A BERTIN
simples et vorlueuscs, dos incpurs polies et corrompues ' ; rintérêt a désuni les familles; la chicane est devenue nécessaire; le cliabouc- a déchiré le Nègre infortuné; l'avidité a produit la fourberie ; et nous en sommes maintenant au siècle d'airain.
Je te sais hou ^'ré, mon ami, de ne pas oublier les Nègres dans les instructions que tu me demandes : ils sont hommes, ils sont malheureux; c'est avoir bien des droits sur une âme sensible. Non, je ne saurais me plaire dans un pays où mes regards ne peuvent tomber que sur le spectacle de la servitude, où le bruit des fouets et des chaînes étourdit mon oreille et retentit dans mon cœur. Je ne vois que des tyrans et des esclaves, et je ne vois pas mon semblable. On troque tous les jours un homme contre un cheval : il est impossible que je m'accoutume à une bizarrerie si révoltante. Il faut avouer que les Nègres sont moins maltraités ici que dans nos autres colonies ; ils sont vêtus ; leur nour-
\ . Raynal a peint les choses moins en noir. « C'étaient, il n'y a que peu d'années, » dit-il en parlant des créoles de Bourbon, « des hommes d'une candeur, d'une équité, d'une modération, dignes des premiers âges : la guerre de 1736 altéra un peu leur caractère, mais sans beaucoup changer leurs mœurs. »
2. Luiliér, dans son Voijaf/e aux Indes, a décrit le chabouc, qu'il appelle cliaboux. « C'est, dit-il, ime punition si nide que souvent on en meurt... On prend le patient, auquel on lie les mains, et entre lesquelles on passe une perche appelée hanhoux. Deux hommes ensuite l'enlèvent, et le soutiennent en l'air; et, pendant qu'il est soutenu par les deux bras, tin exécuteur frappe à grands coups de nerf de bœuf sur tout le corps... »
riture est saine et assez abondante : mais ils ont la pioche à la main depuis quatre heures du matin jusqu'au coucher du soleil; mais leur maître, en revenant d'examhier leur ou\Tage, répète tous les soirs : « Ces gueux-là ne travaillent point; » mais ils sont esclaves, mon ami : cette idée doit bien empoisonner le maïs qu'ils dévorent et (juïls détrempent de leur sueur. Leur patrie est à deux cents ligues d'ici; ils s'imaginent cependant entendre le chant des coqs, et reconnaître la fumée des pipes de leurs camarades. Us s'échappent quelquefois au nombre de douze ou quinze, enlèvent une pirogue, et s'abandonnent sur les flots. Ils y laissent presque toujours la vie; et c'est peu de chose, lorsqu'on a perdu la liljerté. Quelques-uns cependant sont arrivés à Madagascar; mais leurs compatriotes les ont tous massacrés, disant qu'ils revenaient d'avec les blancs, et qu'ils avaient trop d'esprit. Malheureux ! ce sont plutôt ces mêmes blancs qu'il faut repousser de vos paisibles rivages. Mais il n'est plus temps; vous avez déjà pris nos vices avec nos piastres. Ces misérables vendent leurs enfants pour un fusil uu pour quelques bouteilles d'eau-de-vie.
Dans les premiers temps de la colonie, les Nègres se retiraient dans les bois , et de là ils faisaient des incursions fréquentes dafis les habitations éloignées. Aujourd'hui les colons sont en sûreté. On a détruit presque tous les marom; des gens payés parla commune en font leur métier, et ils vont à la chasse des hommes aussi gaiement qu'à celle des merles.
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Us recunnaissunt^ un Être suprcine. On leur apprend le catécliisme ; on prétend leur expliquer l'Évangile; Dieu sait s'ils en comprennent le premier mot! On les baptise pourtant, bon gré, malgré, après quelques jours d'instruction qui n'instruit point. J'en aïs un dernièrement qu'on avait arraclié de sa patrie depuis sept mois; il se laissait mourir de faim. Connue il était sur le point d'expirer, et très-éloigné de la paroisse, on me pria de lui conférer le baptême. Il me regarda en souriant^ et me demanda [lourquoi je lui jetais de l'eau sur la tête : je lui expliquai de mon mieux la chose ; mais il se retourna d'un autre côté^ disant en mauvais français : « Après la mort tout est fini, du moins pour » nous autres Nègres. Je ne veux point d'une autre vie ; » cai' peut-être y serais-je encore' votre esclave. »
Mais sur cet affligeant tableau Qu'à regret ma maiii coutiiiue, Ami, u'arrètons point la vue, Et tirons un épais rideau.
