‹ ŒuvresChapitre 142 sur 164 · A BERTIN · texte numérisé non relu

A BERTIN

Crois-moi, la brillante couronne Dont lu flattes ma vanité, C'est ramilié (|ui me la donne

1. G'ost une ivponsp à ces vers ûo, Bcrtin, tlans lo VoïKific de lioiiriiofpic :

Aimer, c'est tout son art; et tandis qu'à Paris

On voit tant d'auteurs secs, cliargés de lourds écrits.

Gravir en haletant au temple de Mémoire,

Lui, fa;meux par ses seuls loisirs, Brillant de son bonheur, plein d'heureux souvenirs, Comme au sortir de table, il arrive à la gloire, En chantant ses plaisirs.

Sans Taveii de la vérité.

Fruits légers de ma faible veine,

Cet honneur n'est point fait i»our vous;

Modestes et connus à peine,

Vous me ferez peu de jaloux.

Il est vrai qu'à la noble envie

D'être célèbre après ma mort

Je ne me sens pas assez fort

Pour sacrifier cette vie.

Dans les sentiers d'Anacréon

Égarant ma jeunesse obscure,

Je n'ai point la démangeaison

D'entremêler une chanson

Aux écrits pompeux du Mercure,

Et je renonce sans murmure

A la trompeuse ambition

D'une célébrité future.

J'irai tout entier aux enfers*.

En vain ta voix douce et propice

Promet plus de gloire à mes vers;

Ma nullité se rend justice.

Nos neveux, moins polis que toi.

Flétriront bientôt ma couronne :

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