RADOTAGE 3!J
Je liais la tienne, sotte histoire.
Chez toi jamais d'illusion ; Rien pour l'imagination ; Ta froideur glace ma mémoire.
Il faut refaire le passé ; Déjà l'ouvrage est commencé.
Oui, nous allons de notre France Retoucher les siècles obscurs, Siècles de sang et d'ignorance Dont nous ferons des siècles purs.
Fiers barons, faciles baronnes.
Gros abbés d'abbesses mignonnes.
Princes et voleurs suzerains, Maîtresses, royales catins, Brigands avec ou sans couroinies, Soyez vierges et presque saints.
Auteurs, on a dans cette lice Profit Qt gloire ; courez tous.
Certes, le moment est propice> Et les paris s'ouvrent pour vous; Le vrai toujours est inflexible ; Il désenchante : quels regrets !
Eh bien, combattez ses progrès; Réenchantez, s'il est possible.
Les Sciences et la Raison
Gênent un peu notre Apollon.
Vous le savez : ces malheureuses.
Dont nous dédaignons le soutien.
Froides et quelquefois railleuses, A la prose, aux rimes pompeuses.
Résistent et ne passent rien.
Mais ce sont personnes trant^uilles ; Quand elles sifflent, c'est tout bas.
Avec elles point de débats.
Chantez pour gens moins difticiles; Chantez haut ; du bruit, des éclats : Il est des oreilles débiles Que persuade le fracas.
Quittez la prosaïque plaine ; Cherchez sur la cime lointaine Du vieux Liban, du vieux Atlios, La néljuleuse rêverie, La sublime niaiserie.
Et la vaste sensiblerie Des grands romans à grand pathos.