Laissons le Nègre mallfeureux Crier sous la verge docile.
Et son maître plus ennuyeux Compter les coups d'un air tranciuille : C'est trop longtemps m'occuper d'eux.
1. Treiuières éditions : « Je crois qu'en général la religion des ^^cg^es est le matérialisme. Us reconnaissent... «
Dégageons mou âme oppressée Sous le fardeau de ses ennuis ; Sui' les ailes de la pensée Dirigeons mon vol à Paris, Et revenons à la caserne, Aux gens aimables, au falerne, A toi, le meilleur des amis, A toi, qui du sein de la France M'écris encor dans ces déserts.
Et que je vois bâiller d'avance En lisant ma prose et mes vers.
Que fais-tu maintenant dans Paris? tandis que le soleil est à notre zénith, T hiver vous porte à vous autres la neige et les frimas. Réalises-tu ces projets d'orgie , auxquels on répond par de jolis vers et par de bons vins^? Peut-être
1. Une des pièces de Berlin est intitulée Projet d'orgie, à M. Dorai. Dorât y répondit, je crois, par un morceau de ses Nouveaux loris; lequel a pour titre l'Orgie, et commence ainsi :
Vous qu'eût aimé Chaulieu, Venez, mon jeune Horace, A côté d'un grand feu Nous boirons à la glace.
Et médirons un peu...
Apportez les tablettes Où sont ces riens charmants.
Et ces congés plaisants Que donnent les coquettes
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(|iM'nloiiré (le tes amis cl des uiieiis, amusé par eux, lu 1rs amuses à luii tour par tes cowjài^ charmants.
Peut-être, hélas! dansée momeul Où ma plume trop paresseuse, Te griffomie rapidement Une rime souvent douteuse.
Assiégeant un large pâté, D'Alsace arrivé tout-à-l'heure.
Vous huvez tous à ma santé.
Qui pourtant n'en est pas meilleure.
Dans ce pays, le temps ne vole pas; il se traîne, lennui lui a coupé les ailes. Le matin ressemble au soir, le soir res semble au malin ; et je me couche avec la triste certitude que le jour qui suit sera semblable en tout au précédent. Mais il n'est pas éloij,mé cet heureux moment, où le vaisseau
A leurs tendres amants...
Le Champagne ruisselle; 11 mousse, il étincelle.
Et resssemble à vos vers...
1. AUusion aux vers précédents de Dorât, et peut-être aussi à une pièce de Bertin, intitulée le Congé. Garât, dans sa Vie de Bomiant, peignaut l'esprit de la littérature à cette époque, explique parfaitement ce passage : . Les poètes n'étaient plus que des petits-maitres qui parlaient, en vers gais, des femmes qu'ils avaient désolées, des congés qu'ils avaient dounéb, et (luelquefuis même, pour étonner par le merveilleui, de ceux qu'ils avaient reçus. »
qui me rapportera vers la France sillonnera légèrement la surface des Ilots. Soufflez alors, enfants impétueux de Borée; enflez la vuil«' tendue. Et vous, aimables Néréides, poussez de vos mains liien faisantes mon rajiide gaillard. Vous rendîtes autrefois ce serm-e aux galères d'Énée, qui le méritait moins (pie moi. Je ne suis pas tout à fait si pieux ; mais \i- nai pas tralii ma Didun. Et vous, ô mes amis! loi-scpie r Aurore, prenant une robe plus éclatante, vous annoncera riieureux jour (jui doit me ramener dans vos bras, qu'une sainte ivresse s'empare de vos âmes :
D'iiûf guirlande nouvelle OmlTagez vos jeunes fronts, Et qu'au, milieu des flacons Brille le nmle fidèle.
Qu'auprès d'un autel fleuri, Chacuu d'une voix légère.
Chante pour toute prière, Regina jiotens Cypri*; Puis, venant à l'accolade Dun ami ressuscité.
Par une triple rasade, Vous saluerez ma santé.
i. Horace, I, ode 3.
FIN LES OECVRES DE PARNT
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Le Lendemain 1
L'Heure du beiger a
La Discrétion Il
Billet 13
La Frayeur . 15
Vers gravés sar un oranger 1 s
Le Remède dangereux 19
Demain * . 21
Le Revenant. . . 2:i
Les Paradis -Ic,
Fragment d'Aleée ?0
Plan d'études 33