Le vieux coursier a senti l'aiguillon...

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