BooEAU, Épître IX
Rien nest beau que le vrai : le %Tai seul est aimable.
RADOTAGE 3o:
Les Hoviili'urs à hi ( riti(ju(3 Opiioseiit lu faveur publicjuc, Celle au moins de leurs feuilletons, De leurs amis, de leurs patrons, tt du commis à la boutique.
D'où vient que loin du droit chemin Se disperse leur vague essaim?
Une femme élégante et belle Avertit les yeux et le cœur r « 0 quelle gloire et quel bonheur » D'en faire une amante lidèle !
» Mais combien de fâcheux rivaux, » De jours et de nuits sans repos ! » Que de soins peut-être inutiles !
» Non, non : abaissons nos désirs; » Cherchons des conquêtes faciles, )) Et moins cher payons nos plaisirs. » On prend quelque laide grisette; Soudain sa laideur est beauté.
Et la crédule vanité Y voit une Vénus complète.
Quand Despréaux voulait écrire.
Si riche de pensers divers, 11 avait quelque chose à dire,
Et le disait en quelques vers.
A genoux devant sa méthode, On s'en fait une plus commode.
Nous écoutons peu les bavards.
Mais nous les lisons; et sans peine Nous suivons tous les longs écarts.
Et les détours et les retards De nos romans à la douzaine.
. En trois volumes leurs auteurs Étendent l'intrigue légère De quelque amourette vulgaire.
Et leur goût enseigne aux lecteurs Comme on fde un enfant à faire.
Romanciers, favoris des cieux, Vous seuls vraiment avez des yeux ; La nature est pour vous sans voiles.
0 combien de pensers profonds, Combien de sentiments féconds, Dans un clair de lune ou d'étoiles!
Un précipice? avidement J'écoute sa voix sympathique* Un désert? quel tressaillement, A cette voix si romantique !
Dans les ruines, dans les bois, Sous les rochers, partout des voix.