A UN HOMME BIENFAISANT
Cesse de chercher sur la terre Des cœurs sensibles aux bienfaits ; L'homme ne pardonne jamais Le bien que l'on ose lui faire.
N'importe : ne te lasse pas ; Ne suis la vertu (juc pour elle.
L'humanité serait moins belle^ Si l'on ne trouvait [loint d'iuj^rats.
AU CuMTE DE SCHOWALOW^
Je rayais juré, mais en vain.
De chercher Théocrite aux champs de la Sicile, De mouiller de mes pleurs le tombeau de Virgile, * tt daller à Tibur, un Horace à la main.
Boire à la source fortunée Qui coulait autrefois sous le nom d'Albunée. Jai relu cet écrit par la raison dicté. Où des nouveaux Romains vous [ceignez la folie,
El du voyage d'Italie
Vos vers heureux m'ont dégoûté.
Que verrais-je en effet sur ce Tibre vanté ? Les temples du sénat transformés en conclaves. Des marbres dispersés l'antique majesté.
Monuments de la liberté
Au milieu d'un peuple d" esclaves.
1. La Harpe, qui cite ces Ters dans sa Correspondattee, nons apprend qn'ik fnrent faits à roocasion d'une lettre de M. deSchowalow à Voltaire. Tout en louant les vers de Pamy, La Harpe observe avec raison que la fin languit un peu, et ne répond pas an début.
AU COMTE iJli; bClloWALOW 38o
De ce peuple avili ilétuurnuns nus rej^ards; Fuyons aussi Paris, tributaire de Rome ; Allons, volons plutôt vers ces nouveaux ivmpails. Où déjà la raison rend tous les droits à riioininc. Je les verrai ces lieux que font aimer vos vers. Oui, je veux avec vous traverser les déserts
De la froide Scandinavie.
Par le sauvage aspect de ces sombres beautés
Mes regards longtemps attristés Se fixeront enfin sur les champs de Russie. De Catherine alors vous direz les travaux. Les travaux créateurs, les bienfaits, le génie. Et vous la placerez au-dessus des héros.
A ces discours de politique
Mêlant de plus joyeux propos.
Vous répandrez le sel attique, Le sel de la raison, mortel pour les cagots. Voltaire vous légua ce secret que j'ignore. Nous rirons avec lui du pape et des enfers. Sur les Romains bénis vous redirez vos vers,
Et je croirai Tentendre encore.